Le vaisseau d’or

Si quelqu’un désirait se moquer des Québécois, il pourrait bien citer l’amateurisme qui préside à l’étude du projet de tramway de la Ville de Québec, toujours en mal de bougeotte. Après l’évanescence du projet de la mobilité durable en 2010, il y a eu celle d’un réseau structurant avec trambus et pôle d’échange sous le phare en 2020, ensuite celle de ce réseau avec pôle d’échange quelque part sur Hochelaga, puis celle d’un tunnel mal localisé et enfin celle d’un réseau sans trambus. Quant aux coûts, ils sont à l’avenant des changements.

À quoi faut-il s’attendre lors du prochain épisode de ce roman ? Autrefois, les politiciens faisaient des annonces après s’être bien informés auprès des bonnes personnes. Lorsque Robert Bourassa a annoncé le projet de la Baie-James en 1973, le président de SNC-Lavalin, Bernard Lamarre, était assis à ses côtés. Il agissait comme donnée probante. Aujourd’hui, il n’y a qu’une administration en position conflictuelle pour sauver du naufrage une entreprise qu’elle a improvisée et dont l’avenir pourrait faire penser à celui du vaisseau d’or d’Émile Nelligan : sombrer « dans l’abîme du rêve ».


 
3 commentaires
  • Pierre Fortin - Abonné 4 juillet 2020 11 h 22

    Un tramway nommé Désir


    Monsieur Desgagné, j'ajouterai à vos remarques ce qui n'en finit plus de me désillusionner. On a prévu un budget de 2,3 milliards pour ce projet et voilà qu'avant même qu'une première pelletée de terre ne soit levée, on annonce un dépassement de 800 millions.

    Une erreur d'appréciation de cet ordre (35%) serait de nature à discréditer tout directeur de projet si elle n'était le fait d'élus en qui la population a mis sa confiance, même après un amphithéâtre de rêve érigé sur une lubie politique.

    Et on se demande pourquoi Québec traîne encore sa réputation de gros village.

    • Pierre Raymond - Abonné 4 juillet 2020 21 h 47

      Et moi ce que j:ai toujours en tête, ce sont les ambassades qui se seraient installées au cœur de Québec si l'électorat du Grand Québec avait voté OUI en 1995.

    • Gilles Théberge - Abonné 5 juillet 2020 15 h 48

      « et on se demande pourquoi Québec traîne encore sa réputation de gros village.»

      Parce que les gens de Québec semblent être incapable de se comporter asutrement que comme des «villagois»... Tous les projets d'envergure qui ont été présentés à la population ont finis de la même façon. Dans le cynisme et la désillusion amère, alimentés par las radio poubelles qui pullulent à Québec...!