Solidarité sociale de façade

Lettre ouverte au ministre du Travail, de l’Emploi et de la Solidarité sociale, Jean Boulet

Depuis le début de la pandémie, de nombreuses organisations communautaires et syndicales du Québec, en plus des trois partis d’opposition, vous exhortent à accorder une aide financière d’urgence aux personnes en situation de pauvreté. Non seulement vous avez fait la sourde oreille, mais vous avez masqué votre inaction avec de la charité et du spectacle.

Alors que le Québec vit une crise sans précédent, vos gestes en matière de solidarité sociale se sont limités à assouplir quelques règles à l’aide sociale et à instaurer une plateforme pour inviter les Québécois à faire du bénévolat, en particulier dans les banques alimentaires. C’est nettement insuffisant !

Les demandes d’aide alimentaire ont explosé partout au Québec. Devant une situation aussi dramatique, votre solution a été d’implorer les citoyens de donner temps et denrées. Le 18 juin dernier, vous êtes allé faire du bénévolat dans un organisme offrant des services d’aide alimentaire et le lendemain, vous avez donné 10 000 $ à une banque alimentaire de votre circonscription.

Ces gestes, aussi généreux soient-ils, ne règlent en rien les causes de l’insécurité alimentaire. Si des personnes ne mangent pas à leur faim, c’est que leurs revenus sont insuffisants. C’est à ce problème que vos actions devraient s’attaquer en priorité.

Il faut immédiatement offrir une aide financière d’urgence aux personnes les plus mal prises, qui n’ont pas été épargnées par la crise de la COVID-19. À plus long terme, il faut augmenter le revenu des personnes au bas de l’échelle.

En limitant votre action aux conséquences de la pauvreté au lieu d’agir sur ses causes, vous n’honorez pas les responsabilités qui incombent à un ministre de la Solidarité sociale. Vous n’offrez, à ceux et celles qui comptent sur vous, qu’une désolante solidarité sociale de façade.

7 commentaires
  • Jean-François Trottier - Abonné 25 juin 2020 09 h 48

    Faudrait se décider

    Votre organisme a beaucoup d'importance.
    Il s'active dans un monde réel pour des personnes réelles.

    Le fait de tomber dans le flou pour trouver tous les défauts du monde au ministre n'est pas une preuve de cette prise sur le réel dont vous vous dites porte-parole.

    Vous commencez par dire comment l'état actuel des choses appelle l'urgence et que le ministre ne fait rien : "vos gestes en matière de solidarité sociale se sont limités...".
    Puis, "Ces gestes, aussi généreux soient-ils, ne règlent en rien les causes de l’insécurité alimentaire."... et vous tombez sur ce qui s'est passé depuis des décennies.

    Savez-vous seulement ce que vous critiquez? Ou bien vous lancez n'importe quoi pour faire valoir votre beau titre flamboyant? Je me pose la questionet... vous y répondez.
    Étant donné le flou des attaques, j'en conclus que vous visez probablement une carrière politique. Tout dire et son contraire, ça sent le tremplin.

    Impossible de se méprendre sur un point en tout cas : quoi qu'il fasse, le ministre a tort. C'est un... quoi, à votre avis?
    Vous attaquez un ministre venu en poste alors que l'économie québécoise était au beau fixe et qu'on pouvait sensément se diriger vers une amélioration majeure en matière de pauvreté.
    Et maintenant vous parlez au ministre d'un gouvernement couvert de dettes. Vous le savez parfaitement. Oh que oui!

    Le procès d'intention est ce qui ressort du tout. Rien de constructif, ce qui est normal de la part d'un organisme comme le vôtre. Mais de là à cette attaque si chargée qu'elle perd son sens? Allô!

    Puisque tout est bon pour attaquer, restent, bien accrochées, de subodorées "mauvaises intentions".
    Le crime par intention est à la base de Big Brother et de Marx.

    Le moins qu'on puisse demander pour faire preuve de la moindre petite solidarité, c'est la clarté. Les pauvres ne sont pas des soldats qui fonctionnent à coup de slogans, de phrases vides et de contradictions.

    • Christian Montmarquette - Abonné 25 juin 2020 20 h 53

      "Étant donné le flou des attaques, j'en conclus que vous visez probablement une carrière politique." - JFT

      Jean-François Trottier :

      Expert en procès d'intention et devin en tous genres.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 25 juin 2020 14 h 41

    « en matière de pauvreté, vous parlez au ministre d'un gouvernement couvert de dettes» (Jean-François Trottier)


    Une dette qui sera épongée sur le dos des plus pauvres de la société, comme l'a fait le gouvernement péquiste de Lucien Bouchard.

