Une saga déconcertante

Depuis le début de cette saga du Musée des beaux-arts de Montréal (MBAM), je suis totalement décontenancée. Depuis quand un président de conseil d’administration se pointe-t-il tous les jours sur les lieux de travail d’un directeur ? Son rôle est d’administrer la structure de l’ensemble, de voir à ce que l’argent soit bien géré, que si de nouvelles nominations dans des départements doivent être entérinées, il doit prendre l’avis de la direction qui elle voit, sait, comment fonctionnent les divers départements.

Diriger n’est pas une mince tâche, il n’est pas donné à tout le monde d’avoir le panache et la compétence voulus pour donner la grande notoriété acquise par le MBAM depuis 17 ans.

J’ai souvenance, jadis, d’un musée quasi endormi, qui accueillait davantage de connaisseurs d’art que de visiteurs, avides de découvrir des expositions saisissantes de beauté et de nouveautés.

Diriger, c’est souvent impo-ser une vision, qui n’est pas sans parfois heurter certains tempéraments susceptibles; ces heurts doivent être réglés à l’interne.

Ce cafouillis n’incite personne à renouveler sa carte de membre, ni à faire le moindre don, si petit soit-il…

Au plus vite, une enquête pour donner au public québécois une vraie réponse à toutes les zones d’ombre…

Il faut redonner au Musée l’aura que lui a donnée Madame Nathalie Bondil.

12 commentaires
  • Mario Jodoin - Abonné 22 juillet 2020 00 h 29

    Tempéraments susceptibles?

    «Diriger, c’est souvent impo-ser une vision, qui n’est pas sans parfois heurter certains tempéraments susceptibles»

    On parle ici de plaintes de harcèlement et de climat de travail toxique. J'ignore à quel point ces plaintes se justifient, mais les considérer l'oeuvre de personnes susceptibles représente un recul de plusieurs décennies en matière de santé au travail.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 juillet 2020 07 h 57

      Vous avez raison, l'auteur parte de « personnes susceptibles » et de redonner au MBAM l'aura de Mme Bondil, ce qui implique son remplacement, alors que l'enquête de la ministre cible précisément les motifs qui, selon le président et le CA, auraient conduit à miner le climat de travail et expulser Mme Bondil alors qu'elle questionnait le processus de nomination d'une conservatrice qui prenait sa place de conservatrice en chef.

      Cette enquête impliquait que le CA ne cherche pas à embaucher une personne pour diriger le MBAM avec pour mission de ne pas être la conservatrice en chef. Or, c'est cette double affection de Mme Bodil qui lui a permis de rendre le MBAM un musée de première classe, ce qui ne rejoignait pas les vues du président du CA par intérim.

  • Claude Gélinas - Abonné 22 juillet 2020 09 h 18

    Le pouvoir des riches et une gouverneure générale sous les feux de la rampe !

    Et si l'enquête gouvernementale démontrait que le saga du Musée est somme toute une histoire d'influence entre riches donateurs qui souhaitent imposer non seulement leur vision de ce que doit être la gouvernance du Musée mais également sélectionner une personnes issue de ce sérail. Un type de népotisme nouveau genre.

    Que dire également des plaintes contre la gouverneure générale accusé de harcèlement et d'intimidation, un poste d'apparât de potiche royale propre à un pays colonisé incapable de s'affranchir d'une royauté décadente et obsolète qui vit au crochet des contribuables.

    • Claude Bariteau - Abonné 22 juillet 2020 10 h 16

      M. Gélinas, vous rêvez que le Canada s'affranchisse d'une royauté qui l'a créé. Pa moi. je rêve que le Québec s'affranchisse de ce Canada royaliste avec son sytème politique monarchiste constitutionnelle devenu un État post-national pétrolier pour combattre l'État hydroélectrique du Québec et les aspirations républicaines qui y sont véhiculées et qu'ont combattues les Britanniques et que combattent les Canadiens depuis l'écrasement des Patriotes avec des élites locales qui invitaient le peuple à manger leurs miettes de table.

    • Jean-Yves Arès - Abonné 22 juillet 2020 13 h 38

      Ce musé a pris naissance en 1860,
      -" Fondée le 23 avril 1860 par un groupe de notables dont Mgr Francis Fulford et le photographe William Notman, l'Art Association of Montreal avait pour but d’« encourager le goût des beaux-arts parmi la population de la ville»."

      - "Pendant près de vingt ans, elle demeure une organisation itinérante tenant ses expositions dans différents salles montréalaises."

