Cherchez l’erreur!

Depuis les événements entourant la mort de l’Afro-Américain George Floyd tué lors d’une altercation avec un policier blanc aux États-Unis, une éclosion de manifestations antiracistes s’est propagée autant en Europe qu’aux États-Unis et au Canada, notamment à Montréal et à Québec.

Des milliers de personnes se rassemblent devant les yeux des policiers, qui se contentent de maintenir le calme. Et pourtant, depuis des mois, la Santé publique nous répète sans relâche l’importance de respecter la consigne de la distanciation physique de deux mètres. Il en est ainsi pour les rassemblements qui ne doivent pas excéder dix personnes…

Comment le fils que les autorités d’un CHSLD ont empêché de voir sa mère avant qu’elle meure en invoquant la défense de la santé publique peut-il se sentir devant de telles contradictions ? Comment un père qui a reçu une contravention pour avoir amusé son fils dans une balançoire située sur un terrain public peut-il se sentir ?

En réalité, la Santé publique, depuis le début des manifestations, agit comme si la COVID-19 avait pris congé… Cherchez l’erreur !


 
11 commentaires
  • Simon Grenier - Abonné 15 juin 2020 05 h 05

    C'est le difficile exercice de hiérarchisation des valeurs dans une démocratie... l'ordre ou la santé publique? Punir tous les contrevenants ou provoquer de plein gré une émeute 100% prévisible qui en plus de la contamination massive, ajoutera violence, blessés/décès, vandalisme, des milliers de pertes supplémentaires pour les commerçants/citoyens déjà terrassés par la situation mondiale? Mettre sur le même pied un virus théoriquement non-doté de conscience et 450 ans d'esclavage, d'asservissement et de misère injuste ou bien considérer que ce sont deux choses complexes et distinctes? Comparer quelques policiers qui tuent un citoyen noir juste parce qu'ils avaient un gun et des gens qui se font cracher dessus (et refuser des djobbes, des loyers, la paix, etc.) sans arrêt ou se demander comment on a pu se rendre là?

    À toutes ces questions difficiles, il faut ajouter le timing... Que l'État tue des innocents dans un pays où on applique la "règle de droit" alors que la société civile est déjà agressivement affectée par le confinement et les impacts de la pandémie, ce n'était pas l'idée du siècle non plus. Ce qui choque chacun d'entre nous est d'une éloquence fascinante.

  • Marc Therrien - Abonné 15 juin 2020 06 h 24

    Prévenir la contagion de l'abus de pouvoir


    Peut-être que les manifestants qui déplorent la brutalité policière et le racisme tolèrent tout simplement mieux le risque relié à la Covid-19 qui est contagieuse et sur laquelle il est plus difficile d’avoir du contrôle que celui de la contagion de l’abus de pouvoir qui lui peut se contrôler. Probablement que François Legault a pensé qu’il avait assez demandé d’obéissance à son peuple et qu’il pouvait lui être bénéfique de désobéir un peu. Ces temps-ci, il y a des autochtones au Canada qui ont certainement moins peur de la Covid-19 que de la police.

    Marc Therrien

  • Hélène Lecours - Abonnée 15 juin 2020 07 h 12

    Faut croire

    Faut croire que, même en ces temps de pandémie, le sentiment d'injustice et le désir de justice pour tous, passe avant le danger de contagion dans nos coeurs. D'ailleurs, comme vous dite, il est injuste et stupide de donner une contravention à un père qui a permis à son fils une balançoire dans un jardin public. Faut croire aussi que toutes ces manifestations n'empêchent pas les policiers de tuer pour ainsi dire gratuitement des gens beaucoup plus faibles qu'eux parce que ce sont des "vauriens" à leurs yeux et qui plus est des vauriens d'une autre couleur, d'une autre langue que la leur, et quoi encore ? Parce qu'ils sont convaincus que la "race" a quelque chose à voir là-dedans. Et, probablement, parce que tant qu'à transporter tout cet équipement dangereux auquel ils ont accès, aussi bien s'en servir n'est-ce-pas? Ça donne un tel sentiment de puissance que de pouvoir tuer sans subir la moindre conséquence, ou plutôt d'en être récompensé par une mise à l'écart temporaire AVEC SOLDE.

  • Réal Boivin - Abonné 15 juin 2020 07 h 14

    Nous sommes à l'ère de l'irréel.

    Ce n'est pas la réalité qui est importante aujourd'hui. C'est ce que chaque personne s'imagine comme étant le réel.

    • Cyril Dionne - Abonné 15 juin 2020 13 h 03

      Comme c'est bien dit M. Boivin. Bien oui, tout le monde carbure à sa propre réalité.

  • Pierre Rousseau - Abonné 15 juin 2020 07 h 56

    Bonne question

    Il faut aussi se demander si les autorités n'ont pas exagéré les mesures coercitives et de répression en général, surtout quand on constate que d'autres juridictions ont été beaucoup moins répressives mais ont eu quand même un bien meilleur succès devant la pandémie. Une fois avertis des dangers, est-ce que les citoyens ont besoin de la vigilance de l'état (et de la police) pour juger des risques à leur santé ?