Mieux comprendre le racisme

Monsieur le Premier Ministre du Québec, François Legault,

Au sujet de la question du racisme au Québec, et de sa nature — systémique ou pas —, j’aime-rais vous faire partager un fait vécu. Il y a une semaine, lors d’une promenade à vélo, je me disais : « Ah, mais je me sens en forme ce matin, mes jambes font un excellent travail, ça avance tellement bien ! » Tandis que je faisais une pause pour boire, une autre personne, venant de la direction opposée, s’arrête et me dit : « Elle est un peu fatigante, cette brise. » C’est à ce moment que je me suis rendu compte de la brise légère, qui me poussait dans le dos et qui me rendait la vie facile. Cette brise était imperceptible en filant vers l’est, mais j’allais vraiment la remarquer en retournant chez moi.

Il en est ainsi du racisme. Comme homme blanc, je n’ai jamais senti le vent de face que sont les micro ou macro-agressions, personnelles, professionnelles ou systémiques envers les personnes de couleur, les Autochtones et les Québécois d’adoption. Je n’ai jamais eu à faire d’efforts spéciaux pour être accepté, respecté comme Québécois à part entière. J’ai eu le vent dans le dos toute ma vie…

M. Legault, je vous crois bien si vous dites que vous n’avez pas l’impression qu’il y a un vent contraire de racisme systémique au Québec. Peut-être que, vous aussi, comme moi, avez roulé avec le vent dans le dos. Ce que je vous suggérerais, en cette saison de vacances, c’est de faire quelques kilomètres avec des gens qui vivent ce vent de face tous les jours. Informez-vous auprès de vos collègues et connaissances. Laissez-vous toucher par ce qu’ils auront à vous conter. J’espère vous voir en septembre avec une nouvelle appréciation du travail qu’il nous reste à faire pour bâtir un Québec plus juste.


 
44 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 7 juillet 2020 05 h 17

    François Legault et le vent de l'électoralisme

    Voilà une belle illustration du racisme systémique.

    Je ne doute pas que François Legault connait très bien le phénomène.

    Mais son refus de reconnaitre le racisme systémique est le dernier rempart qui lui permet de ne pas déplaire à sa base électorale xénophobe.

    Une reconnaissance que ce petit démagogue calculateur et cet électoraliste de première ne se permettra certainement pas.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 7 juillet 2020 10 h 48

      "Mais (le) refus (de François Legault) de reconnaitre le racisme systémique est le dernier rempart qui lui permet de ne pas déplaire à sa base électorale xénophobe." - CM

      De tous temps on a cassé du sucre sur le dos de ceux qu'on appelait alors les "Canadiens-français". Toutefois les commentaires québécophobes ont maintenant depuis peu la faveur d'une certaine gauche qui se complaît à morigéner et à s'auto-flageller devant tout le monde.

      Ces propos crypto-maso aident-ils la cause que leurs auteurs prétendent défendre? Poser la question, c'est y répondre. Personne n'apprécie vraiment les promoteurs du racisme envers soi qui se posent en donneurs de leçons.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 juillet 2020 21 h 47

      @Jean-Charles Morin,

      "Toutefois les commentaires québécophobes ont maintenant depuis peu la faveur d'une certaine gauche." - Jean-Charles Morin

      La critique du nationalisme de droite xénophobe, n'a rien à voir avec une quelconque "québécophobie".

      Ici comme ailleurs, les nationalistes du PQ, du Bloc et de la CAQ se prennent pour les dépositaires de la représentation du Québec. Ce qui est particulièrement faux dans le cas de la CAQ avec son 24% du vote populaire.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 7 juillet 2020 22 h 49

      "La critique du nationalisme de droite xénophobe, n'a rien à voir avec une quelconque "québécophobie"." - CM

      Et pourtant le Canada anglais tout entier ne se gêne pas pour faire l'amalgame. Les subtilités idéologiques des chantres du "progressisme", ravalés au rang d'alliés objectifs (pour ne pas dire autre chose), ne l'intéressent pas. Il prend simplement ce qui fait son affaire dans leur discours moralisateur culpabilisant pour discréditer l'ensemble des francophones.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 7 juillet 2020 23 h 13

      "Les nationalistes du PQ, du Bloc et de la CAQ se prennent pour les dépositaires de la représentation du Québec. Ce qui est particulièrement faux dans le cas de la CAQ avec son 24% du vote populaire." - CM

      Aux dernières élections, 37% des votants ont appuyé la CAQ, contre 16% pour QS (respectivement 24 % et 11% des gens aptes à voter si on tient compte des abstentions). Ce sont là les chiffres officiels.