    La volonté d'améliorer le sort des pauvres n'est pas politiquement rentable, bien au contraire, comme l'illustre à merveille votre commentaire.

    Par exemple, cette lettre sur la pauvreté au Québec n'a attiré que votre commentaire, tandis que dans ce journal le moindre article qui traite de la religion suscite immédiatement une centaine de commentaires enflammés.

    Ce qui attire les votes, c'est la volonté politique de serrer davantage la vis aux pauvres.

    La pauvreté serait atavique; le pauvre est perçu comme un «Untermenschen»; on le devine idiot, inculte, amoral, drogué, alcoolique et à l'hygiène douteuse;

    Alors, le citoyen vote pour encadrer le pauvre et non pas pour tenter de le tirer de la pauvreté.

    • Jean-François Trottier - Abonné 25 juin 2020 18 h 38

      M. Lacoste, votre beau discours paranoïaque n'apporte que le même et sempiternel argument : c'est un élu, donc un pourri.

      En fin de compte vous faites exactement la même chose que Mme Larivière : caondamner tout en bloc.

      Il est connu et reconnu que la plupart des élus souhaitent réellement améliorer la situation de tous. Évidemment que ce n'est pas facile! Y a que les menteurs de QS pour dire le contraire, toujours prêts par exemple à partir une belle assurance dentaire alors que le système de santé fonctionne comme de la broche à foin. Pas compliqué, lesmillions, ils les pondent!

      Je ne sais pas ce que le ministre va faire, et vous non plus. Mais vous, vous avez votre rectitude avec vous, et de bien belles assurances que je ne partage pas. Quand vous aurez comrpis que la bêtise penche sérieusement vers les "belles intentions" toujours trahies, quand vous aurez fini de condamner avant le fait, quand vous sortirez de vos préjugés gros comme le bras, on pourra discuter, Maintenant c,est inutile.

      Et oui, de toute évidence, Mme Larivière se prépare une carrière politique, C'est écrit en lettres de feu juste devant vous. Encore faut-il lire pour le vrai.

      Le réalisme est essentiel pour aider vraiment les plus démunis. Il exige autre chose que du chiâlage. Parizeau la savait, lui. Pas Mme Larivière. Pas vous.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 25 juin 2020 20 h 25

    « M. Lacoste, votre beau discours paranoïaque […] quand vous aurez fini de condamner avant le fait, quand vous sortirez de vos préjugés gros comme le bras» (Jean-François Trottier)


    Question de préjugés vous ne donnez pas votre place; mon discours condamne après les faits, des faits dont je suis témoin depuis une soixantaine d'années.
    ___

    « Le réalisme est essentiel pour aider vraiment les plus démunis. Parizeau le savait, lui. Pas Mme Larivière. Pas vous.» (Jean-François Trottier)

    Le réalisme pour moi sont les sandwichs que les Anglais jetaient et que je récupérais aux abords de la «Lemoyne D'Iberville High School» et que je dévorais avant de rentrer chez-moi où le frigo était toujours vide;

    Nous étions en 1965 à Longueuil, j'avais sept ans et j'étais en 3e année B dans la classe de Mlle Dupont à l'école François-de-Bienville, incidemment dans la même classe que celle qui deviendra la comédienne Suzanne Champagne;

    Oui, dans notre «beau Québec», des enfants mangent des vidanges; on est même rendu à les vendre aux pauvres ces vidanges-là, les banques alimentaires en assurent la distribution.

    • Jean-François Trottier - Abonné 25 juin 2020 22 h 22

      Bravo, vous êtes un saint. Ce qui prouve hors de tout doute que le ministre est une crapule.

      Sa "...volonté d'améliorer le sort des pauvres n'est pas politiquement rentable", donc il ne fera rien et n'a jamais rien fait. Une crapule, n'est-ce pas?

      Déchirante votre histoire. Vous pouvez croire que de ça, vous avez tous les droits.

      En tout cas vous les prenez.

      J'ai vécu plusieurs années dans Hochlag, longtemps avant l'embourgeoisement. Des enfants qui mangent dans les poubelles, c'est pas vraiment fréquent. Vraiment pas.

      Aussi je garde des réserves sur votre hiistoire. Mais sinon je puis vous compter comment j'arrive à vivre, mois après mois, avec un revenu loin sous le seuil de pauvreté. Et alors? Le bon sens et le respect des autres, fussent-ils élus, restent.

      Vous étalez des préjugés. Monsieur. Point à la ligne.

  • Mathieu Lacoste - Inscrit 26 juin 2020 00 h 18

    «@Mathieu Lacoste; Bravo, vous êtes un saint.» (Jean-François Trottier)


    Eh bien! C'est mieux que d'avoir le Royaume des Cieux pour soi (Matthieu 5:3)