«Nègres blancs», métaphore juste en son temps

En 1968, lorsque l’écrivain Pierre Vallières décrivit les « Canadiens français » du Québec comme les « nègres blancs d’Amérique », c’était simplement pour clamer qu’ils étaient un peuple pauvre et soumis, comme les Noirs américains.

Évidemment, il savait bien que l’histoire de ces deux peuples était totalement différente. Mais on sait maintenant que, sur le plan salarial,sa métaphore correspondait à l’exacte vérité. La commission Laurendeau-Dunton sur le bilinguisme et le biculturalisme a
estimé qu’en 1960, au Québec, le revenu d’emploi moyen des hommes francophones unilingues équivalait à 51 % de celui des hommes d’origine britannique unilingues. À la même date, aux États-Unis, le revenu d’emploi moyen des hommes noirs équivalait à 56 % de celui des hommes blancs.

Les choses ont évidemment changé depuis. Les francophones unilingues du Québec gagnent maintenant plus cher que leurs compatriotes anglophones unilingues. C’est loin d’être le cas pour les Noirs par rapport aux Blancs aux États-Unis. Néanmoins, la métaphore de Vallières était juste en son temps. On ne peut déboulonner un fait : en 1960, la position salariale relative des Franco-Québécois était inférieure à celle des Noirs américains.

 

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