      Si certains se servent de ces résultats pour contester la légitimité du gouvernement actuel, qu'en est-il de la légitimité de QS qui a été boudé par 89% des citoyens en âge de voter?

      À moins de chercher à faire croire que le Québec tout entier, dans un élan d'enthousiasme sans précédent, s'apprêtait à plébisciter Québec Solidaire mais s'est trouvé à cocher la mauvaise case sur le bulletin. Les "progressistes" font preuve d'une telle maladresse parfois...

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 juillet 2020 06 h 32

      @Jean-Charles Morin,

      "Si certains se servent de ces résultats pour contester la légitimité du gouvernement actuel, qu'en est-il de la légitimité de QS" - Jean-Charles Morin

      Ou l'art de mêler les pommes et les oranges.

      Je ne conteste pas la légitimité du gouvernement.

      Je conteste le fait que les nationalistes de droite se prennent pour les dépositaires de la représentation du Québec. " Le Québec c'est Nous !" ..dixit le Bloc québécois. Et s'il existe du "Québec bashing" dans le ROC.. Que dire du "Canada bashing" au Québec ?

      Ceci dit, on pensera ce qu'on voudra du Canada, le Québec a quand même encore reçu 12 milliard $ de plus en péréquation que ce qu'il donne au fédéral en 2019.

      Faut croire qu'ils ne nous haïssent pas tant que ça...

    • Jean-Charles Morin - Abonné 8 juillet 2020 11 h 04

      @Christian Montmarquette

      "Ceci dit, on pensera ce qu'on voudra du Canada, le Québec a quand même encore reçu 12 milliard $ de plus en péréquation que ce qu'il donne au fédéral en 2019... Faut croire qu'ils ne nous haïssent pas tant que ça... - CM

      Monsieur Montmarquette, le péréquation est tout sauf un acte d'amour envers les Québécois. Sinon pourquoi le gouvernement fédéral dans le même temps réduit-il allégrement depuis des années, d'une manière unilatérale, la part qu'il doit verser pour les services en santé?

      Vous ne vous gênez pas ici pour faire vôtre l'argument-clef des fédéralistes pour maintenir le Québec au sein de la fédération canadienne.

      C'est bien sûr votre droit le plus strict et votre réflexion est empreinte d'une certaine logique, car une fois évacuées les raisons identitaires pour faire l'indépendance, raisons que vous réduisez délibérément à un simple réflexe xénophobique, il ne reste plus rien qui puisse justifier l'avènement d'un état francophone indépendant en Amérique du Nord.

      La révolution communautaire arc-en-ciel que vous amenez de vos voeux peut très bien se réaliser dans le Canada post-national repentant de Justin Trudeau. Alors, dans ces conditions, pourquoi QS prône-t-il l'indépendance du Québec? Il y a quelque chose qui ne colle pas.Trouvez l'erreur.

      La seule raison qu'on puisse alors imaginer réside dans le fait que QS est en fait une formation crypto-fédéraliste vouée au maintien de l’unité canadienne et dont le but ultime n'est pas tant de prendre le pouvoir que de couler définitivement l'option souverainiste en divisant le vote de ses partisans.

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 juillet 2020 13 h 54

      @ Jean-Charles Morin,

      "La révolution communautaire arc-en-ciel que vous amenez de vos voeux peut très bien se réaliser dans le Canada post-national repentant de Justin Trudeau. Alors, dans ces conditions, pourquoi QS prône-t-il l'indépendance du Québec? Il y a quelque chose qui ne colle pas." - Jean-Charles Morin

      Comme nombre de nationalistes de votre acabit, vous réduisez l'indépendance à une histoire de langue et de culture. Or, le Canada est un pays pétrolier qui favorise la fuite de capitaux dans les paradis fiscaux; qui contrôle l'assurance chômage et une bonne partie des dépenses en logement social et en santé.

