Laïcité et invisibilité, un amalgame discriminant

Bien sûr, les tenants de la laïcité version loi 21 ne sont pas racistes. Cette conception de la laïcité remonte loin dans l’histoire des combats pour libérer l’État de la Religion, des religions, et c’est tant mieux que ce combat ait été gagné, au moins pour le moment. Et bien sûr, il faut être vigilant pour ne pas reculer là-dessus.

Cependant, il ne s’agit pas de confondre laïcité et invisibilité des religions. À mon sens, la séparation de l’Église et de l’État ne signifie pas la négation du religieux, elle porte sur le fait que l’État n’impose aucune religion et n’en réprime aucune. Mais qu’est-ce que cela signifie dans le quotidien ? Dans celui en parti-culier des employés des services publics, dont l’enseignement ? C’est précisément là que les conceptions de la laïcité divergent.

À mon sens, un État laïque n’enseigne pas une religion comme étant représentative de la Vérité, et il n’en dénigre pas une autre comme étant impie. Cela, nous l’avons vécu, je l’ai vécu dans mon enfance, et il ne s’agit surtout pas d’y retourner. Mais qu’un enseignant porte un vêtement correspondant à sa religion ne contrevient pas à la neutralité de l’État s’il enseigne sa matière sans prosélytisme.

Pour les jeunes qui le côtoient, il est l’image d’une autre manière d’être, au sein de notre globalité. N’est-ce pas ce que nous souhai-tons transmettre à nos jeunes ? Une société où tous et toutes ont leur place, dans leur intégrité propre, sans devoir se déguiser en autre chose que ce qu’ils sont ? N’est-ce pas là le fondement du respect de l’égalité de tous les citoyens et citoyennes, quelles que soient leurs croyances, ou incroyance ?

Mon fils a fait son secondaire dans une polyvalente où quelques professeurs portaient un vêtement pouvant les associer à une religion. Il a pu apprécier leur compétence, apprendre d’eux, et avoir sa pensée propre, quant à la religion comme aux autres aspects fondamentaux de la vie.

La loi 21 n’est certainement pas raciste. Cependant, elle discrimine dans les faits des enseignants compétents, et cela, c’est inacceptable.

 
 
86 commentaires
  • Michel Lebel - Abonné 13 juillet 2020 05 h 50

    Une question de génération et d'ouverture

    Bon texte. Mais bien des Québécois n'ont hélas pas réglé leurs comptes avec la religion; surtout les ''vieux''. Les '' jeunes'' semblent plus ouverts au fait religieux. Avec le temps...

    M.L.

    • André Chevalier - Abonné 13 juillet 2020 06 h 50

      Fermeture ou ouverture?
      Dans les années soixante,les communautés religieuses catholiques oeuvrant dans les services publics se sont départies de leurs attributs vestimentaires religieux dans un geste d'ouverture à l'égard de tous les citoyens sans distinction de croyances.
      Bizarrement, certains voient ce geste d'ouverture comme de la fermeture. La plupart de ceux qui défendent ce dernier point de vue, le font avec l'intention de faire l'étalage de leurs croyance avec l'appui de bien-pensants qui ignorent les leçons de l'histoire du Québec.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 13 juillet 2020 08 h 29

      @Lebel
      ... et, de toute évidence, vous faites partie de ces «vieux».

    • Michel Lebel - Abonné 13 juillet 2020 09 h 55

      @ Jean-Pierre Marcoux,

      Il y a des ''vieux'' qui sont vieux. Comme il y en a qui sont ''jeunes''; c'est l'âge du coeur qui compte! Le Christ est ainsi toujours jeune!

      M.L.

    • Fernand Lavigne - Abonné 13 juillet 2020 10 h 41

      @ M Marcoux
      Il y a malheureusement des jeunes qui sont déjà vieux jeu.
      Fernand Lavigne

    • Denis Drapeau - Abonné 13 juillet 2020 11 h 13

      Et si l'ouverture" des jeunes était simplement dû à leur ignorance des méfaits causés par les religions dans l'histoire, fort mal enseigné par ailleurs, et au bourrage de crane du jovialiste cour ECR. Hypothèse comme ça en passant.

    • Réal Boivin - Abonné 13 juillet 2020 11 h 34

      Les jeunes ne sont pas plus ouverts. Ils ont été endoctriné par le cool-aid muticuturaliste ''canadian'' et le cours ECR. Mais lorsque les religions voudront une jour régenter leurs vies, ils devront ,comme nous l'avons fait, se battre pour reconquérir leurs libertés perdues. Les jeunes sont tout simplement ignorants.

    • Raynald Goudreau - Abonné 13 juillet 2020 11 h 48

      Les jeunes ne savent pas ce que sont les religions .

