Deux poids, deux mesures: l’Afro-Américain et l’Amérindien

À 2000 km d’ici, aux États-Unis, un Afro-Américain (George Floyd) est abattu par la police. Cet événement connaît un retentissement qui déborde largement les frontières américaines et provoque une indignation considérable, tout à fait compréhensible. Cet événement fait ressusciter au Québec le débat sur le racisme. Peu après, à 600 km d’ici, au Nouveau-Brunswick, une jeune Autochtone (Chantel Moore) est abattue par la police.
Silence radio, ou presque.

Voici deux cas de graves bavures policières ayant entraîné dans la mort deux victimes de profilage racial. Deux tragiques événements qui ont fait l’objet d’un traitement dans nos médias radicalement différent, l’un impliquant un Noir aux États-Unis, l’autre, une Amérindienne au Canada. Deux poids, deux mesures…


 
12 commentaires
  • Sylvio Le Blanc - Abonné 13 juin 2020 09 h 43

    Nous savons peu de choses sur la mort de la jeune Amérindienne

    Il est trop tôt pour tirer des conclusion. Mais je ne pense pas que ce soit comparable aux événements de Minneapolis.

    • Cyril Dionne - Abonné 13 juin 2020 11 h 49

      Oui, dans les médias anglophones, tout y est. Et c'est beaucoup plus pire qu'à Minneapolis. Chantel Moore, une autochtone sans dossier criminel, mère de 26 ans, qui a été abattue par des policiers. Son conjoint de Toronto avait appelé pour un contrôle santé, et la GRC du Nouveau-Brunswick l’a abattu de cinq balles sous prétexte que celle-ci avait un couteau en main. Difficile à comprendre lorsqu’il s’agit d’un contrôle santé pour une personne en détresse psychologique. Personne n'est sensé mourir dans ce cas et nul besoin d'armes.

      Pardieu, George Floyd n'était ni un saint ou un martyr; ce n'était qu’un vulgaire criminel qui venait d’essayer de passer un faux billet lorsqu'il a subi la torture jusqu'à sa mort prematurée par des officiers de police qui ont beaucoup de points semblables avec les hordes SS d'un autre temps.

    • Raymond Labelle - Abonné 14 juin 2020 07 h 38

      contrôle-santé - quelle cruelle ironie.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 14 juin 2020 11 h 42

      Le contrôle santé a été d'une rare efficacité: Madame Moore n'est plus malade.

      Monsieur Dionne a raison : cet incident déplorable vaut bien celui de Minneapolis, mais il ne fera pas de vagues comparables à l’autre : les médias en ont décidé ainsi, eux qui considèrent que la violence à l’endroit des autochtones est plutôt banale. Les autres minorités visibles ne monteront pas non plus aux barricades, toutes occupées qu’elles sont par la mise en valeur de leur propre souffrance.

      Pour le reste, en voyant les réactions de gens se prétendant bien informés, on ne peut que constater que la capacité du public à s'indigner est directement proportionnelle à l'importance et au degré de couverture qu'accordent les médias à un évènement donné.

      C'est là qu'on peut voir que le "quatrième pouvoir" - celui qu'on les médias d'informer la population et, par delà même, de manipuler l'opinion publique - en est réellement un.

  • Marcel Fréchette - Abonné 13 juin 2020 10 h 35

    Le Biologiste et les Pigments

    Un biologiste avait acquis une réputation
    En étudiant du vivant la régulation.
    Les demandes d’expertise se succédaient,
    Tant sur la moule que sur la crépidule,
    Mais l’une d’elles le laissa incrédule.
    La question portait, c’était sans gêne,
    Sur la pigmentation de la peau humaine.

    Ce message se lisait comme suit :
    « Je suis un ex-employé de police
    De la ville de Minneapolis.
    Une question me poursuit
    Je dirais qu’elle me turlupine.
    Vous le savez, le caractère brunâtre
    Ou foncé de la peau noire ou mulâtre
    Est régi par une molécule, un pigment
    Qu’on appelle l’eumélanine.
    Mon questionnement est le suivant :
    À partir de quelle densité en eumélanine
    Un épiderme cesse-t-il d’être blanc ?
    Je m’intéresse moins à la phéomélanine,
    Qui confère une couleur rougeâtre ou cuivrée.
    Quoique… quoique si j’avais été affecté
    À une réserve amérindienne,
    J’aurais pu revoir ma position
    En vertu de confrontations anciennes.
    Pouvez-vous m’aider sur cette question ? ».