      Un Québec indépendant pourrait améliorer le sort des plus pauvres et celui de l'environnement en contrôlant ces secteurs. Mais l'obsession identitaire des nationalistes conservateurs de droite les rends sourds et aveugles à ces arguments économiques et sociaux majeurs. Et ainsi donc, ce sont plutôt eux qui nous proposent un Québec indépendant identique au Canada.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 8 juillet 2020 18 h 50

      "Le Canada est un pays pétrolier qui favorise la fuite de capitaux dans les paradis fiscaux; qui contrôle l'assurance chômage et une bonne partie des dépenses en logement social et en santé... Un Québec indépendant pourrait améliorer le sort des plus pauvres et celui de l'environnement en contrôlant ces secteurs." - CM

      Voilà de bien nobles intentions. S'il fallait faire sécession à chaque fois qu'un gouvernement national ne fait pas les choses comme on voudrait, les pays passeraient leur temps à voler en éclats.

      Le Québec indépendant ne serait effectivement pas un pays pétrolier, mais il aura encore besoin (sans doute pour plusieurs décennies encore) du pétrole des autres, notamment pour faire voler les avions, naviguer les bateaux, rouler les camions, etc... L'indépendance du Québec ne changera rien à ce chapitre à court ou à moyen terme. Heureusement pour lui, le nouveau pays pourra compter sur l'Alberta, son pétrole sale et son oléoduc pour faire fonctionner une part non-négligeable de son industrie.

      Tous les autres problèmes que vous abordez peuvent être résolus simplement en modifiant les politiques administratives en vigueur à l'intérieur des structures politiques actuelles, rendant de fait tout bouleversement politique (comme par exemple une sécession) superflu et même contre-productif car cette tactique à le désavantage de compliquer les choses, multiplier les obstacles, gruger temps et énergie et, comble de malchance, vous obliger à compter sur le vote des identitaires que vous exécrez (et qui ne vous aiment pas non plus au point de vous bouder). En toute honnêteté et à votre place, il serait plus logique de militer au fédéral avec des gens qui pensent comme vous.

      Le seul motif vraiment valable pour faire l'indépendance est de nature purement identitaire. Avec les idées politiques et sociales qui sont les vôtres, le fait que vous vous disiez indépendantiste demeure pour moi un profond mystère.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 8 juillet 2020 21 h 44

      J'ai eu plusieurs échanges par le passé avec Monsieur Montmarquette, je réduis les enjeux à deux propositions simples :

      Si l'on est dans le Canada, pour certaines politiques sociales, puisque l'économie, la culture et le politique fonctionnent, en synergie, il faut convaincre le ROC de faire un tel changement et c'est impossible. Le Canada est si grand qu'il faut alors un gouvernement central fort, ce qui dans un ensemble politique, géopolitique, et économique si varié, ne peut que causer des problèmes.

      La responsabilité : Le Fédéral donnerait 12 milliards de plus que ce qu'il «reçoit»? On néglige ici les revenus autonomes et le fait qu'il s'endette aussi, ce que le gouvernement «investit» au Québec cause aussi des préjudices au Québec. Le fédéral est incapable d'avoir un système de paie cohérent (Phénix), la fédération est inefficace et un gapillage de ressources, il vaut mieux gérer soi-même ses affaires, du marxisme 101.

      Ça me conduit à ma conclusion : si l'on aime la justice sociale, il me semble plus pertinent de cesser de gaspiller les ressources collectives, dont une partie vient justement des taxes et impôts sur «les pauvres». Une fiscalité progressive, c'est pas juste taxer «la juste part» des riches, c'est aussi moins taxer les pauvres. Il y a des économies d'échelle à couper un gouvernement et à donner à un petit gouvernement provincial les tâche d'un gouvernement national, c'est là où la droite peut aider la gauche, utiliser l'efficacité et les synergies pour un gouvernement le plus petit possible, pour le plus de services possibles, également décentralisés. Puisque les peuples sont simplement différents, il est illogique de forcer un mariage entre insatisfaits ou l'un des membres est dans l'inaction imposée.

