Pouvoir et incohérence

Quand une baleine quitte l’océan pour chercher refuge dans un fleuve d’eau douce, quand le mercure s’emballe ou que les eaux débordent de leur lit envahissant les terres et emportant dans leur retraite des pans entiers des berges et des habitations, alors que des espèces disparaissent […], qu’une pandémie décime des humains par milliers et que des enfants meurent de malnutrition ou […] que la pollution étouffe la planète […], le gouvernement fédéral, deux mois à peine après la création du refuge marin, n’a mieux à faire que de projeter vingt forages dans une zone marine protégée pour y chercher quoi ? Du pétrole ! Là où prolifèrent de nombreuses espèces de poissons, d’oiseaux et de mammifères marins dont 36 espèces désignées comme en péril ou préoccupantes sur le plan de la conservation, comme le rapportait Le Devoir le 13 juillet.

Oui, l’océan a peut-être un droit de veto, mais BHP Canada, qui possède deux permis d’exploration qui chevauchent ce refuge marin, a l’argent, les avocats et l’oreille des investisseurs et peut-être, qui sait, de certains politiciens qui pourraient se laisser séduire par le chant des sirènes.

Ce ne sera que lorsque la bouillie, ou marée noire, recouvrira des kilomètres d’océan, asphyxiant tout être vivant sous la surface, qu’on dira qu’on a mal évalué les risques environnementaux… et collatéraux. Malgré tout, les projets de BHP, BP, Chevron et Equinor dans plusieurs zones d’importance écologique et biologique ont la faveur du gouvernement Trudeau qui, malgré l’avis du biologiste Alain Branchaud, spécialiste de la protection des milieux naturels, finasse au nom de la relance économique pour lever le drapeau blanc.


 
3 commentaires
  • Nadia Alexan - Abonnée 15 juillet 2020 09 h 26

    L'hypocrisie de monsieur Trudeau est proverbiale.

    Honte à Trudeau qui parle des deux côtés de la bouche. D'un côté, il se fait le sauveur de l'environnement et il se rallie à toutes les ententes internationales pour protéger les terres et les océans menacés, et de l'autre il donne la permission aux pétrolières de saccager la nature dans les zones protégées. Une incongruence flagrante.
    Les belles paroles et les larmes de crocodile ne suffisent pas, monsieur Trudeau. Il faut les accompagner avec des actes concrets de protection.
    Il faut tirer les leçons qui s'imposent de la pandémie coronavirus qui nous guette que le saccage de la nature soit contre-productif et que la dame nature prenne sa revanche sur nous, si l'on ne change pas ce paradigme de destruction.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 15 juillet 2020 13 h 10

    Rappel tout de même.


    Le pétrole est produit tout ce qu'il y a de plus naturel, et sa formation prend sa source dans l'activité biologique de la terre.

    Cela ne rend pas vert-bio mais lui confère tout de même une présence en équilibre dans l'environnement qui remonte à bien plus loin que celle de l'homme sur la terre. Ainsi là ou l'on trouve des ressource pétrolifère en milieu marin on retrouve aussi des fuites naturelles de ce pétrole qui engendrent, si les eaux n'y sont pas trop froides, une activité bactériologique qui s'en nourri.

    Dans l'état actuel des choses si vous voulez combattre les effets néfastes de ce produit il faut s'attaquer à sa consommation, et a tout ce qui requière qu'on le consomme. Bloquer une production ne change rien de rien à sa consommation et aux effets néfastes qui s'en suivent.

  • Pascal Barrette - Abonné 15 juillet 2020 19 h 31

    Fini le "finassage"!

    Bien vu Madame Pelletier-Gravel. Le gouvernement fédéral autorise ces explorations en se disant qu’il ne le fera pas pour l’exploitation, la zone étant protégée. Comme vous j’en ai plein le «casse» de cette «politicasserie» qui veut plaire à l’un pour donner à l’autre. M. Trudeau a grand besoin de nettoyer ses lunettes politiques. Fini le «finassage», sinon c’est le balayage.