Les anti-masques en portent un devant leurs yeux

Si le masque est devenu un marqueur idéologique qui divise la société américaine, qu’en est-il de la situation québécoise ? L’aveuglement volontaire qui caractérise une partie de la population en ce domaine reflète-t-il une position doctrinaire ou constitue-t-il plutôt une marque de laisser-aller, à la suite de ces mois de confinement ?

Lorsqu’on regarde autour de nous, que ce soit dans les sphères publique ou privée, on constate un haut degré de relâchement des normes sanitaires de la part de certain.e.s, particulièrement dans le groupe des 18-35 ans. Que ce soit par mimétisme de nos voisins du Sud ou par négligence laxiste, ces égarements portent en eux le germe d’un retour possible d’une deuxième vague qui pourrait être pire que la première, car elle toucherait tous les groupes d’âge et aurait un impact certain sur le nombre élevé de lits d’hôpitaux occupés par d’éventuels malades de la COVID-19.

Ces comportements délinquants sont révélateurs d’une certaine affirmation d’une liberté retrouvée, remplie d’insouciance et de déni ; cette liberté individuelle faisant fi des contraintes imposées par la Santé publique pour protéger l’ensemble de la population, particulièrement les plus vulnérables. Le port du masque ne relève-t-il pas d’un souci altruiste et communautaire pour ne pas propager le virus ? À cet égard, l’attitude désinvolte d’un grand nombre d’individus qui refusent de porter le couvre-visage en dit long sur leur degré d’insensibilité envers autrui. En ce sens, ces négationnistes ne sont-ils pas en train de nous embarquer collectivement dans un désastre appréhendé ?

Il est plus que temps que ces individualistes patentés retirent le masque devant leurs yeux pour mieux voir la réalité autour d’eux et acceptent de le porter sur le nez et la bouche, conformément aux prescriptions de la Santé publique.


 
14 commentaires
  • Yvon Montoya - Inscrit 8 juillet 2020 06 h 06

    Il faudrait laisser la liberté et l’individu hors de cette problématique du masque. Il vous faudrait parler d'aliénations dans un monde globalisé et synchronisé où agissent des consommateurs aliénés et ignorants. L’égoïsme n'a rien a voir sauf si vous supposez que tous ces inconscients savent ce qu’ils font alors que c’est tout le contraire si vous leur posez quelques questions simplistes. L’ignorance et l'aliénation dans ce cas d'espèce pour des millions de consommateurs n’est qu’une problématique concernant les masses non les individus. L’individu n’est rien a cote des masses. D’ailleurs depuis la globalisation, le monde ultra mercantile dans lequel nous vivons, des sociologues allemands parlent plutôt de « « multividu » que d’individu. Même le prêt-a-se révolter ou son contraire sont des phénomènes de masse et de consommation. Surtout qu’on ne touche pas la liberté et l’individu issus de grandes luttes depuis des siècles comme cause de ce chaos societal. Personnellement je porte le masque a toutes occasions sauf chez nous. Merci.

    • Cyril Dionne - Abonné 8 juillet 2020 09 h 01

      En parlant d'égoïsme et d'insouciance, que penser de tous ces dizaines de milliers d'inconscients qui ont manifesté à deux reprises à Montréal pour une cause qui venait d'un pays étranger? Pourquoi ceux-ci n'ont pas été et ne sont pas sanctionnés? N'est-ce pas qu'ils entrent dans le prêt-a-se révolter ou son contraire comme phénomènes de masse pour nos rebelles sans cause?

    • Françoise Labelle - Abonnée 8 juillet 2020 09 h 22

      À Québec, je porte le masque dans les endroits exigus (épicerie, pharmacie, etc.). Même si le virus semble sous contrôle ici, c'est une question d'habitude à prendre pour l'avenir. L'égoïsme, c'est aussi croire que ça n'arrive qu'aux autres, qu'on est des importants (VIP) au-dessus de lois.