      «Les identitaires» ont le monopole du «nous» simplement car ils sont les seuls à le défendre. QS s'assoie sur Chartrand (défendre ceux qui parlent le français plutôt que le français lui-même) pour ne rien proposer.

  • Serge Daigno - Inscrit 7 juillet 2020 08 h 35

    Le racisme systémique n'existe pas au Québec

    Je me permets de retranscrire un extrait du texte de M. Réjean Parent, publié le 10 juin 2020 dans le JDM :

    « Ce qu’on identifie comme du racisme correspond souvent à une tendance pour des gens semblables à se rassembler et à adopter les mêmes comportements. Cela s’observe non seulement en regard de la peau ou de l’ethnie, mais aussi en fonction du statut social. »

    Il existe sans contredit des individus racistes au Québec, mais ce sont avant tout nos comportements grégaires qu'il faut changer et encadrer afin de laisser les communautés culturelles prendre leur place dans un Québec déjà très réputé comme terre d'accueil cinq étoiles.

    • Cyril Dionne - Abonné 7 juillet 2020 11 h 43

      Vous avez tout à fait raison M. Daigno. Mais comment expliquer cela à nos antiracistes extrémistes de la gauche?

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 juillet 2020 07 h 01

      @ Cyril Dionne,

      "Comment expliquer cela à nos antiracistes extrémistes de la gauche? - Cyril Dionne

      ...faut croire qu'il existe un racisme modéré acceptable pour Cyril Dionne.

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 juillet 2020 08 h 55

      "Comment expliquer cela à nos antiracistes extrémistes de la gauche?" - Cyril Dionne

      L'attaque indue de Cyril Dionne est surtout révélatrice de sa propre position.

      Pour les extrémistes de droite, tout ce qui est le moindrement à gauche est considéré comme extrémiste.

  • Francine Leclerc - Abonnée 7 juillet 2020 08 h 50

    Très juste M.Cloutier

    Cependant, contrairement a M.Montmarquette, je ne crois pas que les pro-CAQ soient si xénophobes.
    Ils sont comme la plupart des Québécois confortablement installés dans le confort et l'indifférence.
    La plupart, si préoccupés de leur ego et de leur image, qu'ils ont moins de disponibilité pour l'altruisme et l'empathie.
    Le monde commence avec leur vécu.
    Peu s'intéressent a l'Histoire.
    Je recommanderais, pour ceux qui ignorent tout du racisme, le film "SELMA" qui sera projeté cette semaine a la télé.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 juillet 2020 12 h 53

      @Francine Leclerc,

      "Contrairement a M.Montmarquette, je ne crois pas que les pro-CAQ soient si xénophobes." - Francine Leclerc

      Il ne s'agit pas de mettre tous les caquistes dans le même sac comme certains mettent tous les Noirs, tous les autochtones ou tous les musulmans dans le même sac, ce qui est le procédé même de généralisation des racistes et des gens à préjugés quels qu'ils soient: immigrants, pauvres, homosexuels, jeunes, vieux et j'en passe.

      Mais de savoir qu'il existe bel et bien une base xénophobe chez les caquistes et les nationalistes de droite dont François Legault apparait clairement et électoralistement fort préoccupé, d'autant plus qu'il est en compétition directe avec le Parti québécois dans ce domaine.

      D'ailleurs, quelle a été la grande priorité de la CAQ durant sa première année de mandat, si ce n'est toute la question de la réduction de l'immigration et la discrimination à l'emploi des minorités religieuses avec la loi 21 ?

    • Cyril Dionne - Abonné 7 juillet 2020 14 h 18

      Mais, c’est cela que vous faites M. Montmarquette. Vous mettez tout le monde qui n’est pas d’accord avec vous dans le même panier. Hors de QS, point de salut. C’est pour cela que le support de QS est en bas de 10%. L’autre 90% et plus des Québécois ne conjuguent pas à votre discours.

      SVP, laissez les Autochtones tranquilles; vous ne les connaissez point et ils n’ont pas besoin de vous.

