Priorité à la santé publique ou à la Chambre de commerce?

Ainsi donc, le gouvernement Legault a décrété cette semaine, mardi le 14 juillet, que les édifices à bureaux pouvaient recommencer à accueillir dès maintenant les travailleurs jusqu’à une capacité de 25 %.

Parallèlement, il a voté un règlement obligeant le port du masque à l’intérieur dès samedi le 18 juillet.

N’est-ce pas un peu contradictoire ? Comment le gouvernement peut-il prétendre avoir la santé et la sécurité de la population à cœur quand il invite celle-ci à retourner dans des endroits où il vient d’imposer le port du masque parce que ces endroits (fermés) sont pour l’instant considérés comme propices à la propagation du virus ?

C’est à se demander si ce gouvernement veut exposer les travailleurs de bureau pour relancer l’économie des centres-villes, comme si les chambres de commerce décidaient à la place de la Santé publique. C’est d’une désolation sans nom.

La situation des bars est encore plus honteuse. Pendant qu’aux États-Unis, même les États dirigés par des gouverneurs républicains parmi les plus conservateurs ferment les bars, ceux-ci ayant été identifiés par leurs experts comme la principale cause de la propagation.

Ici, encore une fois la santé publique passe après les chambres de commerce, notre bon gouvernement déclarant sans rire et sans gêne que le problème de contagion est dû aux partys privés et non aux bars. Les bars resteront ouverts ; ainsi en a décidé la Chambre de commerce ; eh, pardon, le gouvernement du Québec.

Franchement, messieurs Arruda, Dubé et Legault, je suis déçu de vous, et je ne dois pas être le seul. Autant j’ai été fier et confiant en notre gouvernement durant les premières semaines de la pandémie, autant je me questionne sur les motivations profondes de ses récentes décisions. Je me permets donc de vous suggérer bien humblement de favoriser la santé publique quand vous prendrez des décisions à l’avenir.


 
7 commentaires
  • Simon Grenier - Abonné 25 juillet 2020 07 h 04

    Bah, la Santé publique de Montréal ayant officiellement décrété et analysé que "les saunas gais ne sont pas moins sécuritaires que d'autres endroits" - bien qu'on y soit nu en permanence et qu'on n'y fasse essentiellement que des échanges de fluides corporels - on commence à constater que "santé publique" et "économie" sont des notions interchangeables pour certains, et pas seulement les politiciens/élus.

    Pas surprenant que les bars ou les matches de sport professionnel soient autorisés, ils sont aussi "essentiels" que de baiser avec des étrangers à l'extérieur de chez soi.

  • Cyril Dionne - Abonné 25 juillet 2020 07 h 59

    Le gouvernement de la Chambre de commerce, par la Chambre de commerce et pour la Chambre de commerce

    Le gouvernement Legault est un gouvernement de la Chambre de commerce, par la Chambre de commerce et pour la Chambre de commerce. La santé passe en second et c’est pour cela qu’on a eu droit à de multiples points de presse où le directeur de la Santé publique n’avait vraiment aucun pouvoir. Cette crise a été gérée par et pour la « business ».

    Demandez-vous pourquoi les écoles primaires seulement ont été ouvertes vers la fin de l’année? C’est parce que les enfants en bas de l’âge de 12 ne peuvent pas demeurer seuls à la masion selon la loi (10 ans : seul avant et après l’école avec un contact adulte seulement). Donc, les écoles secondaires pouvaient demeurer fermer et cela ne nuisait pas aux parents qui travaillaient et qui payaient des impôts pour garnir les coffres du trésor québécois.

    « Ben » oui, les bars peuvent demeurer ouverts puisque le gouvernement peut en retirer des taxes et des impôts sans avoir besoin de les soutenir financièrement s’ils étaient fermés. C’est alors qu’on blâme les partys privés parce eux, ne contribuent rien financièrement au gouvernement. « Ben » oui, les jeunes à la libido accélérée, après quelques verres à dix dollars, la distanciation physique devient un concept nébuleux.

    Et c’est aussi à cause de cela, avec leur vision mercantile et une mauvaise gestion de crise sanitaire, que le Québec est devenu le 3e pire endroit de la planète pour le nombre de morts par million de population. Ici, je ne mentionnerai même pas le nombre de décès à Montréal, capitale de la COVID-19. Et ce n’est pas terminé, la 2e période de la COVID-19 commence cet automne avec la saison des grippes alors que nous serons tous à l’intérieur. Attachez vos tuques.

