Des monuments publics à remplacer à Montréal

Aucun monument public ou nom de lieu au Canada ne devrait être dédié à ceux qui ont commis un génocide physique ou culturel.

Aux termes de l’article 38 du Code criminel du Canada, toute personne agissant dans l’intention de détruire « tout groupe identifiable » est considérée comme coupable d’un génocide.

Prenons le cas de la rue de la ville de Montréal et des deux monuments célébrant la reine Isabelle 1re la Catholique qui, à la différence des lieux publics portant le nom de Lionel Groulx, de lord Jeffrey Amherst ou du chimiste et Prix Nobel Alexis Carrel, n’ont provoqué aucune opposition organisée.

La reine Isabelle 1re la Catholique a profité de l’Inquisition espagnole et de « l’édit d’expulsion », qu’elle a cosigné en 1492, pour détruire la vie juive en Espagne. Tous les Juifs espagnols qui refusaient de se convertir étaient expulsés et ceux qui revenaient en Espagne risquaient d’être exécutés sommairement, avertissait « l’édit ».

En outre, en 1609, tous les musulmans d’origine espagnole ont reçu l’ordre de quitter l’Espagne sous peine de mort. L’Inquisition, avec ses exécutions, fut étendue au nouvel empire espagnol en Amérique.

Les deux monuments dédiés à la reine Isabelle 1re la Catholique ont été inaugurés respectivement dans les parcs Macdonald et Laurier à Montréal en 1958 et 1959, à l’initiative du consulat espagnol, à une époque où Francisco Franco, le dictateur d’Espagne, faisait la promotion de la sainteté de la reine Isabelle 1re la Catholique. Ces monuments devraient être remplacés par des œuvres d’art consacrant la vie, car la tentative d’anéantir toute une culture dans un pays, comme dans les pensionnats, est un acte de génocide. Nous n’avons pas besoin de vénérer nos monuments « Ozymandias » toujours en place.


 
13 commentaires
  • Jacques-André Lambert - Abonné 24 juillet 2020 04 h 58

    Monsieur Perel, l’Inquisition visait quiconque contestait la vérité divine, absolue du catholicisme de l'époque.

    Plutôt que de déboulonner des statues, pourquoi ne pas déboulonner tous les dogmes religieux et politiques issus de "vérités divines, donc absolues" de notre époque?

  • Réal Boivin - Abonné 24 juillet 2020 05 h 16

    Ignorance de l'histoire

    Faut vraiment être ignorant de l'histoire espagnole pour juger Isabelle la catholique comme génocidaire dans une espagne occupée par un islam totalitaire qui avait droit de vie et de mort sur les non-musulmans. Regardons ce qui se passe présentement en Afrique du nord et au moyen orient avec les chrétiens qui sont massacrés par les musulmans. Le génocide des chrétiens et la destruction de leurs églises se passe sous nos yeux. Oseriez-vous, M. Shloime Perel, aller leur dire de cesser ce génocide?

    • Bernard Terreault - Abonné 24 juillet 2020 07 h 58

      Là, c'est vous, M. Boivin qui errez. À l'époque d'Isabelle, c'était les catholiques, les fanatiques religieux. Pendant dix siècles les musulmans d'Espagne et du pourtour méditerranéen en général avaient été relativement tolérants envers les chrétiens et les juifs. Le fanatisme musulman s'est plutôt manifesté à ses débuts, puis à partir du 20ième siècle.

    • Réal Boivin - Abonné 24 juillet 2020 10 h 43

      Il n'y avait aucune tolérance des musulmans sur les chrétiens et les juifs. Les non-musulmans devaient payer un impôt (la dima) et aucun signe de leurs religions ne devaient paraître sur la place publique. Les non-musulmans devaient baisser les yeux devant un musulman sous peine d'être violemment battus. L'islam n'a jamais été tolérante envers les autres religions à travers l'histoire. Isabelle la catholique n'a fait que renverser les rôles.

  • Patrice Soucy - Abonné 24 juillet 2020 06 h 44

    Rien appris

    Je croyais la question close et la poussière tranquille sur les monuments, mais non. Les zélotes reviennent à la charge avec la terrible détermination d’une très catholique reine d’espagne. Le désir de pureté est le même et devrait donner à réfléchir, mais non. De l’histoire ils ne retiennent que la certitude de leurs propre vertu. De l’histoire ils n’ont rien oublié et rien appris.

  • Raynald Goudreau - Abonné 24 juillet 2020 07 h 50

    Refaire l'histoire a chaque generation , c'est javelliser la memoire de ce que nous sommes , de ce que nous avons appris a faire ou ne plus faire . Quelqu'un a dit : le present est le passe et l'avenir est le present .

  • Jacques Lalonde - Inscrit 24 juillet 2020 08 h 22

    Convivencia...

    La convivencia, un concept aujourd'hui critiqué pour ses dérives sémantiques, décrit la tolérance religieuse qui avait lieu dans le royaume d'Al-Andalus. N'y règnait pas le totalitarisme que certains lecteurs semblent y lire mais une forme politique propre aux royaumes de cette époque. Tout jugement moral sur leur dynamique n'est que le report de notre regard contemporain sur le passé. Voici ce que dit l'excellent article deWikipédia à ce sujet: "Cette cohabitation induit cependant de nouvelles formes culturelles à tous les niveaux de la société et marque profondément l'histoire de l'Espagne par les périodes importantes durant laquelle elle perdure. La langue arabe est un vecteur majeur de transmission et d'enrichissement de la connaissance pour l'Occident grâce aux traductions en latin et en langues romanes [qui] débouchèrent sur le majestueux déploiement scientifique de la Renaissance et, déjà auparavant, sont à l'origine de la dite renaissance médiévale du XIIe siècle."

    • Francois Ricard - Abonné 24 juillet 2020 19 h 28

      Il est temps de démentir la grande théorie supposée de l’apport de l’islam dans la construction, les sciences, les arts et la culture de l’Occident… Attribuer, par exemple, la création de la médecine, de l’algèbre et de l’astronomie aux musulmans, ce serait nier les civilisations, notamment grecque et perse, qui en sont à l’origine… C’est aussi passer sous silence l’influence déterminante de l’architecture romaine et de ses principes novateurs de construction qui ont guidé le développement de la construction en Occident. L’islam des lumières n’a jamais été qu’une lampe à huile

    • Réal Boivin - Abonné 25 juillet 2020 07 h 43

      M. Lalonde prend ses informations sur Wikipédia. Il ne sais pas que ce n'est pas une encyclopédie mais un ramassis de n'importe quoi, écrit par n'importe qui sur des choses pigées n'importe où sur le web. Il ne sais donc pas que ce sont les chrétiens d'orient et les juifs qui ont transmis le savoir dans une langue arabe qu'ils étaient obligés de parler. Les arabes ont apporté avec eux le coran et leurs épées. Aujourd'hui, ils manipulent l'histoire avec l'aide de Wikipédia pour prendre à leur profit les connaissances et les avancées scientifiques des autres.

    • Serge Pelletier - Abonné 25 juillet 2020 16 h 36

      Attention aux articles du Wikipédia. Ils donnent des bases élémentaires d'histoire, de science, etc. Mais uniquement des bases élémentaires... qui quelques fois sont énormément biaisées, ou encore des bouts historiques complètement omis.
      Si vous y prenez l'histoire du Coran (des royaumes musulmans de partout), du Wikipédia cela fait court en titi. Mais si vous prenez le coffret "Le Coran des historiens", cela est de beaucoup plus consistant comme base de connaissances sur le sujet - environ 3,500 pages + 2 CD.