      Puis,
      - "En 1877, l'Art Association reçoit un legs exceptionnel de l'homme d'affaires montréalais Benaiah Gibb. Il fait don de l'essentiel de sa collection d'art soit 72 tableaux et 4 bronzes. De plus, il donne à l'institution montréalaise un terrain à l'angle nord-est du Carré Philips (Montréal) ainsi qu'une somme de 8 000 $CAD à condition que l'on construise un nouveau musée d'ici trois ans."

      Le musé vivra exclusivement des implications d'acteurs privés jusqu'a la fin de 1972,
      - "Le 21 décembre 1972, le Musée des beaux-arts de Montréal obtient, grâce aux efforts de Sean Murphy et Jacques Brault, le statut de société à but non lucratif de type mixe, ce qui lui permet de recevoir des subventions gouvernementales."

      L'essence même de ce qu'est ce musé est le produit de l'intérêt que lui porte des citoyens, dont plusieurs sont fortunés. L'arriver de l'État dans son financement est en lien avec l'explosion de la machine étatique qui s'impose un peu partout. De nos jours l'intérêt de l'État doit toucher l'aspect culturel et éducatifs, mais aussi pour le rayonnement internaltional.

      Ainsi on dit que l'institution est devenue hybride, mais sa conduite n'est normalement pas le jeu de l'État.

  • Daphnee Geoffrion - Abonnée 22 juillet 2020 09 h 26

    Il va y avoir une enquète car impossible dans notre salon de savoir ce qui s'est passé réellement.
    Il est fort possible que M.Bondil soit une femme de grande compétence mais sans aucun leadership, qualité néssécaire à un poste de gestionnaire.

    Fort possible aussi qu'elle dérange viscéralement une click blasé et épuisé par ses ambitions et sa vision sans pour autant être une bourreau.

    En apparence j'adore cette femme, mais qu'en est il réellement?
    Est ce que les méchants Desmarais aurait le beau rôle cette fois?
    Une saga parfaite qui nous rappel qu'il faut rester objectif et ne jamais se fier aux apparences, ni à la simple réputation d'une personne ou d'une famille.

    • Gilles Théberge - Abonné 22 juillet 2020 11 h 46

      Dans le doute abstient toi dit le proverbe. C'est peut-être sage après tout. Nous ne savons rien de ce qui s'est passé au Musée. Malgré les demandes d'une foule de gens. Je parle des membres du Musée. Mais rien ne transparait. Cela semble être une histoire entre « gens du monde » n'est-ce pas ? C'est un retour en arrière, au temps où seul les possédant avaient le droit de vOte...

      Est-ce qu'on reviendra tôt ou tard au droit de cuissage...?

      En tout cas, dans le moment c'est le droit de nommer. Il ya une personne sur la liste pour remplacer madame Bondil. C'est une Desmarais je pense... Ha ha ha !

  • Robert Poupart - Abonné 22 juillet 2020 10 h 08

    tour de la question

    il me semble que l'article de J-F Nadeau du Devoir (La toile de fond) faisait bien le tour de la question. Un MBAM qui suit la tendance à la consommation, au mercantilisme, à la mode et à la rectitude politique en devenant aussi une vitrine pour les riches de ce monde qui se paient des postes au CA, un bénévolat de cocktails dinatoires au champagne, un vernis de culture ostentatoire et un réseau de nobliots satisfaits.
    Peut être que les grands donateurs ne devraient tout simplement pas siéger au CA pour éviter tout ce copinage de plutocrates.

    • Jean-Pierre Grisé - Abonné 23 juillet 2020 14 h 41

      Le MBAM et le Québec : meme problème de colonisé :au premier par des Français nobliots ,au deuxième par des Anglais monarchistes.

      Cela donne l'impression que les Québecois ne dirigent pas grand chose.Cette dépendance nous relégue à des amateurs de sportifs, ,

      d'humoristes et d'amuseurs publiques qui réussisent dans la vie (a.voir du fric) .

      Quand ces amateurs-vassaux seront-ils des citoyens debout et responsables ?.

  • Pierre François Gagnon - Inscrit 22 juillet 2020 14 h 44

    Tentative de fait accompli?

    Comment se fait-il que l'actuel président du conseil d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal ait déjà lancé un processus de changement de la direction générale alors que la lumière n'a pas encore été faite sur toute cette "saga populaire", note-t-on? Est-ce une tentative de faire avorter l'enquête indépendante sur leur gouvernance interne, de mettre le public du musée de même que son assemblée générale de membres devant un fait accompli d'avance?!