    • Réal Boivin - Abonné 13 juillet 2020 13 h 01

      Vous avez raison M. Lebel, quelque chose qui n'existe pas ne peut pas vieillir.

    • Christian Roy - Abonné 13 juillet 2020 14 h 16

      @ M. Drapeau: au sujet de l'histoire et du cours ECR. Il s'agit bel et bien de votre "hypothèse"... que je qualifierais de gratuite à moins que vous soyez vous-même un prof d'histoire ou d'ECR complètement désabusé. En évoquant un "bourrage de crâne", vous dévoilez très clairement votre incompréhension de ces deux cours. Ëtre votre directeur, vous seriez mis à la porte ! Les élèves d'aujourd'hui sont encouragés à élaborer une réflexion personnelle qui ultimement en feront des citoyens responsables, respectueux et éveillés. Voilà le projet de l'école québécoise...

      @ M. Boivin, l'ignorance est ce qu'il faut combattre car elle est à la source des préjugés et de l'impulsion très humaine de projeter sur les autres ses propres expériences douloureuses. Je vous encourage à en apprendre plus sur le cours ECR. J'imagine que vous conviendrez avec moi que la réputation négative qu'on lui a faite n'était pas justifiée. Ce cours n'avait nullement la rage.

      @ M. Goudreau; vous avez raison. "Les jeunes ne savent pas ce que sont les religions." Voilà pourquoi un cours qui leur permet de développer leur culture religieuse est libérateur. La connaissance donne accès à un monde plus éclairé et moins belliqueux.

    • Réal Boivin - Abonné 14 juillet 2020 08 h 15

      M.Roy,
      Arrêtez de prendre les lecteurs du Devoir pour des imbéciles. Tout le monde qui connait le cours ECR sait qu'il a été mis en place pour apprendre aux enfants à accepter toutes les religions sans jamais pouvoir remettre en question les dogmes religieux. Ainsi, si un jeune questionnait une religion ou remettrait en question un dogme religieux, il serait déclassé et considéré comme avoir échoué le cours. Ce cours est l'anti école et est une honte au système d'éducation québécois.

      Et les religions ne sont jamais libératrices. Au contraire elles vous enferment dans des prisons idéologiques basées sur l'irréel.

    • Christian Roy - Abonné 14 juillet 2020 11 h 47

      @ M. Boivin,
      Vous avez droit à votre opinion. Elle est bienvenue et je vous remercie pour votre franchise appliquée sans gants blancs.

      Je ne sais d'où vous prenez des propos comme celui-ci: "si un jeune questionnait une religion ou remettrait en question un dogme religieux, il serait déclassé et considéré comme avoir échoué le cours." Pouvez-vous précisez ?

      Curieux que vous m'accusiez de "prendre les lecteurs du Devoir pour des imbéciles" alors que je présume du contraire en vous exprimant un point de vue basé sur ma connaissance directe de ce cours.

      Ce que les jeunes apprennaient dans le cadre du cours ECR était de formuler en public leur opinion personnelle suite à une démarche réflexive appuyée sur des faits vérifiés. Est-ce ce que vous contestez ?

      Un des objectifs du cours est de permettre aux jeunes de prendre conscience de leurs préjugés, notamment mais non exclusivement, sur le phénomène religieux dans a société. Pas évident, vous en conviendrez, mais est-ce que vous contestez ?

      Pour terminer, sachez que l'utilisation de l'expression "Tout le monde " que vous utilisez dans votre interpellation, est considérée comme un obstacle à une saine communication - par son absolutisme. C'est ce que les élèves apprennent en cours de route. Y voyez-vous une certaine utilité ?

      Je ne vous blâme pas, même le ministre Roberge n'y a rien compris. Comme vous le voyez, ça vient de haut !

      Mes salutations.

    • Claude Bariteau - Abonné 14 juillet 2020 12 h 15

      J'ai commenté le texte de Mme Marier le 13. Mon commentaire ayant disparu parce qu'il apparaissait sous le nom d'un dénommé Personne, un faux no. Je le réitère parce qu'il avait été bien reçu des lecteurs sur le WEB.

      « L'habit ne fait pas le moine, mais l'identifie. Qu'est alors un professeur habillé en moine ? Un moine ou un professeur ?

      L'auteure de cette lettre, Mme Marier, va plus loin : l'habit révélerait les vues canadiennes des vêtements des professeurs. Il en découlerait que la loi 21 irait à l'encontre d'une laïcité qui affirme que les professeurs sont avant tout des professeurs et, par respect des étudiants et des étudiantes, s'habillent en professeurs et non en moines.

      Se pose la question : que signifie s'habiller en professeur si ce n'est pas d'éviter de s'identifier à un statut autre que celui de professeur ? »

    • Réal Boivin - Abonné 14 juillet 2020 20 h 59

      M. Roy ,
      Pour faire court, vous dites que le ministre Roberge, lui-même enseignant, n'y comprend rien. Je dois donc conclure que vous êtes le seul à comprendre. ¨Vraiment?

