Questions distinctes sur la langue et l’éducation

Bravo au Conseil scolaire francophone de la Colombie-Britannique et à la Fédération des parents francophones de la Colombie- Britannique : « Victoire pour les francophones hors Québec » (Le Devoir, 13 juin).

Après une lutte qui a duré dix ans pour les droits à l’éducation dans la langue de la minorité garantie par la Charte canadienne, la Cour suprême du Canada a statué que les enfants qui étudient en français en Colombie-Britannique (C.-B.) doivent recevoir la même qualité d’éducation que ceux qui étudient en anglais. La Cour suprême a statué que tous les enfants méritent les mêmes chances de réussite et a ordonné à la province de payer des millions de dollars pour construire de nouvelles écoles, améliorer les écoles existantes et mieux financer le transport scolaire par autobus.

Entre-temps, des groupes anglophones comme l’Association des commissions scolaires anglophones du Québec et le Quebec Community Groups Network (QCGN) espèrent que la décision de la Cour suprême concernant le financement des écoles de langue française en Colombie-Britannique « renforcera » leur argument contre le projet de loi 40 du Québec, lequel modernise le système d’éducation publique du Québec.

J’espère que non. La question en Colombie-Britannique n’a rien à voir avec la situation au Québec. La minorité francophone en Colombie-Britannique a besoin d’écoles ; au Québec, la minorité anglophone a de nombreuses écoles sous-utilisées, en partie parce que des milliers d’élèves anglophones vont dans des écoles francophones.

La question en Colombie-Britannique porte sur la langue et l’éducation ; la question au Québec porte sur l’amélioration de l’efficience, de l’efficacité et de l’équité du système de gouvernance de l’éducation publique.

La minorité anglophone du Québec a la chance d’avoir eu des gouvernements successifs qui ont reconnu leurs droits à l’éducation en vertu de la Constitution canadienne.