    • Christian Montmarquette - Abonné 7 juillet 2020 21 h 57

      @Cyril Dionne,

      "SVP, laissez les Autochtones tranquilles; vous ne les connaissez point et ils n’ont pas besoin de vous." - Cyril Dionne

      Qu'est-ce qu'il ne faut pas entendre comme niaiseries...

      "Des pouvoirs aux Autochtones au sein de QS" - Métro, 18 novembre 2019

      Réunis en congrès en fin de semaine, les membres de Québec solidaire ont adopté à l’unanimité une proposition visant la création d’une Commission nationale autochtone (CNA) en son sein, une première pour un parti politique au pays. Portée par les membres du parti Alisha Tukkiapik, Xavier Watso et Goulemine Cadoret, la Commission nationale espère avoir un pouvoir plus important au sein de la formation politique.

      Mme Tukkiapik estime que la création de la commission est très importante pour les peuples autochtones du Québec. «Ça montre que Québec solidaire est un parti ouvert. Tout le monde a compris que le moment est maintenant. En 2021, il sera trop tard. Nous avons encore beaucoup de travail à faire.»

      https://journalmetro.com/actualites/national/2398558/quebec-solidaire-autochtones-plus-de-pouvoirs-aux-autochtones-au-sein-de-qs/

    • Jean-Charles Morin - Abonné 8 juillet 2020 13 h 37

      @Dhristian Montmarquette

      "Réunis en congrès en fin de semaine, les membres de Québec solidaire ont adopté à l’unanimité une proposition visant la création d’une Commission nationale autochtone (CNA) en son sein, une première pour un parti politique au pays." - CM

      Cette dernière fin de semaine, les membres de QS réunis en congrès ont perdu une belle occasion de se mêler de leurs affaires. Il n'y a pas de quoi être bien fier.

      Que faut-il comprendre par cette "patente" aux relents d'un certain colonialisme condescendant? Que les autochtones ont besoin de s'en remettre aux congressistes de QS pour leur dire qui ils sont et quelle place leur est complaisamment réservée au sein d'un pays "solidaire"?

      À la rigueur, une "commission chargée des relations avec les nations autochtones" aurait été plus pertinente mais ici le terme "nationale" est badigeonné avec délectation à la sauce de l'ambigüité. De quelle(s) nation(s) parle-t-on exactement? À quel niveau place-t-on la notion du "nous"? La création unilatérale d'une commission "nationale autochtone" ne constitue en aucun cas une autorisation d'intervenir dans affaires des premières nations et de considérer maladroitement ces dernières, par un moyen détourné, comme faisant partie de la nation québécoise sans avoir été dûment consultées au préalable.

      À ce compte-là, les congressistes auraient été mieux inspirés de créer une commission nationale pour les "Québécois de souche". L'appartenance de ces derniers à la nation québécoise ne fait aucun doute et cette communauté sur laquelle les "progressistes" s'acharnent depuis toujours aurait bien besoin de leur part d'un peu de compréhension et de soutien.

      Pour en revenir aux autochtones, ces gens n'ont de comptes à rendre à personne d'autre qu'à eux-mêmes et n'ont pas besoin de QS pour faire connaître aux autres leurs ambitions nationales, à l'intérieur ou en dehors du Québec.

    • Christian Montmarquette - Abonné 8 juillet 2020 20 h 19

      @Jean-Charles Morin,

      "À ce compte-là, les congressistes auraient été mieux inspirés de créer une commission nationale pour les "Québécois de souche" - Jean-Charles Morin

      ..tant qu'à vouloir vous mêlez des décisions internes de Québec solidaire, vous devriez prendre votre carte de membre et vous présenter comme délégué ou dans les instances de direction. Comme ça vous pourriez essayer de bosser notre parti comme François Legault bosse le sien avec son simulacre de démocratie.