  • Francois Ricard - Abonné 13 juillet 2020 07 h 01

    L'État n'a pas de religion.Aucune.

    Les fonctionnaires, aux yeux de la population, incranent l'État.
    La loi 21 ne veut nullement que les femmes enlèvent leur voile. La loi 21 veut que tout fonctionnaire n'arbore aucun signe religieux: voile, crucifix, turban, kippa, etc...Comme la réglementation empêche déjà lwes fonctionnaires d'arborer un signe politique quelconque.
    Il ne faut pas oublié qu'être fonctionnaire n'est pas un droit mais un privilège. Si une personne, pour des motifs religieux, ne veut pas se prévaloir de ce privilège, elle ne doit pas en blâmer la société mais bien plutôt sa religion qui lui impose cette obligation pieuse.

    • Christian Montmarquette - Abonné 13 juillet 2020 07 h 47

      @Francois Ricard,

      "Les fonctionnaires, aux yeux de la population, incarnent l'État." - Francois Ricard

      D'accord pour dire que les juges, la police, les procureurs etc, sont des représentants.tes de l'État.

      Mais foutre toute la fonction publique dans le même sac est carrément abusif.

      Les enseignants.tes, les médecins, les infirmières ne sont pas des "représentant de l'ÉTat. Ils ne sont que "employés.es" de l'État et des citoyens.nes qui devraient disposer des mêmes droits que les autres sans discrimination.

      La laïcité, c'est la séparation du pouvoir politique du pouvoir religieux et la neutralité de l'État face aux religions, justement dans le but d'une société qui n'exclue personne et surtout pas à l'emploi.

      La loi 21 n'est pas une loi de neutralité religieuse, mais une loi d'aversion envers les religions.

    • André Chevalier - Abonné 13 juillet 2020 09 h 43

      @Christian Montmarquette
      Ce que vous ne semblez pas comprendre, c'est que les services publics s'adressent à une clientèle captive.

      Les usagers de ces sevices n'ont pas le choix quant aux personnes qui leur fournissent ces services, contrairement à ce qu'on retriouve dans les services privés. Les usagers ont un droit strict à ne pas être exposés à l'exhibitionismes des zélotes partisans des différentes croyances, idéologies, clubs sportifs, partis politiques ou fantaisies quelconques.

    • Cyril Dionne - Abonné 13 juillet 2020 10 h 46

      Vous avez bien raison M. Chevalier. Les services publics s'adressent à une clientèle captive payés à même nos impôts. Idem pour les écoles publiques. Ce ne sont pas les parents qui choisissent l’enseignant.e, mais bien les responsables scolaires. Et si je me fie à mon expérience personnelle en tant qu’enseignant de plus de 25 ans, ceux qui ont fait le choix conscient d’envoyer leurs enfants dans une école publique, ne veulent pas de religion où les gens étalent leurs convictions et croyance personnelle de façon ostentatoire. De la même façon qu’ils ne voudraient pas que l’enseignant.e s’habille d’une facon « Punk » même si ces derniers ont des convictions sincères. Idem pour une enseignante avec une jupe très courte. Sinon, les plaintes s’accumuleront très rapidement.

    • Christian Roy - Abonné 13 juillet 2020 10 h 50

      @ M. Chevalier,

      Le "droit strict" dont vous parlez sent à plein nez l'intolérance et le mépris...

      Triste et incompatible avec le respect des droits fondamentaux de la personne, enfin ici, au Québec que j'anticipe.

    • Francois Ricard - Abonné 13 juillet 2020 10 h 52

      @ M. Montmarquette,
      Un "simple employé", qu'il travaille pour l'État ou pour une entreprise privée, représente son employeur aux yeux du client.
      Quand je négocie un meilleur prix ou un meilleur accès à l'internet avec un employé de Bell Canada, cet employé représente Bell Canada à mes yeux.Et je suis sûr que Bell Canada lui rappelle cette responsabilité fréquemment.
      De même le conseiller-commis chez Rona qui me recommande tel ou tel autre matériau représente et engage, à mes yeux, l'entreprise Rona.Et Rona répond de ses employés.
      Comme tout fonctionnaire, "simple employé", aux yeux du peuple client, représente l'État.Le commis à la SAQ qui me conseille en vin est un représentant de l'État.Le commis qui renouvelle ma carte d'assurance-maladie à la SAAQ représente à mes yeux et aux yeux de tous les usagers l'État québécois.
      Vous demandez souvent à l'État de faire des "accommodements". Pourquoi ne demandez-vous pas plutôt aux religions de faire des accommodements? Ce serait beaucoup plus simple et, surtout, juste pour tout le monde.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 13 juillet 2020 11 h 02

      L’État n’a pas de religion, est neutre et sans parti pris pour aucune.
      Est-ce le cas pour l’ensemble des institutions étatiques qui relèvent de l’administration publique québécoise (retenons que nous ne formons pas un État indépendant)? De plus. est-ce que l’ensemble et chacune de « nos » institutions sont « neutres » et sans parti pris à l’égard de nos racines sociales et profondes avec les religions chrétiennes?