    L’aider à ce sujet ??!! Le biologiste se contint,
    Se fit les plus belles oreilles de Vulcain
    Qu’il pût, puis il écrivit :
    « Affirmatif : lisez Albert Jacquard ».
    Et il cliqua envoyer dare-dare.

  • Cyril Dionne - Abonné 13 juin 2020 10 h 55

    Le silence radio tonitruant

    Et voilà, vous avez tout dit sur ce supposé racisme systémique. Chantel Moore n’a presque pas fait les manchettes puisque son heure de publicité gratuite de la part des médias était passée avec l’Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées de l’an passé. Maintenant, l’heure de l’autoflagellation des Québécois est consacrée aux Noirs avec leur poster boy, M. Floyd, un criminel connu, et Mme Moore, simplement une mère qui essayait de donner le meilleur à son enfant sans jamais avoir commis de crime, tuée sous les balles de la GRC. Celle-ci est oubliée parce qu'elle ne rentre pas dans les critères de la désinformation de l'heure et la saveur du mois. Oui, misère

    • Raymond Labelle - Abonné 14 juin 2020 07 h 44

      Je crois qu'on en parle plus dans les médias anglophones.

      Ceci dit, cet événement est un élément de plus montrant qu'il y avait bel et bien matière à Enquête nationale sur les femmes et les filles autochtones disparues et assassinées, enquête dont la discrimination policière est un élément charnière.

      De façon plus générale, au Canada (ROC et Québec) on aime bien se consoler en regardant les États-Unis alors qu'on devrait davantage se regarder en face.

  • Jean-Yves Arès - Abonné 13 juin 2020 12 h 37

    Un peu de discernement s'il vous plait.


    George Floyd est tué, lentement, par un policier. Non seulement la mise a mort de Floyd s'est faite lentement mais en plus il y a maintenant des témoignages qui confirment que Floyd et Chauvin se connaissaient et avaient des conflits. Ce qui change passablement l'éclairage sur ce meurtre.

    Au Nouveau-Brunswick la jeune femme a reçu le policier de façon menaçante avec un coteau a la mains. Ici la situation a dégénéré en quelques secondes. Et le policier a fait ce qu'on lui a appris a faire en de telle circonstance.
    Bien sûr on peut et on doit questionner ce moyen de défense mortelle qu'on apprend au policiers, mais on a absolument pas le même contexte que celui de l'assassinat de George Floyd

    • Cyril Dionne - Abonné 13 juin 2020 13 h 08

      Pour la femme du Nouveau-Brunswick tuée par la GRC, l'histoire du couteau nous vient des policiers. Il n'y avait aucune caméra pour enregistrer les faits. Intervenir dans un cas de contrôle-santé et la personne en détresse sans dossier criminel meurt sous le tir de cinq balles. Ne trouvez-vous pas cela curieux?

    • Raymond Labelle - Abonné 14 juin 2020 07 h 36

      Pour ce qui est de la femme autochtone, même dans l'hypothèse où il y aurait eu couteau et menace, on peut tirer dans un bras ou une jambe ou même, dans le pire du pire, dans le ventre, plutôt que dans le coeur ou la tête - cela suffit pour éliminer tout danger. Ceci, sans compter les moyens de la calmer ou de la neutraliser sans tirer du tout. M. Dionne dit que cinq balles ont été tirées (je n'ai pas vérifié moi-même). Dans ce cas, mettons qu'après avoir reçu la première, elle ne devait pas être très menaçante. Il n'était pas nécessaire de tirer dessus jusqu'à ce qu'on soit sûr qu'elle était bien morte.

      M. Arès a raison de préciser que la mort de Floyd a été lente - il était manifestement hors d'état de nuire, et il avait indiqué qu'il ne pouvait pas respirer. 8 minutes et quelque chose, c'est vraiment long.

