Une question de précaution et de justice sociale!

Je m’apprête à aller faire mon bénévolat hebdomadaire, qui a repris la semaine dernière.

Malheureusement, cette semaine et aussi longtemps que les autorités sanitaires et gouvernementales n’auront pas rendu le port du masque obligatoire dans les transports en commun, je m’y rendrai en auto, solo.

Pourtant, à pareille date l’an dernier, mon conjoint et moi, qui habitons le centre-ville et privilégions le transport actif, en commun ou en partage, avons vendu notre auto.

Cet après-midi, j’en remettrai une sur la route, en recourant à Communauto alors que mon déplacement se serait effectué facilement par un des parcours Métrobus.

La semaine dernière, j’ai utilisé l’autobus, pour constater qu’avec l’achalandage actuel, qui est loin d’être optimal, il est impossible de respecter une distance, non pas de deux mètres, mais même d’un mètre.

Les autobus ne sont tout simplement pas aménagés en conséquence. S’ils l’étaient, on devrait multiplier le nombre de véhicules en service, ce qui est strictement impossible tant d’un point de vue de disponibilité matérielle que sur le plan de la rentabilité financière.

Par surcroît, pas plus d’un voyageur sur 10 portait un masque, et encore, plusieurs l’utilisaient de façon inadéquate (l’information à ce sujet manque cruellement, soit dit en passant).

Donc, fini le transport en commun pour moi jusqu’à nouvel ordre.

J’ai la « chance » de pouvoir me payer une location d’auto, ce qui est loin d’être le lot de la majorité des usagers du transport en commun.

Encore une autre façon de creuser les inégalités, mais aussi de plomber l’avenir du transport collectif.

Quelle honte !

Les excuses du Dr Arruda, d’attendre des preuves « béton » (qui, on le sait, n’existent pas) ou une deuxième vague avant d’imposer le port du couvre-visage, et celles de M. Legault, de ne pas pouvoir imposer une pénalité aux réfractaires faute d’une « police des masques », me semblent oiseuses et irresponsables.

Se contenter de « fortement recommander » ne suffit pas, de toute évidence. Alors quoi ?

Le principe de précaution et la justice sociale exigent qu’on passe maintenant à une autre étape.

3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 18 juin 2020 07 h 58

    Vraiment désolé

    Désolé Mme Minguy, le port du masque est un dernier recours qui n’est absolument pas efficace dans une foule. C’est pour cela qu’ils n’existent aucune donnée probante et factuelle sur son utilité en temps de pandémie même si plusieurs chercheurs se sont attelés à la tâche pour en découvrir. Non seulement la plupart des masques sont inadéquats, personne ne les porte correctement et en plus, se contamine en se touchant le visage en moyenne, plus de 25 fois par heure. Le seul remède efficace contre ce virus, contre tous les virus, c’est la distanciation sociale, le lavage de main et enfin, le confinement. C’est cela la précaution et la justice sociale. Les masques vous donnent seulement un sentiment de fausse sécurité. Si les deux mètres sont impossibles, eh bien, il est pratiquement utopique de penser que nous ne serons pas contaminés dans un futur proche avec un masque. Et la meilleure façon aujourd’hui d’éviter la COVID-19, c’est de circoncire Montréal de notre agenda de voyage avec ses plus de 1 800 morts par million à l'heure de ce commentaire.

    Pour le docteur Arruda et ses excuses, celui-ci devrait partir de la Santé publique, non pas à cause du masque, mais de son incapacité à cerner et à prendre l’épidémie sérieusement au tout début de la crise, l’étape charnière qui nous a conduit à le deuxième place au monde en fait de contamination et de morts par million de population.

    Et un petit mot pour nos manifestants de demeurer chez eux en temps de pandémie ferait aussi du bien.

  • Sylvie Lapointe - Abonnée 18 juin 2020 18 h 06

    Apprendre à assumer les risques

    Madame Minguy. Quiconque sort avec sa voiture prend le risque d’avoir un accident. Il n’y a aucune garantie que cela n’arrivera pas. Il est possible que vous soyez tuée, gravement blessée, modérément blessée, que vous ayez subi des dommages matériels à votre voiture, etc. Et il en est de même si vous décidez de sortir de chez vous en vélo ou même à pied.

    Alors, c’est bien dommage à dire, mais c’est à vous, et d’abord à vous, d'évaluer à quel point vous êtes prête à gérer les risques et conséquences de vos sorties, dans la mesure où vous prenez la décision de sortir. Dans l’éventualité où cela vous paraît trop risqué pour votre santé ou votre intégrité personnelle, alors vous n’auriez pas d’autre choix que de rester confinée chez vous jusqu’à ce que vous vous sentiez à l’aise de sortir à l’extérieur. Et je ne pense pas que le fait de ‘’faire du bénévolat’’ justifie que toutes les autres personnes dans la société doivent impérativement s’arrimer à vos craintes et faire en sorte de que vous, personnellement, vous sentiez absolument protégée de tout.

    Avec tous respects, c’est à chacun de nous de gérer les risques que nous sommes prêts à assumer dans le cadre de nos activités.

  • Christian Roy - Abonné 18 juin 2020 18 h 10

    Sentiment semblable

    Mme Minguy, j'éprouve la même crainte que vous par rapport aux autobus et à l'utilisation du métro. Les avantages du port d'un couvre-visage ne font pas l'unanimité mais il fut démontré que la prolifération des goutellettes potentiellement contaminées est largement inférieure lorsque les personnes en font usage. Le port du masque n'a pas qu'un effet placebo.

    Plusieurs grandes villes obligent le port du couvre-visage le temps de la pandémie. Je trouve l'implantation de ce règlement très sage. Mais n'avons-nous pas l'art au Québec de nous croire un brin supérieur et distinctif et de tervigerser quand il s'agit d'abnégation pour atteindre collectivement un bien supérieur. Qu'avons-nous à perdre d'obliger les usagers d'en porter un lors de leur séjour en un lieu clos favorable à la promiscuité ? N'est-ce pas faire appel à un minimum de civisme ?

    Même Donald Trump qui n'est pas prêt à assumer les conséquences éventuelles de son show partisan en rassemblant à Tulsa sa colonie de lemmings en fin de semaine trouve au couvre-visage une certaine vertu. C'est ben pour dire. Le port du masque y sera proposé... Si c'est bon pour les trumpistes les plus méfiants des recommandations de scientifiques, c'est bon pour tous dans les mêmes conditions.

    Le masque doit être obligatoire lorsqu'on prend le transport en commun. Aussi obligatoire de le port d'un gaminet ou d'un pantalon. C'est le gros bon sens. C'est un geste altruiste au bénéfice des co-passagers. Cela vaut la dépense.