Le QI de Trump

Le président Donald Trump aimerait que lui et son probable adversaire démocrate à la présidentielle du 3 novembre, Joe Biden, s’affrontent pour savoir qui possède le QI le plus élevé. Il est heureux qu’il n’ait pas demandé à voir celui qui pisse le plus loin.

Trump ne semble pas savoir que l’intelligence n’est pas tout. L’équilibre psychologique, pour un président, est aussi important, sinon plus. Or, d’après sa nièce, qui vient de sortir un livre dévastateur, l’oncle Donald serait tout sauf équilibré. Quand on sait qu’il peut lancer la Bombe, c’est épeurant.

Biden est peut-être moins intelligent, mais il sait, lui, que la COVID-19 est plus dangereuse qu’une grippe saisonnière, il sait en outre que de s’injecter du détergent dans les veines peut vous tuer. Pourquoi un QI élevé s’il ne sert qu’à faire le mal ?


 
12 commentaires
  • Raymond Labelle - Abonné 24 juillet 2020 07 h 20

    Bonne question générale.

    À partir d'un certain minimum nécessaire de QI, les qualités morales et psychologiques sont les plus déterminantes pour déterminer qui dirige bien.

    Et ce minimum, tout en étant respectable, ne doit pas être si élevé, en ce que les questions socio-économiques peuvent être comprises à l'aide de bon briefings, quant à leur aspect intellectuel, et peuvent être délégués à des experts et à des fonctionnaires, peut-être plus intelligents, quant aux détails. Quant au fait que des positions correspondent à telle ou telle valeur, on en revient encore aux qualités morales et psychologiques. Et elles auraient fait l'objet d'une bonne réflexion avant même de prendre la direction de l'État, on ose l'espérer. Guidée, encore une fois, pas seulement par l'intellect.

    Quant aux qualités psychologiques: ça prend un savant mélange de coffre, de solidité, de pouvoir être dur si nécessaire tout en restant humain, en gardant se capacité de comprendre l'autre, de prendre des décisions dans l'incertitude, d'assumer de possibles erreurs (inévitable d'éventuellement en faire) - des équilibres souvent délicats. Et il y en a d'autres, j'en ai mentionné quelques-unes seulement pour illustrer l'importance des qualités morales et psychologiques.

    Et un QI élevé ne garantit pas la possession des qualités morales et psychologiques essentielles pour bien diriger.

    De plus, il ne faut pas toujours se fier aux apparences pour évaluer l'intelligence de quelqu'un. Anecdote réelle: élève du primaire référé par sa prof qui avait l'impression qu'il était légèrement déficient intellectuellement, à un psy... testé de façon exhaustive par le psy, il s'est révélé surdoué...

    Des gens à QI élevé peuvent être vilains ou manquer de coffre.

    Et des gens peuvent donner l'impression d'être plus intelligents qu'ils ne le sont avec un certain sens du baratin.

    Bon point M. LeBlanc.

  • Jean Lacoursière - Abonné 24 juillet 2020 09 h 15

    Au sujet des tests de QI

    Dans son livre « What Intelligence Tests Miss - The Psychology of Rational Thought », Keith Stanovich montre que les tests de QI ne mesurent pas la qualité du fonctionnement cognitif. Ces tests n'évaluent pas les habiletés comme le jugement et la prise de décision.

    https://yalebooks.yale.edu/book/9780300164626/what-intelligence-tests-miss

    • Raymond Labelle - Abonné 24 juillet 2020 12 h 28

      Le QI peut indiquer un potentiel de pensée rationnelle, une capacité de raisonnement conséquent, mais appliquer ce potentiel dans le réel exige des qualités psychologiques, principalement la volonté de dépasser ses biais cognitifs.

      Il y a une tendance chez tout être humain, peu importe son QI, de pencher vers son biais cognitif, dont la source est psychologique. Une personne à plus haut QI pourra peut-être mieux ratiociner et justifier ce biais, ce qui n'est pas raisonner. Et la puissance de ce biais sur la personne ainsi que la volonté de le dépasser dépendent de facteurs d'ordre psychologique.

