Policer le port du masque

Je ne comprends pas le conflit avec le port du masque et les chauffeurs d’autobus ou les commerçants qui ne veulent pas jouer à la police. Ils n’ont qu’à refuser d’offrir le service à celui qui n’en porte pas. Je vous explique avec un exemple clair. Je voyageais par autobus de Saint-Hyacinthe à Longueuil, tous les jours. Un soir, un passager a refusé d’obtempé-rer. Le chauffeur a tout simplement arrêté l’autobus et prévenu tous les passagers qu’il ne repartirait pas tant et aussi longtemps que ce passager n’obéirait pas. Vous auriez dû sentir toute la pression sociale qui s’est faite alors. Le passager a fini par obéir. Un client qui entre dans un magasin sans masque n’aura qu’à n’avoir aucun service, même à la caisse, donc il ne pourra acheter. Il ne faudra qu’avertir clairement les usagers des règles précises : pas de masque, pas de service. Et on appelle la police que si la situation dégénère.


 
12 commentaires
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 29 juillet 2020 09 h 54

    « Et [l'on] appelle la police que si la situation dégénère.» (Guy Boivin)

    Et vous croyez sérieusement que dans la vraie vie la police a l'obligation de prêter assistance?

    De toute façon, avant que les policiers n'arrivent, votre client sans masque aura amplement le temps de vous boxer le nez, le cas échéant.

    Ensuite, si l'altercation n'a pas été filmée par une caméra de surveillance, vous aurez droit à une plainte croisée: l'agresseur dira à la police que c'est vous qui l'avez agressé et qu'il a dû se défendre contre vous, d'où la raison pour laquelle d'un direct du droite il a brisé votre dentier; si la police consigne la plainte de votre agresseur et que la couronne dépose des accusations contre vous, vous devrez retenir les services d'un avocat.

    D'emblée aux yeux des constables, ce qui désignera le coupable et départagera l'agresseur de l'agressé sera celui des deux qui est le plus pauvrement vêtu; si vous avez un faible pour les chemises élimées et les vielles espadrilles, vous risquez fort que ce soit vous que l'on menotte;

    Remarquez que si vous êtes patient et que vous raffolez des lectures humoristiques, vous pouvez adresser vos suppliques au «Commissaire à la déontologie policière»; d'ici quelques années, il complètera l'étude de votre plainte et dans sa décision vous apprendrez que la loi accorde au policier une latitude qui l'autorise à refuser de recueillir la plainte d'un citoyen et de lui prêter assistance;

    Ensuite, dans l'espoir de connaître les motifs qu'a [peut-être] invoqués le policier devant le Commissaire pour justifier son inaction, vous déposerez une demande de révision.

    Bref ! Au bout de cinq années, votre dossier devant le Commissaire sera probablement bouclé; remarquez que rendu là, vous aurez encore le loisir de déposer une demande de révision judiciaire devant la Cour supérieure.

    • Gilles Théberge - Abonné 29 juillet 2020 14 h 35

      Et si au bout de ce temps, le policier a pris sa retraite... Hon !

    • André Labelle - Abonné 29 juillet 2020 17 h 28

      Simpliste comme ça, cela ne se peut pas. Comment, dans les autos, croyez-vous que l'utilisation de la ceinture de sécurité s'est généralisée ? Par des amendes et des interventions policières. Mais évidemment il y a encore des simplets qui refusent encore de l'utiliser.
      Comment croyez-vous que les gérants de commerces réussissent à se faire payer ? Si votre raisonnement tenait la route tout le monde rentrerait dans un commerce et en resortirait sans avoir à payer ce qu'ils ont en main.

      «Une fois qu'on a passé les bornes, il n'y a plus de limites.»
      [Alphonse Allais]

  • Jana Havrankova - Abonnée 29 juillet 2020 10 h 01

    De nombreuses exceptions au port du masque

    Il existe tellement d’exceptions concernant le port du masque que je souhaite bonne chance aux chauffeurs d’autobus et aux commerçants pour faire un contrôle efficace et sans bavure.
    https://www.quebec.ca/sante/problemes-de-sante/a-z/coronavirus-2019/port-du-couvre-visage-dans-les-lieux-publics-en-contexte-de-la-pandemie-de-covid-19/

    Voyez par vous-même cette série d’exceptions pour :
    « les personnes qui, en raison d’un trouble cognitif, une déficience intellectuelle, un trouble du spectre de l’autisme, un problème de toxicomanie ou un problème de santé mentale sévère, ne sont pas en mesure de comprendre l’obligation ou pour lesquelles le port du masque ou du couvre-visage entraîne une désorganisation ou une détresse significative ».

    Je ne suis pas surprise que les personnes concernées refusent de faire la police.

    • André Labelle - Abonné 29 juillet 2020 17 h 42

      Si un passager refuse de porter le masque, tout ce que le chauffeur a à faire est de stationner le véhicule, appeler la police et attendre. C'est ce pourquoi il est payé. C'est tout. Ce n'est pas à lui d'interpréter. Si tous les autobus sont stationnés à cause de l'obligation de porter le masque, les autorités trouveront bien le moyen pour faire rouler les bus.
      Si un quidam se présente à la porte du bus avec une arme bien en évidence, le chauffeur le laissera-t-il monter ? Que fera-t-il ? Même question pour une personne complètement saoule ? Et pour une personne qui refuse de payer son droit de passage alors ?
      Mais soyons sérieux, on n'est pas là et loin s'en faut.

      «Si haut qu'on monte, on finit toujours par des cendres.» [Henri Rochefort]

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 29 juillet 2020 10 h 26

    Ce n'est pas aussi simple. Nos commercants présentement se battent pour leur survie, ils ont tous subis stress et perte financière.
    Vous leur suggérez donc d'ajouter des conflits quotidien à leur stress en plus de perte financière.
    Je me demande bien qui voudra encore se lancer dans le commerce au détail ...
    Aussi leur sécurité d'abord, on a tous vu le taré du tim horton refusant jusqu'à la prise de force de sortir du commerce. Il leur manque quelque chose les anti masques...ca tourne pas rond!
    Esperons qu'il y aura de moin en moin de récalcitrant

    • André Labelle - Abonné 29 juillet 2020 17 h 46

      Deux commerces qui sont vides par refus des clients ne portant le masque sont des ... CO-VIDES !

      «Celui qui croit être son propre maître est l’élève d’un imbécile»
      [ Auteur inconnu ]

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 29 juillet 2020 18 h 32

    « exception au port du masque: [ceux] qui, en raison d’un problème de toxicomanie ne sont pas en mesure de comprendre l’obligation du port du masque» (Jana Havrankova)


    Donc, on a qu'à fumer un joint avant de prendre le métro


    Merci docteur !

    • Jana Havrankova - Abonnée 30 juillet 2020 09 h 19

      Monsieur Lacoste,

      J'espère que vous avez compris que c'est la Santé publique qui dit cela dans ses directives, pas moi !
      Si je cite ces directives, c'est que je les trouve tellement complexes, même inapplicables, que je ne m'étonne pas que les commerçants se montrent réticents à imposer le port du masque.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 30 juillet 2020 15 h 02

    « J'espère que vous avez compris que c'est la Santé publique qui dit cela dans ses directives, pas moi!» (Jana Havrankova)


    Rassurez-vous, c'est la lecture de ces directives fantaisistes qui m'avait égayé et rendu un brin facétieux; je suis taquin, mais je ne vous impute nullement l'ordonnance désopilante que le citoyen saoul est exempté du masque dans les endroits publics;