  • Danielle Dufresne - Abonnée 7 juillet 2020 08 h 54

    racisme systémique

    Cette notion de racisme systémique implique la mise en place de mesures discriminatoires en toute connaissance de cause. Le système (puisque c'est de cela dont on parle lorsque l'on parle de systémique) donc, le système planifie et organise les discriminations. Il y a des exemples éloquents dans l'histoire du monde de ce racisme érigé en système.
    Il y a des Québécois de toutes origines qui sont racistes. Il y a des systèmes discrimatoires qu'ils nous faut identifier et corriger, mais il n'y a pas de racisme systémique au Québec. Il n'y a aucune loi, aucune directive, aucune charte, aucun discours officiel qui prône le racisme et toutes ses dérives. Dire le contraire et le répéter sans cesse est soit de l'gnorance soit de la mauvaise foi, soit de la haine envers le Québec et ses habitants.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 7 juillet 2020 11 h 34

      « Cette notion de racisme systémique implique la mise en place de mesures discriminatoires en toute connaissance de cause.« (sic)

      En tout respect, Madame, votre interprétation de racisme systémique faire entendre qu’il s’agit d’un phénomène voulu, dans le sens de délibéré et planifié, se perpétuant avec les mêmes intentions dans le temps!
      Par exemple, l’esclavagisme comme système d’exploitation s’est justifié dans les plantation américaine sur l’idée et l’idéologie que les noirs étaient des « sous-humains » et que cela justifiait leur exploitation non seulement pour travailler mais aussi de les traiter comme une marchandise. L’esclavagisme comme systême aux EEUU est disparu, mais l’idéologie et les pratiques de discrimination raciales elles sont demeurées plus particulièrement parmi la population des blancs qui, héritage du colonialisme, s’imagine étre porteur de la civilisation et du sens de l’histoire.

      Pour se rapprocher de « chez-nous », n’oublions-pas que nos sociétés se sont construites sur le modèle ou les colonisateurs français et anglais sont arrivés sur ce continent pour prendre possession et asservir ses populations au nom de la civilisation chrétienne, du droit à la propriété et du commerce. Or, sur la base de quelle idéologie avons-nous asservie et ensuite mis dans les réserves les autochtones amérindiens. Et ce système et cette idéologie sont toujours présentes...

    • Marc Levesque - Abonné 7 juillet 2020 13 h 49

      Mme Dufresne

      "Cette notion de racisme systémique implique la mise en place de mesures discriminatoires en toute connaissance de cause."

      Je comprends que l'expression est sujette à être mal interprété.

      La discrimination (ou racisme) systémique, c'est de la discrimination dans les relations sociales systémiques, par exemple les relations d'embauche ou de locateur/locataire. Elle n'est pas inscrite dans les règles, elle est le résultat de préjugés conscients ou inconscients.

      C'est la base, cette page et ces références élaborent:

      https://fr.wikipedia.org/wiki/Discrimination_syst%C3%A9mique

    • Réal Boivin - Abonné 7 juillet 2020 15 h 01

      La France n'a jamais asservi personne en Nouvelle-France, et encore moins les mettre en réserve.

      Ce sont des systèmes établis par la couronne Britannique. Alors adressez vos récriminations au Canada anglais de Justin Trudeau qui continue à séparer les gens les uns des autres avec une nouvelle formulation: le multiculturalisme.

    • Fréchette Gilles - Abonné 7 juillet 2020 16 h 29

      M. Jean-Jacques Roy je trouve que vous amalgamez de façon fautive la France ou les colons français avec les autres peuples colonisateurs. Ces derniers, sans exception, sont entrés en guerre avec les autochtones qu'ils rencontraient. Ils les ont chassés de leur territoire, les ont battus, les ont éliminés. La France a conclu des traités avec tous les groupes amérindiens qu'ils ont rencontrés, même avec les Iroquois qui étaient instrumentalisés par les hollandais et les anglais. Les réserves indiennes ont été créé par les anglais. Nous! Nous étions devenus des colonisés, "sans histoire, sans culture", des scieurs de bois, des porteurs d'eau.
      Combien d'autocthones, de la Côte-Nord jusque dans l'ouest canadien,portent encore des noms français. Et si on pouvait faire des tests d'ADN, on verrait que beaucoup ont une part de sang français ou canadien-français.

    • Jean Jacques Roy - Abonné 7 juillet 2020 19 h 42

      MM Boivin et Fréchette.
      En tout respect, vos commentaires concernant le « colonialisme » sont fort bienveillant par rapport à la France en vous satisfaisant de comparer les « méthodes » françaises à celles des anglais et à ce compte comparer celles des conquistadores espagnoles et portugais.

