Intimidation: droit constitutionnel?

La Cour suprême du Canada accepte d’entendre la contestation de Mike Ward concernant une amende de 35 000 $. Ordonnée par le Tribunal des droits de la personne, cette décision faisant suite à une série de spectacles au cours desquels Mike Ward, à autant de reprises, a ridiculisé Jérémy Gabriel pour son handicap physique.

Pour moi, Mike Ward, à ces multiples occasions, s’est révélé intimidateur, Jérémy Gabriel devenant son souffre-douleur. En utilisant une condition personnelle d’un individu pour faire rire son auditoire, Mike Ward a dévié vers l’intimidation, la-quelle, lorsque soutenue, répétitive et persistante, se transforme en harcèlement. Me Gray, qui s’est bâti une solide réputation comme défenseur des droits individuels, résume sa plaidoirie à venir en disant que si son client a tenu des propos offensants, il en avait le droit en vertu du droit à l’expression. Cela ne respecte pas l’intelligence et je ne pense pas que tel était la volonté du législateur. Si la Cour suprême, par une décision, retenait l’argument de la défense, cela signifierait-il que l’intimidation et le harcèlement psychologiques sont conformes à la loi ? Mike Ward, en en appelant au plus haut tribunal, persiste et signe dans sa démarche intimidante. À mon humble avis, la Cour suprême ne peut nier un droit constitutionnel, mais tiendra-t-elle compte des effets secondaires négatifs de sa décision ? Mike Ward, par ses propos, a marqué au fer rouge l’atteinte à la dignité de Jérémy Gabriel et ainsi, à mes yeux, n’est pas différent du gars complexé et inconscient qui sème la terreur psychologique dans une cour d’école.


 
16 commentaires
  • Marc Therrien - Abonné 6 août 2020 07 h 30

    Combien vaut la dignité?


    Peu importe le jugement qui sera rendu par la Cour suprême, pour ma part, ce qui me turlupine c’est que l’atteinte à la dignité de Jérémy Gabriel ne vaille que 35 000$. On conviendra que ce n’est pas avec ce montant qu’il pourra mieux vivre la perte de revenu d’une carrière qui n’a pas décollé comme il le rêvait.

    Marc Therrien

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 6 août 2020 08 h 10

    Que Gérémie Gabriel soit handicapé ne change rien, on ne cible pas un enfant "existant" afin de rire de lui à répétition sur toute les tribunes. Handicapé ou non, les conséquences seront catastrophiques pour l'enfant et sa famille.
    Pour moi il est facile de tracer une ligne pour les humoristes et leur liberté "de rire du monde pour faire du cash": interdiction de rire d'un mineur, on peut rire
    "des mineurs" en général, on peut rire d'un mineur imaginaire..mais rire d'un mineur de la façon dont Mike Ward le fait est innaceptable. Et qu'il puisse aller en appel démontre à quel point la société ne protège pas les enfants, encore.

    Finalement demain am, un humoriste aurait le droit pour x raison, de faire un très humiliant numéro sur un de mes enfants, détruisant sa vie social, son estime, son développement, peut être son avenir, pertubant complètement la vie de famille comme un évènement tragique qui laisse des traces pendant des années, sans aucune permission et sans partager le profit?

    Je suis horrifiée par la justice qui à refusée 7000$ à la pauvre mère de GG.
    Les juges ne savent ils pas ce que vis une mère qui ne peut defendre son enfant contre une injustice qui mine sa vie chaque jour?

    Il est bien chanceux M.Ward que je n'étais pas cette mère...c'est dans une autre sorte de cour que j'aurais réglé le problème!

  • Gilles Théberge - Abonné 6 août 2020 09 h 24

    La Suprême court of Canada est "pognée" si l'on peut dire avec deux dossiers explosifs : la cause de Mike Ward, et la loi 21.

    C'est là qu'on va voir, ce qu'on va voir...!

  • Cyril Dionne - Abonné 6 août 2020 09 h 27

    Décision entre l'écorce et l'arbre

    Fait. Jérémy Gabriel a utilisé son handicap physique lorsqu’il se produisait sur scène pour l’avantager.
    Fait. Jérémy Gabriel est une personnalité médiatique qui aime qu’on parle de lui.

    Ceci dit, Jérémy Gabriel n’est pas un individu qui a demandé que sa vie privée et publique ne soit pas étalée en public. C’est tout le contraire comme la plupart des artistes du show business. Rien de pire qu’on cesse de dialoguer sur vous; que ce soit en bien ou en mal, il vaut mieux qu’on parle de vous dans le monde du show business. Alors, pour la désignation d’intimidation par un bully dans une cour d’école, cet argument ne tient pas la route.

    Enfin, les blagues de Mike Ward étaient de mauvais goût, ce qui n’a pas empêché des dizaines de milliers de spectateurs de payer pour avoir l’opportunité de le voir et l’entendre à répétition. C’est à eux qu’on devrait demander si cela c’était de l’intimidation ou du harcèlement psychologique ou bien un spectacle d’humour, n’est-ce pas? Et s'il n’y a pas de diffamation ou bien d’incitation à la haine envers un certain groupe, il serait difficile pour notre gouvernement des juges d’en conclure autrement. En parlant de diffamation, personne n’a levé un petit doigt lorsque plusieurs se sont fait accusés de façon anonyme sur les médias sociaux d’infractions de nature criminelle. Cela, c'est plus sérieux.

    Nous en sommes maintenant au royaume de la très sainte rectitude politique où tout le monde doit être beau et gentil selon leurs dogmes sinon c’est la culture du bannissement et la censure que vous subirez. La liberté d’expression comporte aussi une autre facette, soit le droit de réplique et personne n’empêchera M. Gabriel d’exercer son droit inaliénable pour se moquer de Mike Ward à son tour. C’est au public, celui qui paie pour les entrées, de décider s’ils veulent l’entendre ou non, pas le gouvernement des juges à Ottawa.