      La réponse est NON! Ce n’est pas avec et à cause de la disparition des soutanes et des voiles dans les écoles publiques et les hôpitaux que l’administration publique et ses institutions se sont « séparés » des religions chrétiennes! Cette séparation s’est s’est faite d’abord et avant tout par la « prise en charge » par l’État des institutions qui gèrent le bien commun. s’appuyant sur des principes du droit à l’égalité et à la justice pour tous et chacun.

      Or. l’administration publique québécoise a-t-elle « achevé » ce processus de « prise en charge » des institutions « éducatives » de la petite enfance jusqu’à l’université. Non. Les institutions chrétiennes dans grands nombres de ces institutions en assument la gestion et elles reçoivent des subventions étatiques. La neutralité étatique québécoise est d’abord et avant tout une catho-laïcité inachevée.

      Les sociologues et les anthropologues pourraient pousser leurs recherches. Ils nous feraient peut-être mieux comprendre que nos dernières chicanes sur les « symboles », plus que tout, indiquent le « blocage » sociétal et politique pour laïciser l’État, de la faire avancer sur des principes de droits, d’égalité et de justice.

    • Nadia Alexan - Abonnée 13 juillet 2020 13 h 15

      À monsieur Monmarquette:
      Depuis longtemps, et même avant la loi 21, les fonctionnaires et les enseignantes qui servent le public n'avaient pas le droit de porter ni des signes religieux ni des signes politiques. L'on n’a pas besoin de connaitre la religion ou l'affiliation politique de la personne qui dispense un service public. L'on n’a pas besoin de prendre le public en otage à ses croyances personnelles.
      L’étalage de ses croyances religieuses constitue une entrave à la neutralité de l'État. La religion se pratique en privé.

    • André Chevalier - Abonné 13 juillet 2020 13 h 24

      @ Christian Roy
      Je suis intolérant face à l'intransigeance des croyants ou partisans de toute nature qui tiennent à afficher leur appartenance à des groupes, croyances ou options particulières.
      On ne tolère pas l'affichage de l'appartenance à un parti politique ou un syndicat dans les services publics. Pourquoi devrait-on y accepter l'affichage de croyances religieuses?

    • Nadia Alexan - Abonnée 13 juillet 2020 17 h 20

      Pour l'amour du ciel. L'on a enlevé le crucifix de chaque classe et l'on a interdit l'enseignement du catéchisme et l'on a déconfessionnalisé les écoles justement pour accommoder les nouveaux venus avec leurs diverses religions. Ne peuvent-ils pas faire leur part d'accommodement et d'intégration au pays qui les a accueillis pour le bien-vivre ensemble?

    • Daphnee Geoffrion - Abonnée 13 juillet 2020 18 h 07

      Au Qs
      Constamment venir à la défense d'organisation mondiale mysogine et homophobe est le contraire de ce qu'on s'attend d'un parti de gauche.

      Affirmez que vous ne faites pas le lien entre signe religieux et influence religieuse vous fait paraître vraiment innocent.

      Votre hypothétique programme pourrait être intéressant mais certainement pas mis en œuvre par des gens soit vraiment naïfs ou vraiment opportunistes.

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 juillet 2020 07 h 18

      @Francois Ricard,

      "Un "simple employé", qu'il travaille pour l'État ou pour une entreprise privée, représente son employeur aux yeux du client." - Francois Ricard

      Allez donc jusqu'au bout de votre pensée et foutez à la porte de toute la fonction publique, et pourquoi pas, de toutes les entreprises privées, tous ceux et celles qui portent un signe religieux. Soit, tous les médecins, tous les chirurgiens, toutes les infirmières, toutes les éducatrices des CPE, toutes les infirmières auxiliaires et les employés à l'entretient des CHSLD, tous les travailleurs de la voirie, tous les fonctionnaires du fisc et j'en passe.. Et il ne vous restera plus grand monde pour travailler au Québec.

      Y'a toujours bien des maudites limites à discriminer et à ostraciser des travailleurs essentiels parfaitement compétents pour souscrire à votre idéologie laïciste et à votre intégrisme anti-religieux.