      Les méthodes utilisées comportent des variantes, mais dans la courses des royaumes européens du 16 au 18e siècles, les buts et les objectifs sont les mêmes: s’emparer des richesses et prendre le contrôle politique sur des territoires et les populations. Les représentants du roi de France sont arrivés ici avec exactement cette intention: rapidement l’aventure a intéressé les commercants et marchants intéressés à la traite des fourrures. Mais la structure de pouvoir politique, économique et sociale est celui d’un État colonial dirigé par des gouverneurs, des commandants des armées francaises, des Évêchés qui dirigent des territoires nommés diocèses et des unités administratives nommées paroisses. En complément, dépendant à la fois des Églises et du pouvoir colonial s’implantent les communautés religieuses dont la mission est « d’évangéliser » les « sauvages », leur apprendre à parler la langue des nouveaux maîtres, et de s’habiller...

      Bref, la Nouvelle-France fut bel et bien une colonie où s’implatèrent des « structures » d’un fonctionnement social de classes sociales HIÉRARCHISÉES et au bas de l’échelle, se sont toujours retrouvés (dans le regard des colons dominants) les peuples autochtones. Deuxièmement, notons qu’au Québec une grandes partie des structures sociales coloniales françaises ont perdurées tardivement, jusqu’à la révolution tranquille. Quant aux marques infligées par les « méthodes » britanniques après la conquête de Québec, elles n’ont pas effacés les marques françaises... elles les ont réaménagé dans un processus beaucoup plus avancé du capitalisme colonial suite aux révolutions bourgeoise du 18e siècle. C’est dans ce dernier contexte que les méthodes asservisse

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 7 juillet 2020 21 h 39

      Monsieur Jean Jaques Roy,

      Vos propre nuances devraient être nuancées... Les ouvrages les plus sérieux sont «Le Middle Ground» de Richard White, ainsi que « Empire et métissage: Indiens et Français dans le Pays d'en Haut, 1660-1715 », de Gilles Havard.

      Les Français n'avaient pas les moyens de leurs ambitions et ce n'est pas parce qu'un aventurier écrit dans ses relations qu'il a fait tirer du mousquet et crié « Vive le Roy» sur un plan d'eau qu'il l'a fait ou que quelqu'un était à l'écoute lorsqu'il l'a fait.

      De toute façon, « nous », c'est-à-dire nos ancêtres à nous les Canadiens français, n'étions déjà plus des Français, mais des «Canadiens», les habitants d'un Nouveau Monde, que nous ne volions justement à personne, ici au Nord, parce que... personne n'en voulait.

      Il y a une différence entre le «colon» au sens du «Français» qui va en «colonie» exploiter l'autochtone, comme l'arabe, pendant que lui ne fout rien. Nos ancêtres ont été des pionniers qui ont déffriché et labouré; déraciné, déssouché, puis enfin équari et bâti. Si bien que par exemple les Hurons sont venus se réfugier (originaires du Lac du même nom...) près de Québec lorsque la Huronnie a été détruite.

      Et quand «les nôtres» allions vers l'autochtone pour «la dérouine» en mangeant du Pemmican, c'était justement les relations de famille qui se tissaient et non des relations d'exploitation commerciale classiquement coloniales. Ce que le Middle Ground nous apprend, c'est précisément qu'une exploitation comme Galiano la présente dans « Les Veines ouvertes de l'Amérique latine » aurait été impossible.

      Au contraire, qu'arrive-t-il à tous ces «voyageurs» qui se fatiguent ou se sentent exploités par leurs «bourgeois»? Ils deviennent peu à peu les «métis».

      Les «Canayens», de véritables «habitants» sont méprisés par les administrateurs français précisément parce qu'ils sont «ensauvagés»

    • Jean Jacques Roy - Abonné 7 juillet 2020 23 h 55

      Monsieur Gill.
      En tout respect, vous lisez et interprétez mon commentaire en comprenant le sens contraire de ce que je dis...
      Vous avez raison de dire que les « canayens » tout comme les « acadiens » et plus encore les métis et au bas de l’échelle les « sauvages » ont été « méprisés » et à des niveaux variables « exploités » par la classe dominante formée par les commercants, les marchands et l’ensemble du « systême » colonial mis en place par la France colonisatrice.

