Pour Danielle, Valérie et Geneviève

Lors des conférences de presse quotidiennes de notre premier ministre, au cours des derniers mois, peut-être avez-vous remarqué, comme moi, que ce dernier interpellait généralement la ministre de la Santé par son prénom : « Danielle ».

Pourtant, le docteur Arruda n’était jamais nommé « Horacio », pas plus, sauf erreur, que l’un ou l’autre ministre masculin qui pouvait accompagner François Legault.

Lors des premiers points de presse tenus un peu plus tard à Montréal, dans la même foulée, voilà que la mairesse de Mont-réal était nommée « Valérie », comme si François Legault croyait que de l’interpeller ainsi faisait plus gentil, plus « cute », alors que le docteur Arruda, lui, n’était jamais appelé Horacio.

Le 27 juillet, lors du point de presse présidé par la vice- première ministre, Geneviève Guilbault, le ministre de la Santé, Christian Dubé, désignait d’abord correctement sa collègue, sous l’appellation de « vice-première ministre », ou encore de « madame Guilbault », mais il n’a pu résister, finalement, à utiliser familièrement son prénom, « Geneviève », plus sympa sans doute. Pourtant, le re-présentant (masculin) de la Santé publique, présent au même point de presse, était bien appelé « docteur Massé ».

Je ne sais comment se sentent la ministre de la Santé, la mai-resse de Montréal et la vice- première ministre quand on leur refuse le respect auquel n’importe quel collègue masculin a droit dans les mêmes circonstances, soit celui d’être nommé, dans un contexte public officiel, par le titre, ou tout au moins par le nom au complet.

Car la personne qui a interpellé les jeunes pour qu’ils aident à stopper la propagation de la COVID-19, c’était bien la vice-première ministre du Québec et non pas « Geneviève » !

Il faut donc encore demander à nos hommes de pouvoir de traiter leurs collègues féminines à égalité avec les membres du « boys’ club ». C’est un minimum, mais les préjugés ont la vie dure.

P.-S. Dans la même veine, il est difficile de passer sous silence le « mon trésor » dont fut gratifiée il y a quelques semai-nes l’ex-ministre de la Justice Sonia LeBel dans le contexte pourtant on ne peut plus officiel du remaniement ministériel.


 
6 commentaires
  • Simon Grenier - Abonné 30 juillet 2020 05 h 10

    J'ai remarqué la même chose que vous, avec la même réaction.

  • Jean Lacoursière - Abonné 30 juillet 2020 08 h 30

    Ce n'est pas une question de sexe

    Les exemples donnés dans cette lettre suggèrent plutôt qu'il s'agit d'une question de titre : celui de « docteur ».

  • Réal Boivin - Abonné 30 juillet 2020 09 h 00

    Bon voilà autre chose.

    Encore des jérémiades inutiles. Il y en a toujours une pour se plaindre de quelque chose. Lorsque le premier ministre appelle son ministre le plus en vu Simon, pas un homme ne monte aux barricades pour chialer parce qu'il n'y a rien à chialer.

    J'ai franchement hâte que les femmes se conduisent en adulte. Verra-t-on ça un jour? J'en doute.

  • Serge Beauchemin - Abonné 30 juillet 2020 10 h 28

    Cette lettre m’a bien fait sourire ayant observé la même chose à maintes reprises. C’est tout simplement une mauvaise habitude qui révèle bien que les femmes ont longtemps fait partie de l’intime avant d’être associées au politique. Les protocoles ont souvent une date de péremption. Cependant je ne crois pas que François appelle les femmes par leur prénom dans le but de les diminuer, je sens plutôt son désir de travailler avec elles.

    Je profite de l'occasion pour dire à Monsieur Réal Boivin d'aller se rhabiller et d'arrêter lui-même de se plaindre....Son mépris envers les femmes est lamentable.

    Hélène Girard (abonnement de S.Beauchemin)

  • Alain Roy - Abonné 30 juillet 2020 10 h 30

    Mononcle protecteur

    C'est effectivement agaçant, Danielle, Valérie, Sonia, Geneviève et les autres qui détiennent des postes importants, où elles s'investissent énormément, méritent qu'elles soient traitées avec le décorum établi ou habituel qui vient avec les fonctions qu'elles occupent. Sans doute que le Premier ministre se sent le protecteur de ses ministres qui étaient des recrues novices il y a presque deux ans, mais elles ont fait la preuve depuis qu'elles sont solides, chacune à sa façon. Elles avaient des cv bien garnis et des expériences de vie solides avant d'être élues, elles sont maintenant des vétérans de la politique. Respectons la déférence et le décorum qu'elles méritent.