      Du strict point de vue scientifique, on peut se demander quel est le modèle de transmission asymptomatique. On peut être asymptomatique ou pré-symptomatique mais comment transmet-on le virus si la distanciation et le lavage de mains sont respectés? La toux et les éternuements sont des symptomes. En ce qui concerne l'estimation de son importance dans la transmission, il semble que les données varient de 0% à 44%. En attendant les certitudes, le principe de précaution est toujours valide.

      À propos des détails précis du modèle de transmission asymptomatique ou pré-symptomatique, on ne sait pas exactement:
      «Le mystère de la transmission asymptomatique», La Presse, 13 juin
      [Institut de la statistique, 20 mai] https://www.inspq.qc.ca/publications/2989-asymptomatique-transmission-covid19
      Le masque est une mesure valide quand la distanciation et le savon ne sont pas envisageables:
      https://www.albertahealthservices.ca/assets/info/ppih/if-ppih-covid-19-rapid-response-asymptomatic-transmission.pdf

  • Réal Gingras - Inscrit 8 juillet 2020 08 h 19

    Le libre arbitre

    Ce n'est pas à Neuville qu'on risque d'attraper quelque chose. En revanche , il est normal de se protéger lorsqu'il y a promiscuité et que nous sommes confrontés à un grand groupe; dans le métro, dans certaines grandes surfaces, éventuellement dans les avions. C'est déjà le cas. Plus il y a d'espace, moins il y a de risque.
    Ce n'est certainement pas dans un sentier des Chic-Chocs que votre masque sera utile ou encore sur la route de Natashquan. Nous n'allons quand même maintenitr ce niveau de paranoïa ad vitam æternam. À part Montréal, Québec et dans certains autres lieux , nous pouvons de temps en temps être tassés comme des sardines. Il ne s'agit pas d'individualisme mais de libre arbitre, d'agir en bon père de famille.
    Ne vous inquiètez pas monsieur Perron, à Neuville la réalité autour de vous ne vous impose pas de porter un masque sanitaire et même ici à Montréal dans la majorité des lieux. Nous ne sommes pas à Hong-Kong.

  • Cyril Dionne - Abonné 8 juillet 2020 08 h 42

    Les masques et les anti-masques

    Bon. Il faut le dire, le virus, le SARS-CoV-2, se répand par voie aérosol et cela a été confirmé plusieurs fois par des recherches intensives qui ont subi le test des pairs. Ils ont mis en évidence que des particules virales étaient aussi présentes dans des gouttelettes microscopiques (moins de 5 microns de diamètre) dans l’air expiré par une personne infectée. Le coronavirus peut se propager dans l’air bien au-delà de deux mètres et à recommander, par conséquent, une ventilation vigoureuse des espaces publics intérieurs.

    Ce qui veut dire que la masque maison n’empêche pas les particules virales de se répandre dans l’air même si la personne en porte un. Et ceux qui portent un masque ne sont pas à l’abris de la contagion avec un masque maison sachant fort bien que ceux-ci souvent, ne sont pas bien ajustés et que les yeux, une source de contamination importante, ne sont pas protégés. Même les masques du type N95 ont des limites sérieuses de filtrage aux gouttelettes microscopiques de moins de 5 microns. Et on ne parlera même pas de la contagion par le toucher.

    Ceci dit, on sait bien que les jeunes se foutent bien de ce virus parce qu’ils l’apparentent aux plus vieux. Alors, ils se croient invincibles face à notre coronavirus. En fait de solidarité sociale envers ceux qui sont plus aptes en être malade et ou d’en mourir, ils s’en fichent bien parce qu’ils revendiquent leurs droits inaliénables d’avoir du plaisir dans la vie. Vous avez vu les covidiots des chutes Rawdon, des îles de Boucherville et d’un bar à Montréal? On a vu le même phénomène sur les plages floridiennes et californiennes.

    Tout cela pour dire que seulement la distanciation physique fonctionne dans ce type d’épidémie sans vaccin. Et le gouvernement du Québec est responsable d’avoir minimisé l’effet de ce virus et ordonnant un déconfinement beaucoup trop rapidement. Et pensez-vous pour un instant qu’un jeune en état d’ébriété dans un bar va respecter la distanciation sociale?