      C’est évident que ce ne furent pas les simples « colons » venus de France ou nés ici au pays qui «inventèrent» le « système » d’exploitation coloniale! Comme dans tout système de classes « hiérarchisée », les« canadiens-habitants » ont assumé la place sociale prédestinée par l’héritage de l’origine familiale... D’où la course à obtenir des titres pour monter dans l’échelle sociale.

      Quant à trouver les de « l’idéologie » justificatrice des pratiques colonialisatrices et les divisions sociales issues du colonialisme,, pas besoin d’aller trés loin dans l’histoire enseignée et vécue au Québec pour les retrouver .. Encore, dans les années 40 et 50 à l’époque de Duplessis, on enseignait que le monde était divisée en « races » selon la couleur de l’épiderme! Cette théorie sans fondement servait à « catégoriser » les autochtones pour les distinguer des blancs! on nous enseignait que ils étaient des « sauvages » païens qui devaient être baptisés pour être « sauvés »... Cet enseignement était présent au temps de la colonie de la Nouvelle-France, et s’est perpétué après la conquête britannique justifiant cette fois les pratiques barbarres mises en place depuis le 19e siècle: confiner les populations amérindiennes dans des réserves, déraciner et mettre en place des système d'acculturation avec les pensionnats pour les jeunes enfants, ietc. etc...

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 8 juillet 2020 22 h 03

      La théorie que vous nous rappelez ici Monsieur Roy a surout été utilisée par les Orangistes, ceux qui ont brulé le parlement à MTL alors que pour une première fois le «système» cessait d'être systématiquement «contre» les Canadiens français.

      Dans «L'Amérique fantôme», toujours de Gilles Havard (mais vous pouvez aussi lire «De Remarquables oubliés») on découvre à quel point, au contraire, les Canadiens (à comprendre ici comme Canadiens français) favorisaient dans leur pratique un métissage. On en lit des traces après la conquête dans Tolfrey, un officier britannique en «vacance» ici qui passe son temps à pêcher et chasser, aux dépens de l'habitant.

      Le livre s'intitule : « Tolfrey Un aristocrate au Bas-Canada». Quand l'hiver il faut «scier» du lait congelé ou du beurre au marché, on ne crache pas sur toutes les moeurs qui peuvent favoriser l'épanouissement, fussent-elles «sauvage».

      Je crois qu'effectivement nous sommes plus d'accord que nous le semblons, mais je connais trop les Britanniques l'indirect rule, si le parlement a été brûlé et si un chanson populaire s'appelle «Le Canadien errant», c'est que la répression post 1837-1838 a été dramatique. On l'oublie. L'Affaire Guibord et la montée du clergée, la perte d'influence de l'idéologique patriote et la montée en puissance de l'Église sont AUSSI un fait colonial.

      Mon propre ancêtre autochtone (dison plutôt un aïeul) a pris les arme CONTRE les Patriotes, avec les loyalistes. Les deux conscriptions nous montrent aussi que les Québecois n'étaient pas libres. Dans ces circonstances, ils tentaient, dans le système, de se faire une place, c'est pourquoi je considère que c'est seulement à partir de la Révolution tranquille qu'on peut les considérer « responsables » et ils ont, aussi, été victimes de l'Église...

      C'est pourquoi je refuse que l'on nous blâme des crimes des Orangistes alors que leurs descendants aujourd'hui se drappent dans une rectitude qui est encore une arme idéologique...

  • Réal Boivin - Abonné 7 juillet 2020 09 h 41

    Sérieusement?

    Je ne sais pas quel âge vous avez M. Cloutier mais je sais que votre texte puéril ne va aucunement toucher un homme mature comme notre premier ministre.

    • Marc Therrien - Abonné 7 juillet 2020 17 h 43

      D'autant plus que le vent est sûrement aussi sinon plus insaisissable que le concept de racisme systémique.

      Marc Therrien