  • Michèle Sirois - Abonnée 13 juillet 2020 07 h 04

    Ne pas confondre neutralité et laïcité

    Ce dont Mme Marier parle c'est de neutralité de l'État: celui-ci ne prend pas position ni en faveur, ni contre une religion. ainsi, tous les citoyens sont traités également. Quant à la laïcité, celle-ci dépasse la notion de la simple neutralité et repose sur 3 principes:
    1) La liberté de conscience : la laïcité protège la liberté de croire ou de ne pas croire; la liberté de pratiquer la religion de son choix, ou de n’en pratiquer aucune. Alors que la Commission des droits de la personne affirme que les enfants constituent une clientèle captive et vulnérable, comment protéger la liberté de conscience des enfants si la personne qui enseigne porte un signe religieux qui lui transmet un message et fait du prosélytisme silencieux ?
    2) L’égalité des citoyens : tous les citoyens, femmes et hommes, et de quelque conviction spirituelle que ce soit, sont égaux en droit; la laïcité stipule qu’aucun privilège n’est accordé à qui que ce soit pour des motifs religieux ou communautaristes.C'est ce que fait la loi 21 sur la laïcité de l'État: tous les employés en autorité sont priés de laisser leurs signes religieux tout comme leurs convictions politiques au vestiaire, le temps de leurs heures de travail.
    3) L’universalité de la sphère publique : la laïcité implique que tous les citoyens partagent un «bien commun», à savoir les mêmes lois, les mêmes droits et les mêmes institutions publiques. C'est très important pour assurer la cohésion sociale et la paix entre tous les citoyens.
    La laïcité est un principe d'organisation de la sociétéquit n'a rien à voir avec la compétence des personnes qui enseignent, sont juges ou policiers, ou gardiens de prison. La loi 21 est une loi très modérée qui s'inscrit dans l'histoire du Québec et qui aurait dû depuis longtemps officialiser la laïcité de l'État.

    • Fernand Lavigne - Abonné 13 juillet 2020 10 h 46

      Le fait q’on qualifié la loi 21 de MODÉRÉE, c’est qu’il y a un problème avec cette loi.
      De plus les employeurs de l’État ne sont l’État, tel la législature.
      Fernand Lavigne

    • Christian Roy - Abonné 13 juillet 2020 11 h 59

      @ Mme Sirois,
      Vous écrivez: "comment protéger la liberté de conscience des enfants si la personne qui enseigne porte un signe religieux qui lui transmet un message et fait du prosélytisme silencieux ?"

      Reste à prouver hors de tout doute raisonnable que le "prosélytisme silencieux" allégué ait un effet quelconque. Le texte de Mme Marier témoigne d'un effet bénéfique que je qualifierais d'ouverture d'esprit chez son fils. Est-ce le cas pour tous les jeunes ? Disons qu’un cadre de laïcité ouverte dans le milieu scolaire donne une chance aux coureurs et dégonfle le psychodrame laïciste.

      Les défenseurs de la loi 21 ont pour biais que la religion est en soi un objet dont il faut se méfier. La CAQ a entériné ce préjugé. L'État a pris dès lors parti. Il a perdu sa neutralité. Il est passé de laïque à laïciste. Les enseignants sont devenus des clercs alors qu'ils ne l'étaient pas auparavant.

      La raison ? Je rappelle à votre mémoire ce que le premier ministre François Legault a plaidé en entrevue à l’émission « La Joute », du 3 février 2019 (LCN) que la loi qu'il voulait alors faire adopté permettrait de lutter contre le racisme et l’extrémisme dans la province: « Au Québec, disait-il, il y a des gens qui sont racistes et qui souhaiteraient, par exemple, qu’une personne ne puisse pas porter un signe religieux dans la rue. Si on leur dit : à partir de maintenant on a posé un geste. Les personnes qui sont en autorité, incluant les enseignants, ne peuvent plus porter de signes religieux. C’est comme si on venait définir un carré de sable. »

      En bon pragmatique et « deal maker », M. Legault désirait calmer certains grognons...et éviter les dérapages. Constatons, dès le départ, que l’amalgame entre racisme et loi 21 venait de haut.

      C’est probablement pourquoi le débat autour de cette question épineuse est encore (et oui !) d’actualité.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 13 juillet 2020 15 h 10

      « La laïcité est un principe d'organisation de la sociétéquit n'a rien à voir avec la compétence des personnes qui enseignent...... »(Michelle Sirois)

      Hum... Avec un tel principe « organisateur » de la société qui relativise la « compétence » pour prioriser en «apparence la laïcité» des enseignants, des juges, des policiers, des administrateurs des prisons, des gardes forestiers etc!!! Est-ce vraiment rassurant???

      Il est naïf de croire que celui qui porte une chemise blanche, un veston et une cravate offre la meilleure garanti pour un employeur ou un client d’être un homme honorable, un politicien ou un homme d’affaire compétent et honnête? L’absence de « signes religieux » ou le port de « signes religieux » n’offrent aucune garanti concernant la « compétence » ni du juge, du policier, des agents de l’État en position d’autorité et, comme le stipule la loi 21 chez les enseignants.

