C’est à M. de la Chenelière qu’il faut montrer la porte!

À qui profite le crime ? Cette règle simple de la littérature policière rend évidentes les motivations de monsieur Michel de la Chenelière dans la mise en scène du psychodrame qui a conduit au congédiement de la directrice générale du Musée des beaux-arts de Montréal. En effet, n’écoutant que son bon cœur, monsieur de la Chenelière remplacera Mme Bondil, cela même s’il n’a aucune expérience en muséologie et si son expérience d’administrateur laisse tristement à désirer. Ce sera provisoire bien sûr. Histoire à suivre…

Quiconque a siégé à des conseils d’administration — et Mme Monique Jérôme Forget l’a expliqué de façon claire hier dans une lettre ouverte — sait que ceux-ci ne jouent bien leur rôle que si l’on respecte scrupuleusement certaines règles, notamment celles de laisser les gestionnaires gérer et de ne pas s’immiscer dans les processus d’embauche. Monsieur de la Chenelière ne semble pas l’avoir compris.

Pourquoi cette femme, dont les réalisations sont admirables et qui a travaillé en harmonie avec plusieurs générations de présidents, est-elle décrite maintenant comme une harpie qui ne respecte pas ses employés et qui crée une atmosphère malsaine, du moins de l’avis (forcément) impartial du syndicat, n’est-ce pas ? Cherchez l’erreur !

Comme un grand nombre d’amis du Musée, j’allonge chaque année quelques centaines de dollars au MBAM parce que ses directeurs généraux des trente dernières années en ont fait une institution digne de respect. Puis-je être remboursé ?


 
7 commentaires
  • Nicole Delisle - Abonné 16 juillet 2020 04 h 15

    Cette affaire est de plus en plus troublante!

    Il apparaît évident qu'il semble y avoir deux clans dans toute cette histoire: ceux et celles qui appuient Mme Bondil et ceux qui se rangent du côté de M. de la Cheneliere. Celui-ci semble en mener bien large dans toute cette saga. Le gouvernement devrait imposer une formation obligatoire des règles de bonne gouvernance à tous ceux et celles qui désirent se porter candidats(tes) à un poste sur un conseil d'administation d'un musée ou autre, d'autant plus quand il accorde à la dite institution des subventions à coup de millions. Cela provient des taxes et impôts de tous les québécois. Nous sommes donc en droit d'attendre que ces gens agissent en connaissant les règles, ce qui ne semble pas être manifeste ici et même décriés par d'autres conseils d'administration de bonne gouvernance. Dans le cas précis qui nous occupe et en regard de
    l'aide financière gouvernementale accordée jusqu'ici, la ministre de la culture et le gouvernement doivent intervenir pour éviter que cette saga enlève toute crédibilité et confiance aux dirigeants et administrateurs de ce musée, ainsi qu'à la population. Le fait que M. de la Cheneliere se porte comme remplaçant par intérim de Mme Bondil est inacceptable et symptomatique d'un grand malaise. Il semble diriger seul ce comité d'administration et le mener à sa guise! On doit chercher plus loin la raison et le départ de Mme Bondil remerciée de façon aussi cavalière. On ne congédie pas de telle manière celle qui a mis le musée sur la carte des incontournables à visiter à Montréal. C'est totalement inconcevable! Nous avons droit à des réponses!

  • Robert Morin - Abonné 16 juillet 2020 08 h 47

    Mais encore...

    ...pourriez-vous développer un peu plus au sujet du préjugé qui se cache derrière ce passage-ci de votre texte :

    « (...) qui ne respecte pas ses employés et qui crée une atmosphère malsaine, du moins de l’avis (forcément) impartial du syndicat, n’est-ce pas ? Cherchez l’erreur !»

  • Claude Bariteau - Abonné 16 juillet 2020 10 h 13

    Je ne connais ni d'Ève ni d'Adam M de la Chenelière, encore moins les règles propres u Conseil d'administration du Musée des beaux-arts de Montréal.

    Je note toutefois un procédé étrange qui a conduit à la nomination d'une détentrice d'un Ph D et de quelques années d'expérience en plus d'être une personne de la famille Desmarais.

    Que s'est-il passé pour que cette personne soit propulsée directrice de ce musée et que la détentrice de ce poste soit élaguée ? On ne le saura jamais sans une enquête appropriée.

    Ce musée existe depuis 1860 à l'époque du Canada-Uni et du Golden Square. Il s'est enrichi de collections grâce à des mécènes. Michel de la Chenelière en fut un récemment.

    Il s'agit d'un musée soutenu par de riches familles, dont certaines virent leurs à la tête du Conseil et d'autres leurs noms accolés à des pavillons en plus d'être identifiés des donateurs émérites, probablement en retour de dégrèvement d'impôts.

    Dans les années 1980, ce musée est devenu une fenêtre sur l'art canadien, québécois et autochtone, tout en s'ouvrant à l'art international et à son histoire.

    Aussi, il me semble difficile de ne pas voir dans le procédé étrange de la nomination de la nouvelle directrice des enjeux qui ne sont pas indépendants de la petite histoire du monde des affaires associés à ce musée et auquel se sont greffées des familles canadiennes-françaises après les années 1970.

    Mme Bondil, née à Barcelone et diplômée en France, est une historienne de l’art qui a choisi de vivre à Montréal. Depuis sa nomination en 2007, elle a consolidé l'axe québécois et l'axe international. Peut-être était-ce une perspective devenue irritante aux vues des grands donateurs de ce musée ?

    Si j'étais enquêteur, je chercherais dans cette direction, que craignent sûrement les donateurs, car ça révélerait leurs vues.

    • Lise Bélanger - Abonnée 16 juillet 2020 13 h 43

      ...elle a condolidé l'axe québécois et l'axe international.... De plus Madame Bondil est originaire de Barcelone selon ce que j'ai lu dans Le Devoir. Certainement très irritant pour certains. En 2019 la popularté MBAM a dépassé celle du Musée des Beaux-arts du Canada. C'est frustrant pour certains aussi. Jamais le Canada n'a laissé le Québec prendre les devants sur la scène internationale, à moins qi'il ne puisse faire autrement tel en IA et aujourd'hui il démoli nos expertises en aéronautique etc.... Enfin, on sait ce qu'il faut faire pour développer nos compétences et richesses.

  • Guy Ducharme - Abonné 16 juillet 2020 10 h 47

    On oublie les employés

    Je ne connais pas tout le fond de l'histoire, et je me doute bien que ceux qui viennent à la défense de Mme Bondil ou de M. de la Chenelière ne le connaissent pas non plus. En fait, ceux qu'on oublie, ici, ce sont les employés qui se disent victimes des façons de faire de Mme Bondil. Il faudrait avoir accès à leurs témoignages avant de porter un jugement éclairé. Et s'ils avaient raison? Le gérants d'estrade devraient faire preuve de retenue...

  • Michel Duval - Abonné 16 juillet 2020 16 h 05

    Une enquête au plus tôt

    Notre musée des beaux arts de Montréal est dans la tourmente. Trop de généreux donateurs au Conseil d'administration. Tant qu'une enquête indépendante n'aura pas exploré ce panier de crabe, je retiendrai mes dons. Comme dit si bien l'un de ces monsieurs si généreux, l'argent est frileux. Celui du Québec entier, merci Mme la Ministre, le mien aussi.