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 juillet 2020 15 h 00

      "Ils ont mis en évidence que des particules virales étaient aussi présentes dans des gouttelettes microscopiques (moins de 5 microns de diamètre)" - Cyril Dionne

      La logique Cyril Dionne.

      La Covid peut se transmettre par aérosol de moins de 5 microns de diamètre.

      Donc, les masques artisanaux et les masques de procédure ne servent à rien.

      Ne portons pas de couvre-visage en public et augmentons nos chances de contracter la maladie par les goutelettes des postillons.

    • Christian Roy - Abonné 9 juillet 2020 22 h 01

      Un masque imbibé de Lysol... peut-il être plus sécuritaire ?

      Partis comme ça, nous serons tous bientôt obligés d'apprendre le langage des signes... et les super-transmetteurs devront cesser de respirer dans les espaces clos et bondés...

      Faudra faire la lumière UV sur cette question et notre gouvernement devra être créatif.

  • Claude Gélinas - Abonné 8 juillet 2020 09 h 57

    Un révélateur d'un individualisme galopant ?

    Comment expliquer autrement par l'égoïsme de certains ce manque de civilité face à la propagation de la pandémie. Refuser de se protéger tout en protégeant les autres est-ce trop demander pour vivre en société et éviter un second confinement ?

    Fait étonnant : même si dans des grandes surfaces comme Costco le masque est distribué gratuitement à l'entrée l'on refuse de le porter. Et par la suite, face à ce refus délibéré de porter le masque, l'on se plaindra des restrictions imposées.

  • Bruno Charette - Abonné 8 juillet 2020 12 h 07

    Ne pas porter de masque est rationnel

    Vous êtes prétentieux. Je comprends les gens qui ne portent pas de masque. Voici quelques raisons :
    1. Montréal impose obligatoirement le masque, refusant de suivre la santé publique.
    2. Montréal multiplie les corridors sanitaires, même dans les rues résidentielles, prétextant les recommandations de la santé publique, afin que les gens ne contractent pas la covid. Cette mesure ne repose sur aucune science, car la covid ne s’attrape pas en marchant dans une rue résidentielle. Belle récupération politique. En plus de gouverner avec la peur.
    3. Les autorités et les experts ont fait une excellente job pour nous convaincre de ne pas porter de masque avant le 6 avril.
    4. Legault prétend que porter un masque est un signe de respect (comme s’il avait cette autorité), alors qu’il vient de passer une loi pour qu’on donne et reçoive les services publics à visage découvert.
    5. Les autorités disent que le masque n’est pas pour se protéger, mais pour protéger les autres. Belle contradiction. De plus, tous les arguments d’avant le 6 avril étaient à l’effet que ceux qui portaient le masque allaient se contaminer eux-mêmes. Un fou dans une poche!
    6. Les autorités disent que le masque ne remplace pas la distanciation sociale, mais que si on ne peut pas la respecter, il faut porter un masque. Belle contradiction. Sans compter que les gens qui portent un masque, en plus de mal le porter, enfreignent volontairement la distanciation.
    7. Les autorités distribuent des masques sans directives, alors que n’importe quel manufacturier accompagne leurs masques de directives, sans quoi les masques peuvent nuire à la santé de celui qui le porte.
    8. Ceux qui portaient un masque, alors que les autorités disaient de ne pas en porter, me reprochent maintenant de ne pas suivre les autorités. Belle hypocrisie.
    9. À voir comment vous enfreignez sans cesse les règles de sécurité, notamment le code de la sécurité routière, de même que toutes les autres lois, vous pouvez garder votre supériorité morale.

    • Claude Froment - Abonné 8 juillet 2020 14 h 11

      Peut-être rationnel pour vous. Mais, ne faut-il pas penser à ses voisins avant de promouvoir le moindre respect ??
      Même si les "choses" semblent des prétentions, il reste un principe de prévoyance envers les autres. Point à la ligne.