      Or, pour désigner et nommer les juges, les agents de l’État en position d’autorité, CE N’EST PAS le principe de laïcité qui prédomine! Mais plutôt divers critères, notamment les années d’expérience, la compétence juridique et administrative. Quant aux « apparences » vestimentaires, déjà bien avant la loi 21, l’usage et protocoles exigent de porter les « signes » distinctifs qui marquent leur « autorité »,

      Quant aux enseignants. Tout d’abord, il est faux de dire qu’ils et elles sont des « fonctionnaires », moins encore des « agents » de l’État, en raison du fait qu’ils ou elles travaillent dans des écoles publiques. Leurs compétences sont comparables à celles des enseignants qui travaillent dans des écoles privées. Contrairement au rôle du policier, du juge ou de l’administrateur, la fonction de l’enseignant (au public ou au privé) la tâche de l’enseignant NE CONSISTE PAS à affirmer son « savoir » au nom de l’État. C’est la « compétence » d’enseigner qui fait de lui ou elle un ou une éducatrice. C’est un préjugé de croire que « l’apparence » vestimentaire joue un rôle déterminant.

    • Marc Therrien - Abonné 13 juillet 2020 17 h 20

      Bien sûr qu’il ne faut pas confondre la neutralité religieuse et la laïcité voulant aussi dire qu’il ne faut pas réduire la laïcité à la neutralité religieuse. La neutralité religieuse est incluse dans la définition de la laïcité. À la lecture des 3 autres principes ou éléments de définition que vous y ajoutez, on constate encore une fois que le Canada et le Québec s’entendent sur les mêmes valeurs pour former le socle de la démocratie dans une société de plus en plus diversifiée, multiethnique et multiconfessionnelle, mais se distinguent justement dans leur application de la neutralité religieuse de l’État. La neutralité à la québécoise neutralise en interdisant l’expression de toutes les religions alors que la neutralité à la canadienne ne se mêle pas d’intervenir dans cette question et permet l’expression de toutes les religions. Comme le terme laïcité semble réservé à la langue française et que sa traduction est peu utilisée en langue anglaise parce qu’on lui préfère le terme « séculier », les deux cultures peuvent donc parler de la même chose, mais dans des mots différents pour se distinguer; on s’entend sur le fond, mais on diverge sur la forme ou la manière.

      Marc Therrien

  • Nicole Ouellette - Inscrite 13 juillet 2020 08 h 00

    la laïcité

    Bonjour, je me demande si pour les enseignants, s'il s'agit seulement de vêtement, car je peux affirmer que dans plusieurs cas, je ne dis pas tous, plusieurs essaient aussi d'influencer les enfants, ou les jeunes. Et c'est là que je ne suis pas d'accord. Ensuite si nous allons dans leurs pays pourrions-nous faire comme on veut ou se soumettre au règle de la société ou nous avons décidé de vivre. Je pense que l'inclusion va des deux côtés. Je suis heureuse que ces personnes qui n'étaient pas bien dans leur pays d'origine aient trouvé ici une terre d'acceuil. Et je leurs souhaite d'y trouver le bonheur et de s'acclimater à nous aussi comme nous le faisons pour eux. J'aime et j'apprécie la diversité comme une richesse pour nous, mais j'aime aussi mon pays et désire continuer à y vivre en conservant certaines coutumes ou traditions et que nos enfants puissent continuer à grandir avec nos valeurs. Leurs donner en héritage notre patrimoine, Est-ce normal qu'il ne sache rien de notre histoire et qu'ils soient plus au courant des coutumes des autres nations. Je me pose seulement des questions? Et je ne voit rien d'haineux dans mes propos que je veux respectueux pour tous.

    • Francois Ricard - Abonné 13 juillet 2020 11 h 01

      Votre propos prône aux immigrés l'assimilisation, qui doit prendre comme la greffe d’une branche, tout simplement. En se nourrissant de la sève de ses nouvelles racines auxquelles la branche sera définitivement liée.Une véritable intégration à la nation québécoise.Approche totalement opposée à l'idéologie multiculturaliste.

    • Christian Roy - Abonné 13 juillet 2020 14 h 36

      @ Mme Ouellette,

      "Est-ce normal qu'il ne sache rien de notre histoire et qu'ils soient plus au courant des coutumes des autres nations."