  • Marc Therrien - Abonné 25 juillet 2020 09 h 33

    Le revenu et l'emploi contribuent à la santé publique


    C’est que la santé publique est un vaste domaine multifactoriel qui ne vise pas seulement l’absence de la maladie. Les bases de toutes les activités de santé publique se rattachent aux déterminants sociaux de la santé dont le revenu et l’emploi en sont des composantes. Le confinement prolongé représente un risque de détérioration de la santé mentale collective. La reprise de la santé économique qui assure une participation à la vie active et un meilleur revenu est contributrice de la santé publique. Quand j’écoute Alain Poirier, le directeur de la santé publique de l'Estrie, m’expliquer tout ça, je comprends facilement.

    Marc Therrien

  • Bernard Terreault - Abonné 25 juillet 2020 09 h 42

    Oui, mais

    Comment peut-on penser survivre, se nourrir, s'instruire, loger les démunis, si tout le monde reste confiné chez soi à ne rien faire? Faut-il aussi chasser de leur laboratoire les scientifiques à la recherche d'un vaccin ou d'un remède? Combine de jours pensez-vos tenir sans le travail de ces millions de travailleurs de l'alimantation?

  • Réal Gingras - Inscrit 25 juillet 2020 09 h 59

    Mais non , tout va très bien.


    Monsieur Dionne, il ne faut pas être alarmiste. Il n’y aura pas de 2e vague.
    Le confinement que nous avons vécu n’avait qu’un but: permettre aux hôpitaux de pouvoir recevoir les cas qui pouvaient s’y présenter. Tout s’est bien passé. Il faut accélérer le retour à la normale.
    25% d’occupation , bien sûr , ce n’est pas assez.

    Ce n’est pas parce que vous attrapez le virus que vous allez nécessairement en mourir.
    Le nombre de morts au Québec (autour de 5663) ne représente que 0,06% de la population et sur ces 5663 morts, 90% avaient plus de 80 ans. J’ai déjà dit tout cela.

    On ne confine pas tout un territoire pour ça. On sait maintenant où sont les ”clusters”
    et la Santé publique est au courant de tout cela . Alors relaxons.

    Le Centre-ville est vide, les frontières sont fermées, les commerces font faillites, le taux de chômage est de plus en plus élevé et pendant ce temps; les psychiatres et les psychologues font des affaires d’or avec les angoissés de tout acabit.

    Lavez-vous les mains, portez le masque dans certains lieux et que vivement se fasse l’ouverture des écoles , des CEGEP et des universités à l’automne pour que nos jeunes se remettent à vivre leur avenir et qu’on arrête de leur mettre martel en tête avec des histoires de peur. Il y a d’autres sujets dans la vie que les virus , les ”chars” et le hockey”. :-). Fera-t-on encore de l’analyse grammaticale, leur parlerons-nous de Proust, de philo ou se contentera-t-on de tourner en rond en répétant ad nauséam que nous approchons de l’apocalypse, de la catastrophe et que la raison n’a plus sa place.

    Les jeunes méritent plus que nos angoisses.

    • Cyril Dionne - Abonné 25 juillet 2020 16 h 53

      J'aimerais avoir votre certitude pour la 2e vague. Mais bon, je suis partant pour retourner à la normale. Et que les plus à risque, les plus vieux et le gens atteints de morbidité s quelconques passent dans l'au-delà et bonjour les partys. Mais, 5 663 représentent plus de 667 morts par million de population, le 3e plus haut taux dans le monde parce que je considère le Québec comme un pays. Ce n'est pas Laurent Duvernay-Tardif qui a décidé de ne pas jouer cette année parce qu'il a vu les ravages de cette maladie en premier plan lorsqu'il donné de son temps dans les CHSLD. Et pourtant, ne pas jouer cette année représente des millions comme perte de salaire parce que si vous ne jouer pas dans la NFL, vous n'êtes pas payé.

      De toute façon, plus de 28 000 enfants en bas de l’âge de cinq ans meurent à tous les jours dans le monde de causes évitables. Quelques milliers de plus par jour à cause de la COVID-19, en suivant votre logique, ne fera aucune différence.

      Et vive les jeunes sans angoisse. « Let freedom ring »,