21 longues secondes de silence

Un Justin Trudeau de glace, le regard figé droit devant lui pendant 21 secondes à la suite de la question d’un journaliste portant sur le discours et les actions du président des États-Unis qui en appelle désormais à l’action militaire envers les manifestants dans plusieurs villes américaines.

Finalement, après un soupir, la « réponse » est venue. En fait, Justin Trudeau n’a jamais répondu à la question, se contentant d’exprimer son « horreur » et sa « consternation » devant « ce qui se passe aux États-Unis », et de faire dévier le sujet sur le racisme au Canada.

Mais que s’est-il donc passé dans la tête de Justin Trudeau pendant ces 21 longues secondes de silence ? Avait-il planifié ce silence dans l’éventualité, voire la certitude, que la question allait lui être posée ? Si oui, quelle était son intention en gardant le silence ? Toutes des questions qui demeureront certes sans réponse…

Sans avoir aucunement la prétention de lire dans les pensées des gens, j’ose quand même quelques éléments de réponses. À mes yeux, Justin Trudeau avait prévu cette question et son silence se voulait révélateur d’une part, de son malaise eu égard au discours de Trump et d’autre part, de la fragilité des relations commerciales avec nos voisins du Sud.

Or, connaissant la hargne que Justin Trudeau éprouve envers le racisme, je suis d’avis qu’il aurait pu tout au moins réaffirmer sa position envers les propos incendiaires du président américain, une attitude davantage digne d’un premier ministre au lieu d’un interminable lourd silence…

10 commentaires
  • Hélène Lecours - Abonnée 5 juin 2020 07 h 33

    Silence on tourne

    Il avait certainement prévu qu'on lui poserait la question et ne savait pas coment répondre. Quelqu'un répond-il vraiment à D. Trump? Il y en a peu, il n'y en a guère. Bien sûr, on peut dire de belles paroles vides, comme "j'ai horreur du racisme", et puis après? Il est là, le racisme: président des U.S.A, notre voisin immédiat avec qui nous interagissons tous les jours et sur qui nous ne nous sentons aucun pouvoir. Il a ses droits, il a ses lois, avec lesquelles nous ne semblons pas pouvoir interférer. Ne pas lui parler? Ne pas trouver le moyen de lui parler? Si un chef d'état ne le peut pas qui le pourra? C'est ainsi qu'on finit par se sentir démuni et lâche.

  • Christian Montmarquette - Abonné 5 juin 2020 07 h 45

    Quelle était son intention en gardant le silence ?

    Il faut manquer d'analyse pour ne pas comprendre que le silence de Trudeau exprimait son malaise face à au président américain et qu'il traduisait à la fois son désaccord avec Donald Trump et la difficulté du Canada à critiquer la gouvernance américaine.

  • Marc Therrien - Abonné 5 juin 2020 07 h 47

    Place à la révélation de soi par les projections


    Il était intéressant de lire dans les fils de commentaires suivant les chroniques d’opinion sur cette « affaire » dans le JDM, les diverses interprétations de ces 21 secondes de silence de Justin Trudeau. On y retrouve là toute la force du silence utilisée en psychanalyse servant à l’interlocuteur qui s’y heurte à pouvoir exprimer toutes ses projections pour ensuite mieux s’observer et se connaître à travers elles qui le révèle. Le locuteur interloqué par le silence de Justin Trudeau qui interprète ce que ce silence disait en dit bien davantage sur lui-même que sur Justin Trudeau.

    Marc Therrien

  • Réjean Martin - Abonné 5 juin 2020 10 h 28

    peut pas parler

    le silence de monsieur Trudeau signifie «peut pas parler»; il semblait hélas un peu trop arrangé toutefois. Mais, il est vrai que le Canada ne peut pas vraiment affronter la bête sans conséquences...

  • Bernard Terreault - Abonné 5 juin 2020 11 h 17

    Bien non

    Il ne s'attendait certainement pas à la question, il aurait prévu sa réponse lénifiante d'avance. Cela dit, ça montre la dépendance économique, ET politique, ET culturelle du Canada.