Sur les blues souverainistes

Dans sa chronique des 8 et 9 août dans Le Devoir, Louis Cornellier relate les propos du cinéaste Bernard Émond parus dans L’Action nationale de juin 2020. Émond est cité : « Dans trente, dans cinquante, dans cent ans il y aura bien, sur le territoire de cette province, des gens qu’on continuera d’appeler Québécois, mais ils seront québécois comme nos voisins sont ontariens. »

Pas besoin d’attendre si longtemps, c’est déjà commencé. Le « localisme » a déjà remplacé le nationalisme comme identité collective : on se dit « d’ici », comme dans il faut acheter des produits d’ici.

Quant à « notre soumission à la puissance culturelle de l’anglosphère », les jeunes générations font tout ce qu’elles peuvent pour insérer de l’anglais dans leurs communications et dans leur quotidien ; elles s’empressent de donner des noms anglais à leurs entreprises ou à leurs nouveaux produits. L’anglais, c’est « in », c’est « cool », c’est la grande mode depuis quelques années.

Pour ce qui est de la transmission de l’histoire du Québec et de la langue française, les jeunes générations ne connaissent pas leur histoire et elles s’en foutent.

D’ailleurs, comment en vient-on à aimer et à chérir le français quand nos enfants sont anglicisés dès l’âge de l’école primaire par leur immersion en anglais ?


 
9 commentaires
  • Francois Ricard - Abonné 11 août 2020 06 h 16

    Une lente agonie

    Brown et MacDonald, les véritables pères de la "confédération" canadienne voulaient l'assimilation des "Canadiens".Faute de ne pouvoir l'imposer de façon directe,ils ont créé cette "fausse fédération" qui, de façon systémique, cherche naturellement la centralisation des pouvoirs et la domination du fédéral sur les fédérés.Le principe de toute véritable fédération, le principe de subsidiarité, a été mis de côté.Le ver était dans la pomme dès le début.
    La venue du multiculturalisme et surtout son inclusion dans la constitution canadienne ont donné un coup d'accélérateur à cette volonté centralisatrice. À tel point que , nous faisant complices de notre déchéance,nous avons négligé l'enseignement de notre histoire et ne reconnaissons plus à notre langue française sa dimension civilisationnelle.
    "Vous êtes pas tannés de mourir, bandes de caves?"

  • Raynald Rouette - Abonné 11 août 2020 07 h 59

    La stratégie d’Ottawa a fonctionné

    Quarante années de turpitudes politiques auront fait le travail.

    Un adage dit "Lorsque tu ne sais pas d'où tu viens, tu ne sais pas où tu vas"... Suicide et non pas génocide culturel apparaît être le choix préconisé par la jeunesse d'aujourd'hui. Fierté québécoise disparue...

    Cette période pleine de turbulences donne l'impression désagréable de chaos et d'anarchie se pointant à l'horizon...

  • Gilles Delisle - Abonné 11 août 2020 09 h 05

    Les belles années!

    Peut-être comme moi, vous êtes de la génération qui s'était presque donnée un pays dans les années 60 et 70! Dans les collèges et universités notamment, nous étions en ébullition, les artistes étaient de la partie, et des politiciens (des vrais), nous ont presque donné ce pays, que nous attendions tous! Malheureusement, aujourd'hui, les jeunes qui furent l'élément déclencheur, ne sont plus là, ils ont tous vieilli et cette génération aurait dû être remplacée par une nouvelle génération de jeunes qui aurait pris le relais. Cette génération a plutôt succombé aux attraits du plaisir facile, et de la culture mondiale dominante, çà c'était '' cool''! Aujourd'hui, le travail de sape des fédéraux continue et l'arrivée de ces dizaines de milliers d'immigrants a dilué ce désir de se donner un pays français. Faudra t-il attendre une nouvelle génération pour finir le travail de l'avènement de ce nouveau pays ou sera-t-il trop tard!

  • Jean-François Trottier - Abonné 11 août 2020 09 h 49

    Il faut viser la reconnaissance en tant que minorité

    Étant donné les mouvement actuels en faveur des minorités, le fausse majorité francophone crée une erreur de jugement chez les générations plus jeunes.
    Emportées par cette vague qui nous vient des USA, pays où la majorité ne fait aucun doute, elles en viennent à croire que la majorité de nombre francophone signifie une majorité de pouvoir, ce qui est totalement faux.
    Une majorité de pouvoir, ça contrôle une bonne partie du capital en jeu sur son territoire. Ce n'est absolument pas le cas des francophones Québécois.
    Une majorité de pouvoir contrôle les médias qui informent le reste du monde sur ses avancées, reculs, opinions. Ça n'a jamais été et ce n'est toujours pas le cas des Québécois francophones. CBC et The Gazette sont les principaux vecteurs d'information "en notre nom".
    Une majorité de pouvoir peut espérer, en cas de dissension interne, être défendue par son armée. On sait parfaitement ce qu'a fait l'armée en 1970, on sait aussi qu'elle était aux frontières du Québec, toute prête à intervenir "pour protéger les anglophones" en 1995.
    Personne ne croit qu'avant 1990 les Noirs d'Afrique du Sud était une majorité de pouvoir. Ben, ici ça ressemble à ça. Moins de violence visible, autant de différences dans les forces en présence, i.e. contrôle, et même avenir bouché pour les unilingues.
    Ces faits patents disparaissent derrière le voile du multiculturalisme, qui joue parfaitement le rôle que le snob Trudeau avait prévu, lui qui refusait d'accorder a moindre valeur à la culture Québécoise.
    Les banques ne prennent même plus la peine d'avoir un "francophone de service". Les magasins du centre-ville non plus. Chanson connue.

    Dans les années '60, c'est quand trois générations ont réalisé jusqu'à quel point elles étaient dans la marde qu'elles se sont prises en main, pas pour chaque individu mais pour le bien commun.
    Je ne parle de victimiser, oh non!
    Voici la réalité : les Québécois sont colonisés.

  • Gilles Théberge - Abonné 11 août 2020 09 h 53

    C'est pour ça que je veux m'en aller en France dès que j'en aurai les moyens. Vous me direz que ça ressemble au Québec sur le plan linguistique ? Peut-être, mais à la différence d'ici où ça me mortifie de voir l'anglicisation rapide de la société, je m'en ficherai sans problème une fois parti. Tandis qu'ici, je le subis sans pouvoir rien n'y faire.

    D'ailleurs sur le plan linguistique, remarquez les anglais ont été assez habile. Ils ont fait inscrire dans la constitution le "respect leurs droits linguistiques". Alors que de notre côté rien. Ils n'ont pas hésité à défendre l'usage de la langue française par les francophones, pendant ce temps on leur a donné trois université anglaises et des commissions scolaires mur à mur... vous vous surprenez que la jeunesse s'anglicise...?

    Non, j'en ai assez de m'identifier à un peuple de "bon ententistes, de mollasson, de perdants. Comme disait le poète, " vous êtes pas écoeuré de mourir, bande de caves ! "

    Moi, oui....

    • Pierre Raymond - Abonné 11 août 2020 12 h 12

      Monsieur Théberge, je vous rejoins tellement.
      Depuis quelques années, je ne cesse de répéter qu'au lendemain du référendum de 1995, si j'avais pu deviner où le Québec en serait rendu en 2020 politiquement et sur le plan identitaire, j'aurais quitté l'Amérique du Nord. Pendant ce temps-là, j'ai réalisé que notre merveilleux système de santé aux urgences débordantes 12 mois par année était aussi un boulet.