      Ceci dit, dans le premier cas, il y a quelque chose de réflexe, si ça a duré quelques secondes, et dans le deuxième cas, le policier a vraiment eu le temps de réfléchir.

      Ce qui est difficile à déterminer: les policiers auraient-ils agi de la même (clairement mauvaise) façon dans les mêmes circonstances s'il s'était agi de Blancs? On soupçonne que non, mais c'est difficile à prouver.

    • Raymond Labelle - Abonné 14 juin 2020 07 h 57

      M.Arès, sur un autre sujet à un autre article, où je n'ai pas pu vous répondre à cause de l'expiration des délais (s'il-vous-plaît modératrice-teur).

      TPS-TVH. Les fournisseurs n'ayant pas de résidence au Canada et fournissant des services ou des biens meubles incorporels, comme par exemple Netflix, peuvent fournir à des consommateurs ou à des inscrits. Dans le cas de fournitures à des consommateurs, la taxe finit par entrer dans les coffres de l'État.

      Mais même dans les cas où la taxe est payée par un inscrit qui a droit à un crédit de taxes sur intrants intégral, le mécanisme de payer la taxe et de réclamer le crédit est un élément de l'intégrité du système. C'est le cas pour un tas de fournitures faites et acquises au Canada sujettes à la taxe. Si on raisonne en disant, bof, dans ces cas-là, aussi bien ne pas facturer la taxe puisqu'elle sera intégralement créditée à l'acquéreur, on attaque l'intégrité même, le fondement même, du système de taxe à valeur ajoutée.

      De plus, pour en revenir à nos fournisseurs n'ayant pas d'emplacement au Canada, plusieurs de ceux-ci font aussi des fournitures à des consommateurs qui ne peuvent réclamer de crédit de taxe sur intrants, comme par exemple Netlix.

  • France Martinez - Abonné 15 juin 2020 00 h 37

    Jugement cruel

    M.C. Dionne, au delà de la mort de George Floyd, ces manifestations dénoncent le profilage racial et la brutalité policière, souvent gratuite, envers les membres des communautés racisées, notamment Afro-Américaines, comme les jeunes victimes innocentes Breonna Taylor et Amhaud Arbery. Floyd, lui-même, n'a pas résisté à son arrestation et sa faute était mineur.
    Pour vous, tenter de payer avec un faux billet de 20$, alors qu'on est pauvre et sans emploi, ça mérite la peine de mort?! C'est le système judiciaire auquel vous aspirez? Vous seriez du même avis si c'était une personne autochtone? Les problèmes qui sévissent dans les communautés racisées, notamment afro-américaines et autochtones, affectées par un lourd passé d'abus qui a laissé ses traces, sont similaires. Il m'est arrivé de me faire refiler un faux billet de 10 dollars par une personne autochtone. Je ne l'ai pas dénoncée et je n'aurais jamais souhaité qu'elle se fasse malmener ou tuer par la police...
    Oui, Monsieur George Floyd a eu un passé de petit criminel et il a payé pour ces crimes. Il s'éfforçait de se réhabiliter, travaillait depuis sa sorti de prison, mais a malheureusement perdu son emploi de garde de sécurité dans la foulée de fermetures d'entreprises causées par la pandémie de COVID-19.
    Les personnes qui l'ont connu, y compris son patron, en parle comme d'un homme bon, voire pacifique. Le policier qui l'a étouffé a souvent été impliqué dans des "incidents" armés mortels et fait l'objet de plusieurs plaintes pour brutalité policière. Si vous avez vu la vidéo de sa mise à mort , vous pouvez constater que durant tout ce temps, George Floyd reste poli et s'adresse au policier en l'appelant "Sir". Vous pouvez aussi le voir pendant de longues minutes implorer pour sa vie et finalement s'éteindre : le nez qui saigne indiquant l'atteinte au cerveau, et l'urine qui s'échappe annonçant sa mort, mais vous ça vous laisse froid. Ce que vous dites sur GF, des ignorants l'affirment sur les autochtones.