      J'aimerais vous rassurer. L'école québécoise donne l'importance qu'il se doit à l'histoire. Les valeurs prônées et mises en application sont celles qui fondent notre État démocratique et respectueux des droits et libertés de la personne. L’ouverture à la réalité plurielle et à la dimension pluraliste fait la force de la laïcité ouverte, actuellement mise sur la touche avec l'application de la loi 21. Les démocraties libérales inscrivent notamment le pluralisme comme un droit fondamental à protéger et à exercer. La recherche d’harmonisation par un dialogue respectueux et la transmission d’informations précises et vérifiées l’est tout également. Cela est du ressort de l'école (et du milieu social) de développer chez les jeunes ce type d'attitudes.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 13 juillet 2020 18 h 55

      Monsieur Ricard.
      Vous proposez « l’assimilation » comme méthode du « vivre ensemble »! Comme s’il y avait une tige maîtresse un « tronc » ou une « souche » ethnocentrique-culturelle où les autres « ethnies et leurs particularités culturelles devraient se perdre en s’assimilant au tronc principal!

      Malheureusement le modèle que vous projetez, lorsqu’il fut appliqué, a produit des torts irréparables. En effet, mettant les pieds en Amérique, les Français et les Anglais y vinrent pour coloniser: prendre contrôle sur les sources de richesses pour le commerce et au nom de la civilisation chrétienne la colonisation a développé une politique « d’acculturation » chez les peuples autochtones: mode de vie, croyances et langue.
      Les colonies francophones ont survécus et se sont enrichis d’un nombre incalculable du savoir faire et des connaissances des peuples autochtones. Par contre, les politiques « assimilatrices » des colonisateurs a eu l’effet contraire chez les authoctones. De maître de ce territoire qu’ils étaient, les autochtones sont enclavés dans des réserves. De nations qui gèraient leurs échanges et leurs cultures, sont devenus dépendants d’un État paternaliste qui les traite comme des minorités marginalisés.

      C’est une chose que de critiquer le multiculturalisme et les ghettos qu’on y associe! Mais là encore, les ghettos décriés, jusqu’à quel point sont-ils le produit de « cultures » et de « langues «  différentes? Pour ma part, il me semble que les limites provenant de la discrimination à l’emploi et les difficultés linguistiques (pour la 1ière gen des arrivants) sont le principaux facteurs de la formation de ghettos. Évidemment, si certaines ethnies subissent du harcellement en raison de traits physiques ou d’accents dans la langue, s’ajoutent des facteurs poussant au communautarisme et même à des ghettos.

      La réponse politique à ces problèmes n’est ni le multiculturalisme mais pas non plus unu politique «d’assimilation culturelle »!

    • Francois Ricard - Abonné 14 juillet 2020 17 h 10

      @M. Roy,
      Vous fourez dans le même sac la colonisation britannique et la colonisation française.Deux approches diamétralement opposées.
      De tous les Européens ,les Français ont été les seuls à respecter le droit international du temps à l’endroit des Indiens, c. à d. les seuls à n’avoir jamais cherché à les asservir et à les exterminer. Ils ont préféré négocier des traités et signer des ententes.
      Les colonisateurs espagnols et anglo-saxons ont chercher à asservir et exterminer les Autochtones.L’arrivée des colons britanniques fut pour les indigènes de la Nouvelle-Zélande, de l’Australie, de la Tasmanie, de l’Amérique du nord une effroyable catastrophe.
      Petit Cerf, chef des Winnebago prononça un discours remarquable lors du traité du 29 juillet 1828, il rappela combien le souvenir de la France leur était encore cher en faisant contraster sa conduite à leur égard avec les procédés arbitraires de ces nouveaux USA. Il protesta contre les empiètements qui les obligeaient à céder leurs territoires « Le premier homme blanc que nous connûmes était un Français. Il vécut au milieu de nous, fuma la pipe avec nous, épousa une de nos femmes mais jamais il ne nous demanda de prendre nos terres et de nous en aller. L’habit rouge vint ensuite, rapidement suivi par l’habit bleu états-unien, à peine avaient-ils parcouru une partie de notre pays qu’ils décidèrent que tout le reste leur appartenait »

  • Jean-François Trottier - Abonné 13 juillet 2020 08 h 26

    Encore faudrait-il connaître les religions un minimum... (1)

    L'idée du monothéisme, née séparément en Inde et en Égypte, dit bien nettement que tout dans l'univers passe par un Dieu, et qu'en tout on doit le servir.

    C'est exactement ce que Jésus a voulu différencier en disant "Rends à César ce qui est à César"... mais depuis quand le christianisme se fierait à Jésus? En fait il n'y a pas plus tordu que le rapport entre la parole de Jésus et les enseignements des Églises chrétiennes.
    J'ai des exemples à la tonne, une preuve écrasante, mais ce n'est pas le lieu ici.
    Ceci dit, les chrétiens qui croient en Jésus devraient appuyer la loi 21 pour cette raison. Les musulmans tiennent Jésus comme un homme très important, un puissant penseur prédécesseur du Prophète.