  • Nadia Alexan - Abonnée 24 juillet 2020 09 h 18

    Trump est un voyou dans le délire.

    Trump n'a pas l'intelligence même d'un enfant de six ans. Ce bouffon vulgaire et dépourvu d'un brin d'intelligence ne comprend pas la portée de ses folies. Il ne comprend pas qu'il ne manque pas seulement d'intelligence, mais de décence, d'empathie, de jugement, d'honnêteté, de sagesse et j'en passe. Il est devenu la risée du monde entier.

  • Daniel Chartier - Abonné 24 juillet 2020 10 h 17

    Ne pas confondre intelligence et capacité à en projeter l'illusion

    Trump plaît aux personnes qui recherchent les réponses simplistes aux problèmes complexes. Il cible les émotions de ses auditeurs plutôt que leur intelligence.

    Par opposition, la science nourrie par l'intelligence déploie des séquences de raisonnements complexes, incluant parfois des degrés d'incertitudes qui évoluent au fil du temps. La science peut difficilement se résumer dans des clips de six secondes, contrairement aux slogans démagogiques.

    Rien n'indique que Trump ait un QI élevé, surtout pas ses études. Cependant, il excelle dans l'Art de l'illusion, de la manipulation auprès de certaines clientèles frustrées par la complexité du monde actuel.

  • André Labelle - Abonné 24 juillet 2020 10 h 52

    TRUMP N'EST PAS LE PROBLÈME !

    Au Sud de nos frontières, le vrai problème n'est pas Trump. Le vrai problème c'est la société américaine qui porte au pouvoir un « voyou » comme Nadia Alexan qualifie Trump dans son commentaire.
    Je crains vraiment que la société américaine soit en train de se déliter sous nos yeux. Regardons ce qui se passe dans certaines grandes villes américaines comme Chicago, Portland, New York, Philadelphie, Baltimore, Atlanta, ou Los Angeles où Trump veut imposer, pour des fins électorales, la présence d'agents fédéraux que les maires de ces villes ne veulent pas. La violence dans la violence ?
    Peut-être sommes-nous en train d'assister à l'émergence d'une mini-guerre civile aux USA. La société américaine est de plus en plus divisée sur la base même de ses valeurs fondamentales. Les actuelles manchettes télévisées sur le sujet deviendront peut-être des pièces d'archives.
    Je continue à croire que Trump n'est que le résultat de la décadence accélérée de la société américaine. Le Canada doit secrètement ( !!) revoir son système de sécurité à ses frontières pour éviter que cette mini-guerre civile ne se transporte chez-nous.

    • Nadia Alexan - Abonnée 24 juillet 2020 14 h 23

      À monsieur Labelle: Oui, c'est sûr que Trump n'est pas le problème, mais le symptôme d'une société trop divisée. Par contre, c'est le rôle d'un «leader» de rassembler les factions divergentes au lieu de les exacerber.
      Malheureusement, Trump a magnifié le rôle détestable d'une oligarchie qui se contente de s'enrichir au dépend de la majorité. La prédominance de la financiarisation de la société américaine témoigne de «la cupidité» devenue la Bible de l'Empire américaine en décadence.
      En espérant, comme vous le dites bien, que ces dérives ne se transportent pas chez nous.

    • Daniel Chartier - Abonné 25 juillet 2020 09 h 34

      Un proverbe dit «Diviser pour régner».

      Le comité sénatorial sur l’ingérence Russe lors des élections de 2016 a révélé qu’une de leur tactiques usuelles, très efficace, était d’exciter simultanément des groupes aux idéologies opposées. À une occasion, bloquée, ils ont même tenté d'organiser deux rallyes adverses qui auraient convergé au même endroit. La recette idéale pour le chaos.

      Heureusement, Facebook, Twitter, Reddit et + désactivent à répétition des comptes fictifs, souvent robotisés, qui incitent leurs Suiveux à poser des gestes inacceptables. D'un autre côté, des pays étrangers, des intérêts économiques ou politiques ont intérêt à fomenter la zizanie en créant de nouvelles pages incendiaires sur internet.

      Comme en 2016, le chaos est le meilleur allié de Trump, tout comme les manifestants indisciplinés.

      À suivre