Chronique d’une tragédie annoncée

Chaque année amène son lot d’homicides familiaux, parfois suivis de suicides. En plus des victimes directes, ces drames font beaucoup de victimes collatérales. En moyenne, dix homicides conjugaux ou familiaux annuellement au Québec.

Dans la majorité des cas, ce sont les hommes qui agissent en ce sens, mais il y a aussi des femmes qui tuent conjoint et enfants. Souvent le résultat d’une escalade de violence conjugale, mais pas uniquement. C’est multicausal.

Encore une fois, de nombreuses interventions en ce domaine relèvent du secteur communautaire qui, rappelons-le, est sous-subventionné et tributaire des bénévoles pour sa survie. Encore un secteur laissé pour compte depuis si longtemps. Problème sociétal qui remonte à la surface quand surviennent des drames médiatisés et qui retombe dans l’oubli dès qu’une autre nouvelle apparaît.

On a constaté ces derniers mois l’importance d’investir en santé publique pour prévenir. Dans le cas de violence conjugale, de harcèlement en tous genres et autres situations où apparaît souvent un problème de relation de pouvoir, il faudrait beaucoup plus de moyens pour agir en amont. Il faut évidemment maintenir les maisons d’accueil pour les victimes de violence et les groupes d’intervention autant pour les femmes que pour les hommes. Mais prévenir et agir sur les comportements qui peuvent aboutir à la violence conjugale et ultimement à l’homicide suicide et à d’autres comportements de harcèlement, c’est faisable quand les moyens sont là pour sensibiliser et intervenir auprès des personnes, avant le passage à l’acte. Avec les homicides, on voit le sommet de l’iceberg, mais sous la surface, combien d’autres situations destructrices laissant des cicatrices indélébiles et écorchant des vies à jamais ?

1 commentaire
  • Nadia Alexan - Abonnée 15 juillet 2020 09 h 44

    Mieux vaut prévenir que guérir.

    Pendent des années, les tenants de l'idéologie néolibérale avec leurs «Think Tanks» nous ont imposé leur idéologie toxique que le marché peut résoudre tous nos problèmes et qu'il fallait réduire la taille du gouvernement qui, selon eux, est la source du problème, pas la solution.
    En conséquence, les coupures dans les services publics ont suivi, avec les résultats désastreux que l'on connait.
    Maintenant que l'on constate les dégâts épouvantables de ces décisions, il faudrait investir dans la prévention, pour soutenir les familles en détresse, au lieu de les délaisser à leur sort.