    Je reviens à l'analyse des monothéismes.
    Ce sont des idéologies, impossible de le nier.
    Ces idéologies rapportent tout, absolument tout, à une seule raison. Or le personnage qui posséderait cette "raison" n'a jamais été membre de l'une de ces religions. Ce sont donc bien des organisations humaines, dirigées par des humains qui parlent au nom de cette raison unique.
    Par leur organisation, tous les monothéismes sont anti-démocratique.
    En théorie, mais il y a des millions de cas pratiques, un pratiquant doit accepter de sacrifier sa vie pour voir sa religion prévaloir à tout point de vue.
    Je ne vois pas comment on peut avoir le front, comment on peut être suffisamment odieux, ignorant ou stupide pour ne pas reconnaître que tous les monothéismes sont des idéologies absolutistes et par essence politiques.
    Au même titre que toutes les tyrannies.

    La difficulté ici est de vivre dans un monde anglo-saxon où la collusion entre l'Église Anglicane et l'État est totale : jamais l'Église Anglicane ne s'est opposée au moindre règlement d'un État, ce qui devrait être impossible quand on y pense un minimum. Un tout petit minimum.

    • Gilles Théberge - Abonné 13 juillet 2020 10 h 22

      Ce ne sont que des croyances monsieur Trottier !

    • Jean-François Trottier - Abonné 13 juillet 2020 12 h 37

      M. Théberge,
      une religion n'est pas une croyance, ni un ensemble de croyance. C'est une réalité, une idéologie selon laquelle il existe une Grande Idée, quelle qu'elle soit. Revoyez-en la définition au besoin.

      Une personne peut être croyante, rien ne l'oblige à participer des mêmes croyances que d'autres. Quand plusieurs personnes le font, et se créent un enseble de gestes, rites et coutumes qui leurs sont propres, ben... c'est ça une religion. Pas une croyance. Des gens dont certains décident pour les autres jusqu'au droit de vie, de mort et de souffrance. La très sainte mère Térésa refusait de donner certains calmants à ses patients parce que la douleur est une expérience qui hausse l'âme vers Dieu. Au XXème siècle, oui oui.
      Au nombres de Saints Martyrs que le Québec avait en dévotion autrefois, vous devriez le savoir.

      "Que" des croyances... Mais où êtes-vous allez pêcher une idiotie pareille?

      Dnas les années soixante j'ai vu des pères, défroqués par la suite, sacrer littéralement contre la "maudite Église qui scrape des vies". Quand on fait ça au nom de DIeu, on est extrémiste. Pour le christianisme, ça fait depuis Constantin que ça dure! Dites-le sur le ton que vous voulez, une pensée absolutiste ne peut mener qu'à des abus du point de vue humaniste.

    • Christian Montmarquette - Abonné 14 juillet 2020 08 h 05

      Tous les monothéismes sont anti-démocratique - Jean-François Trottier

      Démocratie chrétienne:

      La démocratie chrétienne est un courant de pensée politique et religieuse qui s'exprime en Europe à partir de la fin du xixe siècle. La démocratie chrétienne cherche à promouvoir, au sein d’une société démocratique et pluraliste, les valeurs véhiculées par l’Église : La liberté, le respect de l'être humain, les droits de l'homme, la fraternité, l'aide aux plus démunis. Concrètement, les démocrates-chrétiens placent l'être humain au centre des préoccupations et considèrent que l’État doit conserver un pouvoir d'intervention dans la société, notamment dans l'économie.

      Une « deuxième démocratie chrétienne » voit le jour à la fin du xixe siècle. L'encyclique du 15 mai 1891 reconnaît la misère ouvrière, tout en rejetant les mouvements nationalistes et socialistes et invite les catholiques à investir l'action sociale. Cette encyclique est habituellement considérée comme l'un des fondements de la doctrine sociale de l'Église catholique.

      Des partis politiques d'inspiration démocrate-chrétienne voient également le jour. Ainsi, une «Union Démocratique Chrétienne » apparaît en Belgique en 1892. En 1894, l'abbé Adolf Daens, représentant le «Christene Volkspartij», est élu au parlement belge.

      À l'approche de la Seconde Guerre mondiale, les militants démocrates-chrétiens des différents pays européens se retrouveront dans leur refus des totalitarismes menaçants à cette époque. Au sortir de la Seconde Guerre mondiale, la conception démocratique du pouvoir politique n'est plus guère contestée au sein de l'Église catholique.

      En France, la droite conservatrice et une partie de l'épiscopat sont discrédités. On assiste à la création d'un parti d'inspiration démocrate-chrétienne : ce sera le Mouvement républicain populaire. Dès 1946, ce parti devient le premier de France. Il connaîtra d'importants succès électoraux.

      https://fr.wikipedia.org/wiki/D%C3%A9mocratie_chr%C3%A9tienne