L’avenir des commerces sur rue

Les changements apportés au réseau routier montréalais ont des impacts majeurs sur l’activité économique. Difficile de distinguer l’impact des reconfigurations pour cause de pandémie des travaux de voirie routiniers et d’une réingénierie de la mobilité urbaine en faveur du transport actif.

Le réseau express vélo (REV), dont la construction vient de commencer, est de l’ordre de la réingénierie qui bouleversera les itinéraires dans l’ensemble de l’agglomération. […] À compter le nombre de locaux vacants rue Saint-Denis, il n’y a plus rien à perdre en matière de commerce de détail. […]

Les détaillants sur rue affrontent simultanément d’autres turbulences. Au premier rang des défis figure leur part du commerce en ligne. Malgré la concurrence des maîtres de la logistique de la distribution, Amazon et compagnie, les ventes en ligne sont devenues pour les PME locales, dont la clientèle déborde le voisinage immédiat, un complément (voire un substitut pendant le confinement) de l’achalandage en magasin. Cependant, le transport de marchandises en ville est devenu si hasardeux que les camionneurs évitent de s’engager dans nos rues. Les frais de livraison et le montant minimum d’achat sont augmentés à l’avenant. À brève échéance, les commerçants et tous les consommateurs montréalais à leur suite devront ramasser eux-mêmes leurs achats dans des entrepôts éloignés.

Le REV pourrait transformer en champs de mines une artère qu’on veut pacifier. Comme mesure de consolidation, la Ville propose aux PME des subventions au développement de sites Web. À quoi bon quand, ici comme ailleurs, les entraves à la réception et à la livraison de marchandises ainsi que les coûteuses ruptures de charges sont insurmontables ? Au train où vont les choses, il n’y aura plus de place à Montréal pour les commerces de détail dont le rayonnement est régional, voire international.