    • Marc Therrien - Abonné 8 juillet 2020 18 h 36

      Il arrive parfois dans ce monde incertain et imprévisible construit à plusieurs que les occupants de camps opposés aient rationnellement raison chacun de leur côté, mais pour des raisons différentes. Il est peut-être sain de questionner la Raison surtout si on se met à penser qu'elle pourrait être totalitaire en ne tolérant pas son contraire.

      Marc Therrien

    • Bruno Charette - Abonné 9 juillet 2020 07 h 34

      @ Froment et Perron

      Premièrement, rien ne peut être rationnel "pour moi". De plus, "point à la ligne" n'est pas un argument.

      Troisièmement, ce que j'ai dit est ceci: "Je comprends les gens qui ne portent pas de masque." Au lieu d'insulter les gens en leur prêtant des intentions et en les pointant du doigt, les masqués devraient écouter les gens qui ne portent pas de masques, essayer de les comprendre et leur montrer du respect. C'est le problème avec les commentaires sur les internets: vous ne lisez pas les textes que vous commentez. Vous voulez parler de respect M. Froment, voici ce que le texte de Marcel Perron suggère à propos des non masqués:
      - Ils sont aveugles;
      - Ils ont une position doctrinaire;
      - Ils font du laisser-aller;
      - Ce sont les jeunes de 18-35 ans;
      - Ils sont laxistes;
      - Ils sont insouciants;
      - Ils sont en déni;
      - Ils sont délinquants (alors que le masque n'est obligatoire nulle part!);
      - Ils agissent contre les "contraintes imposées par la Santé publique pour protéger l’ensemble de la population" (je répète: le masque n'est pas obligatoire!);
      - Ils sont insensibles envers autrui;
      - Ils sont des négationnistes (donc comme ceux qui nient l'holocauste!).

      De plus, Marcel Perron prétend que ceux qui portent des masques le font par soucis altruiste (supériorité morale des masqués). Je peux vous garantir que la plupart des gens en portent pour se protéger eux-mêmes. Demandez-leur. Avant que vous répondiez, je répète ce que je viens de dire: "voici ce que le texte de Marcel Perron SUGGÈRE à propos des non masqués", non ce que Marcel Perron prétend, mais suggère.

      Ne me parlez pas de respect; vous ne savez pas ce que c'est. Je répète ma thèse de départ de mon premier commentaire envers Marcel Perron: "Vous êtes prétentieux." Ma thèse se basait notamment sur les insultes répétées de Marcel Perron. On pourrait rajouter: condescendant, irrespectueux, âgiste...

      "Je comprends les gens qui ne portent pas de masque." Et vous devriez chercher à les respecter.

    • Bruno Charette - Abonné 9 juillet 2020 12 h 49

      Comment le Devoir a-t-il pu accepter de publier cette lettre alors que j'y compte pas moins de 18 insultes et accusations gratuites?

      Au sein de la gauche, dont je fais partie, on y retrouve souvent cette habitude d'insulter ceux qui agissent ou pensent différemment. Ceux qui questionnent le phénomène transgenre sont transphobes; ceux qui contestent le concept de racisme systémique sont eux-mêmes racistes, et il en va de même des nationalistes et de ceux qui questionnent l'immigration; ceux qui mangent de la viande sont des meurtriers; ceux qui mettent en doute la disparité salariale entre les hommes et les femmes sont misogynes; ceux qui polluent sont génocidaires; ceux qui chantent certaines chansons font de l'appropriation culturelle... Et je n'entre pas dans les insultes basées sur le fait que je suis un homme blanc de la classe moyenne, et donc responsable de tous les maux de l'humanité.

      Comment ce texte est-il différent? Ici, c'est la même chose, on accuse ceux qui ne portent pas de masque de tous les maux et on les insulte ad nauseam. À voir l'utilisation que fait l'auteur de l'écriture inclusive ("certain.e.s"), il n'est pas sorcier de comprendre où il se trouve sur l'échiquier politique (illustrant bien cette habitude de la gauche). Que le Devoir présente différents points de vue, c'est souhaitable. Mais, publier une série d'insultes, c'est inacceptable. Ou bien le Devoir a dormi au gaz, ou bien elle endosse le propos.