Réinventer la culture

Bien que je sois la première à applaudir à toutes les initiatives pour rendre les arts vivants au public durant cet été de pandémie, je ne peux que m’interroger sur le fondement de certaines affirmations, dont la suivante, tirée de l’article intitulé « L’été de toutes les expériences », publié dans les pages du Devoir dusamedi 11 juillet.

Et je cite : «La pandémie nous a permis de nous souvenir du fait que les choses ne durent pas toujours et, avec le spectacle de musique en salle, on nous sert la même expérience depuis au moins 50 ans», de dire le professeur Danick Trottier.

En fait, j’aimerais préciser que le spectacle vivant dans un théâtre à ciel ouvert ou une salle dure depuis au moins 2500 années et que certains de ces endroits sont encore debout, en Grèce notamment, où la qualité acoustique à ce jour n’a pas été dépassée par celles de nos théâtres actuels. Et oui, cela dure toujours et encore, malgré les dires de M. Trottier.

Réinventons la culture le temps d’un été, le temps d’une pandémie, mais, de grâce, n’effaçons pas de nos mémoires le travail de nos ancêtres et, surtout, n’oublions pas le besoin très humain de nous retrouver dans un théâtre, ensemble, pour entendre dans des conditions optimales ce que les artistes ont à nous dire.

6 commentaires
  • Francois Ricard - Abonné 14 juillet 2020 06 h 59

    La civilisation française

    La nation québécoise appartient à une très grande civilisation., la civilisation française qui compte plus de mille années. La personne qui s'y réclame peut marcher la tête haute.Elle porte en elle l’une des plus brillantes civilisations de l’histoire du monde. C’est en cette civilisation que sont nés l’art roman, l’art classique. C’est en son son intelligence que sont nées la médecine moderne et les sciences expérimentales. C’est un inventeur prolifique qui a offert au monde : l’avion, l’hélicoptère, le cinématographe, la photographie, le métier à tisser, la télégraphie aérienne, l’électroscope, l’aérostat, l’automobile, la machine à vapeur, la machine à calculer, la conserverie alimentaire, la méthode Braille,le code Napoléon.
    Et ce 14 juillet 2020, rien en ce journal, pour souligner le "14 juillet" de la source de notre civilisation française.Navrant.

    • Louise Melançon - Abonnée 14 juillet 2020 10 h 07

      En effet! navrant.... nos yeux sont plutôt tournés sur les éclats des réseaux sociaux...

    • Claude Saint-Jarre - Abonné 14 juillet 2020 11 h 06

      Notre nation vient de la nation française. Connaissez-vous d'autres nations qui provienent d'une autre?

    • Jean-Charles Morin - Abonné 14 juillet 2020 17 h 46

      "Connaissez-vous d'autres nations qui proviennent d'une autre?" - Claude Saint-Jarre

      La nation anglaise a engendré les nations étasunienne, australienne et néo-zélandaise. La nation brésilienne est issue en bonne partie de la nation portugaise. La nation espagnole a transmis son héritage à la presque totalité des nations sud-américaines.

      Je continue?

  • Cyril Dionne - Abonné 14 juillet 2020 08 h 09

    La culture en mémoire

    Ah ! Bon. Je suis d’accord avec Mme Côté et non pas avec nos troubadours des chaires de recherches de l’UQAM. C’est justement le spectacle de musique en salle, vous savez, cette même expérience qui est au menu depuis au moins 50 ans, que les gens aiment. Le génie est toujours subtil et non pas tonitruant. Lorsqu’on va voir un spectacle, on n’y va pas pour la foule, mais pour l’artiste qui met son âme à nu en communiquant à travers son média, sa pensée et son être. L’art a été, est et sera toujours une forme de communication de mémoire. Tout le monde s’en fou de l’art pour l’art. Le contexte de la pandémie a tout simplement assassiné ce plaisir en présentiel.

    Personne ne se réinvente culturellement, avec ou sans pandémie; on veut tout simplement continuer de s’exprimer afin de gagner sa vie. C’est tout. Et c’est aux gens de décider s’ils veulent débourser une partie de leur salaire pour en faire partie en communion sociétale.

  • Robert Morin - Abonné 15 juillet 2020 06 h 18

    Avant moi, le déluge

    Comme vous le soulignez si bien, madame Côté (grand merci!), cette affirmation d'un enseignant de l'UQAM est TRÈS inquiétante eu égard à l'ignorance complète dont elle témoigne quant à l'Histoire de l'art. Mais dans ce même article du Devoir, il y avait aussi d'autres énoncés qui glacent le sang. Par exemple, le même enseignant de l'UQAM y va de cet éloge du narcissisme omniprésent chez les adeptes des réseaux sociaux : «Avant, c’est l’artiste qui se devait d’être singulier, mais aujourd’hui, le public aussi veut être singulier, unique. » ou encore, cet autre symptôme de son ignorance de l'Histoire du spectacle :«l’avenir des grands festivals est moins incertain que celui du spectacle en salle, une formule héritée du XIXe siècle, et s’étant peu mise à jour depuis.»
    L'auteur lui-même de l'article y va de sa propre remarque si typique de la mentalité individualiste et narcissique du bien paraître sur les réseaux sociaux : «Une expérience, après tout, n’en est pas une tant et aussi longtemps qu’elle ne nous a pas permis de récolter quelques likes sur Instagram.» C'est le monde à l'envers quand une «expérience», qui est par définition un contact avec la réalité, avec le monde réel, se résume à l'importance d'un like sur un réseau virtuel... Non mais ces nouveaux prophètes et apôtres de l'individualisme et du tout au numérique ne sont vraiment pas nés de la dernière pluie. Avant eux, le déluge et après eux... une autre sorte de déluge que je préfère ne pas imaginer!