    • Loraine King - Abonnée 6 août 2020 11 h 54

      J'avais eu l'impression que la gouvernance des tribunaux des droits de la personne serait dans la mire de la CSC. Ces tribunaux gouvernent légalement la très sainte rectitude politique d'une part et servent de tremplin pour cibler des groupes, comme dans cet autre cas:

      https://ici.radio-canada.ca/nouvelle/1357725/jessica-yaniv-esthetique-cjlc-droit

      Vous affirmez, monsieur Dionne, que Jérémy Gabriel ...a utilisé son handicap physique lorsqu’il se produisait sur scène pour l’avantager... Pourriez-vous m'expliquer comment il aurait pu faire autrement? Doit-il cacher son visage pour monter sur scène? Se montrer de dos comme Bob Dylan? Un masque comme le Fantôme de l'Opéra? Il est qui il est, mais la beauté n'est-elle pas dans celui qui regarde?

    • Pierre Robineault - Abonné 6 août 2020 12 h 59

      Ni vous non plus après vous avoir lu désolément.

  • Eric Ouellet - Abonné 6 août 2020 10 h 06

    On peut rire de quoi alors?

    Et si on renversait la situation!
    Si on envisageait que la blague de Ward constitue un geste d'inclusion?
    Rire d'une personne handicapée est un geste rare et peut paraître, à première vue, comme une agression.
    Or, ne pas rire aussi de personnes handicapées les excluent une fois de plus.....ce qui est leurs lots dans plusieurs aspects de leurs existences.

    L'humoriste exerce sa liberté d'expression dans un spectacle ou les gens payent cher pour y assister.
    Et les gens rient du malaises et du tabou qui est franchi par Ward et non pas du handicap du petit Jérémy.

    Finalement, la cour suprême va trancher essentiellement sur la question de si il s'agit de discrimination ou d'une atteinte à la réputation ou diffamation......deux recours différents en droit.
    À mon humble avis......c'est plus de l'ordre de l'atteinte à la réputation et Jérémy (le mot "petit" le relègue trop à son handicap) aurait dû poursuivre Ward en diffamation.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 6 août 2020 11 h 25

      Il a une différence entre rire, comme Jean Marc Parent l'avait fait avec brio, des handicapés disons, en général.
      Mais d'un enfant handicapé, vraiment?
      Non...

    • Cyril Dionne - Abonné 6 août 2020 12 h 59

      Mme Geoffrion, Yvon Deschamps dans ses monologues, se moquait souvent des handicapés physiques et mentaux. Aujourd’hui, avec la police des mœurs en pleine forme et qui prie à l’autel de la, ô combien sainte rectitude politique, culture du bannissement et censure obligent, ce sont des interdits. Enfin, personne ne peut plus rien dire sans qu’un groupe ou autre soit offensé quelque soit la façon. Vous pensez pour une minute que Deschamps, Jean-Marc Parent et même Mike Ward le faisaient avec malice ou bien c’était pour faire rire, pour faire réfléchir ou bien les deux derniers lorsqu’ils se moquaient des handicapés de toutes sortes?

      Mais d'accord avec vous, M. Gabriel n'avait que 13 ans lorsque les premières blagues de Mike Ward sont apparues à son sujet. Il semble qu'une certaine éthique était de mise, ceci étant dit, il n'y avait rien de diffamatoire. Personnellement, disons poliment que ce n'est pas quelque chose à recommander pour personne. De toute façon, j'ai entendu bien plus pire dans les différentes cours d'école entre les enfants et les adolescents. Et devinez d'où venaient ces blagues malfaisantes? De la maison évidemment.

    • Loraine King - Abonnée 6 août 2020 15 h 16

      Je ne me souviens pas qu'Yvon Deschamps ait fait rire son public en attaquant NOMMÉMENT une personne handicappée sur scène pour se moquer d'elle. Il s'est moqué de bien des idiots, mais il les incarnait lui-même.

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 6 août 2020 16 h 52

      À M.Dionne,
      Enfin dans ce dossier une chose est frappante, les lobbys qui défendent les droits des personnes handicapés dorment au gaz comparé à ceux qui défendent les droits religieux et autres zidentitaires.
      Imaginez que Mike Ward s'en aurait prit à une jeune femme voilée ou un jeune trans...la cata.

      Je continue de penser qu'un enfant est en plein développement et qu'il n'est pas équipé pour comprendre et se défendre contre un adulte médiatisé, et justement, les enfants en ont assez avec les twits à l'école, certainement pas néssécaire d'encourager ce phénomène de bullying comme l'on fait RBO pendant des années, ou Normand Brathwait à piment fort. Fessez chaque jour sur des as been ou des personnalités plus faible, ce n'est pas drôle, c'est lâche.

      D'ailleur je suis sur que jamais de la vie Yvon Deschamps s'en aurait prit personnellement à un enfant personnellement...c'est immorale.

      La saga continue..

    • Marc Therrien - Abonné 6 août 2020 17 h 37

      Madame Geoffrion,

      Allez écouter le monologue « La petite mentale » d’Yvon Deschamps sur You Tube. Il n’est pas tendre envers sa petite fille, mais on comprend facilement le second degré de son humour tout en riant « jaune » parce qu’on sait qu’il existe des ostrogoths tel que celui qu’il met en scène en l’incarnant. Mike Ward n’avait sûrement pas le talent pour refaire du Deschamps en le dépassant. Il a donc voulu se distinguer en transgressant la limite que Deschamps a su intelligemment ne pas dépasser.

      Marc Therrien