L’appel aux armes

À Tulsa, samedi 20 juin, Donald Trump a dépassé (une fois de plus !) les bornes de la décence : « avec tous ces lunatiques dans les rues [entendons protestataires], c’est mauditement bien [damn nice] d’avoir des armes ». En 2020, les vrais défis d’un leader politique sont pourtant légion : vaincre cette pandémie, ralentir les changements climatiques, partager la richesse, assurer pour tous un accès à l’éducation et aux soins de santé, etc. Comment peut-on en arriver à proclamer, ni plus ni moins, que la possession d’armes est un
bienfait, sinon même un besoin et en faire un thème de campagne ? Effectivement, les armes pourraient / devraient être un enjeu électoral important aux États-Unis, mais non pas pour défendre la préservation intégrale du deuxième amendement, mais plutôt pour en assu-rer une interprétation plus moderne. Les armes à feu ne sont pas un besoin pour les citoyens d’une ville et il serait peut-être temps de se rendre compte que, même pour la police, elles sont souvent plus une source d’embarras qu’un instrument de travail utile — et ce, est-il nécessaire de le rappeler, autant chez nous qu’aux États-Unis.

  
8 commentaires
  • Serge Lamarche - Abonné 23 juin 2020 04 h 20

    Élections

    Trump n'a pas de vote chez les gentils. Il est évident qu'il cherche à obtenir les votes des méchants. Il a de très bonnes chances aux États-Unis...

  • Richard Lupien - Abonné 23 juin 2020 07 h 08

    Mais monsieur Therrien....

    ....le président des États-Unis appelle sournoisement ses citoyens à utiliser leurs armes....un pas vers la guerre civile?

  • Hélène Lecours - Abonnée 23 juin 2020 07 h 25

    Un enjeu vital

    De toute évidence, pour nos voisins du Sud, la possession d'armes est autant un enjeu vital qu'un enjeu électoral. Les armes sont une religion pour eux et ce ne serait pas étonnant qu'ils les portent jusque dans leurs temples, églises, lieux de culte. Je parle des descendants de ceux qui les ont utilisées sans vergogne pour faire leur place sur ce continent. Il ne s'agit pas de tout le monde, bien évidemment. Mais, nous avons un voisin extrêmement dangereux et le pire serait de l'imiter. Heureusement, nous ne semblons pas aller dans cette direction. Par ailleurs, qui refusera de mentir alors qu'il a un pistolet sur la tempe?

    • Jean Thibaudeau - Abonné 23 juin 2020 08 h 50

      @Hélène Lecours
      Je peux vous confirmer que j'a pu voir quelques vidéos sur les réseaux ayant filmé des séances de "bénédiction" d'armes par des membres du clergé, à l'intérieur d'églises ou de maisons pastorales, dans certains coins des États-Unis. Goupillon en main. Sidérant!

  • Christian Roy - Abonné 23 juin 2020 08 h 13

    Appel aux urnes

    M. Thérien, l'appel aux urnes corrigera celui qui fait appel aux armes. Son congédiement se fera par la poste.

  • Françoise Labelle - Abonnée 23 juin 2020 08 h 43

    Policiers armés dans une société armée

    Trump a tenté de faire passer sa demande de tester moins pour la covid pour de l'humour. L'humour ne fonctionne pas puisqu'on sait qu'il est capable de commettre une telle idiotie.
    Certains services de police ne sont pas armés d'armes à feu mais de bâton, taser et poivre. Les policiers peuvent être armés si la situation l'exige. C'est le cas en Islande, en Irlande, en Nouvelle-Zélande, en Norvège, en GB (sauf en Irlande du nord).

    Selon le Guardian, en 2018, année représentative, il y a eu aux USA, 1,165 décès par tirs policiers dont 410 étaient justifiés. En Suède, les policiers sont armés mais on ne relève pas de décès attibuables à des tirs policiers. Il y a plus de 100 armes à feu par tranche de 100 citoyens aux USA contre 10 à 30 en Suède. Les parades avec armes à feu sont impossibles en Suède.
    Plus d'armes en circulation, plus de décès par armes à feu. La GB, l'Australie, le Japon et la Norvège ont une réglementation stricte sur les armes à feu et beaucoup moins de décès par armes à feu.
    «These four countries have nearly eliminated gun deaths - here's what the US can learn» The Independent, fév. 2018