Les CHSLD sous la loupe de l’armée

Un rapport aurait été déposé par des militaires concernant des CHSLD en Ontario, et un autre est annoncé relativement à certains au Québec. Comment se fait-il que ce soient des militaires qui sonnent le glas par de tels rapports ? Au Québec, n’appartient-il pas à l’Ordre des infirmières et infirmiers, au Collège des médecins ou à d’autres organisations médicales de le faire, ou à tous les autres intervenants ? Il est vrai que, dans nos sociétés, « on laisse en repos ceux qui mettent le feu, et on persécute ceux qui sonnent le tocsin » (Sébastien-Roch Nicolas, dit Nicolas de Chamfort).

8 commentaires
  • Loraine King - Abonnée 1 juin 2020 04 h 26

    Sans doute

    que cela se fait parce que les gouvernements du Québec et de l'Ontario ont exigé la présence de l'armée sur son territoire. Comptons-nous chanceux qu'Ottawa ne nous envoie pas la facture comme on l'avait fait en 1999 pour déneiger la ville de Toronto.

    • Bernard Dupuis - Abonné 1 juin 2020 09 h 36

      Chanceux?
      S’il fallait qu’Ottawa envoie une facture pour payer l’armée de nos taxes, ce serait vraiment la fin des haricots. Rappelons que les Québécois paient déjà cinquante milliards annuellement en taxes et impôts au gouvernement canadien. Ottawa finance déjà grassement l’armée à même ce pactole.

    • Denis Drapeau - Abonné 1 juin 2020 10 h 00

      1. Québec et Ontario n'ont pas exigé l'aide de l'armée mais l’ont demandé;

      2. La demande ne visait pas la production d'un rapport fédéral dans un domaine de juridiction provinciale et encore moins sa divulgation public mais simplement des bras sur le terrain. Le mandat de l'armée dans ce cas bien précis a été déterminé par les gouvernants politiques des deux juridictions sans qu'il y soit mentionné la production et surtout la divulgation public d'un rapport; auquel cas M. Legault s'y serait certainement opposé. Trudeau sait très bien qu'apporter son aide à une province ne lui donne pas le droit de porter un jugement dans une juridiction qui n'est pas la sienne et c'est pourquoi il a pris ses distances en affirmant qu'il n'était pas au courant. Vrai ou faux? L'état-major y est allé de sa propre initiative en toute innocence de la constitution canadienne ? Permettez-moi d'en douter.

      Cela pose la question ultime, d'où vient le mandat de l'état-major pour rédiger un rapport et surtout le rendre public à la place des dirigeants politiques? Curieux que les médias n'aient pas dénoncé cette intrusion fédérale. À croire qu'une bonne action de l'armée sur le terrain empêche toutes critiques de son état-major. Quant à l’Ontario et le Québec, leur silence est simplement dû au fait qu'ils auront besoin plus que jamais de l'argent du fédéral pour relancer l'économie. Le pouvoir de dépenser du fédéral fait du Canada une pseudo-fédération.

      3. Si le fédéral n'envoie pas de facture pour l'armée, c'est qu'il assume ainsi sa part de responsabilité dans L'ampleur de cette pandémie, notamment en retardant indument la fermeture des frontières.

    • Marc Therrien - Abonné 1 juin 2020 10 h 53

      Rien de mieux que d'avoir de la visite qui peut voir d'un nouvel oeil ce qu'on ne veut plus voir ou ne peut plus voir. Les enfants victimes d'abus dans les familles dysfonctionnelles et pathologiques pourraient vous dire comment la visite se faisait rare chez eux.

      Marc Therrien

  • Cyril Dionne - Abonné 1 juin 2020 08 h 40

    Les mirages

    Et si on envoyait des gens de l’Ordre des infirmières et infirmiers et du Collège des médecins pour faire un rapport sur les états généraux des forces armées, nous risquerions de trouver des anomalies encore plus grandes que celles observées dans les CHSLD, et ceci, à tous les niveaux. L’herbe est toujours plus verte ailleurs.

  • Jean-Pierre Martel - Abonné 1 juin 2020 10 h 07

    L’omerta

    L'auteur demande : "Comment se fait-il que ce soient des militaires qui sonnent le glas par de tels rapports ?"

    Parce qu'aucun gestionnaire d'etablissement de santé peut les menacer de représailles au motif de manquer de loyauté à l'employeur… Leur employeur, c'est à Ottawa, et non tous ces menteurs qui nous cachent la verité tant qu'ils le peuvent.

    • Serge Pelletier - Abonné 2 juin 2020 01 h 24

      Exact. Et toute personne le moindrement censée sait que toute action militaire, même lors des exercices d'eux-mêmes et entre eux-mêmes, la rédaction de rapports est omnoprésente... Ces rapports couvrent tout allant du nombre de cartouches perdues, au nombre de sachets "déjeuners"... à celui qui a fait "pipi dans ses culottes".

      Pour le Québec, les infirmières, les préposées, et autres personnes du milieu qui décriaient ce qui se passait dans ces lieux étaient traitées de menteuses par la gang du GV-Q. Les personnes du milieu, qui "parlaient", recevaient des menaces en tous genres des divers échelons hiérarchiques... Menaces qui se doivent obligatoirement d'être approuvées par le GV-Q, et le Cabinet de PM (ce qui revient à dire le PM en personne)... Sans cela la personne qui "menace" sans autorisation "d'en-Haut" va se retrouver sur une tablette dans le temps de le dire.

      Avez-vous, quelqu'un, n'importe qui, entendu le PM-Legault dire en pleine TV (il est là pratiquement à tous les jours) ordonner à tous ces sous fitres de gestionnaires d'en-haut de dirent la vérité immédiatement, virité sans les entourpilettes langagières bureaucratiques, et ce cesser immédiatement les menaces envers le personnel qui "parlait". Que cela était un ordre direct, que toute dérogation à cet ordre directe entrainerait le congédiement immédiat et sans aucune compensation, et que les "temps cotisés de retraite de service" étaient de se fait annulés et nuls - seule la partie cotisée par le congédié serait remboursée et avec les intérêts légaux (ça c'est environ 2%/an), mais aucunement la part de l'État. Là un fonctionnaire "y'écoute en titi"... Pis, "y'obéit en titi"...

      Que non... C'est toute une gang de menteurs, de menteuses que ces employés là... Car mon chum que j'ai nommé (et qui a lui-même nommé ses chums, et ses enfants, et sa parenté et amis), entre autre comme DG à plus de 250,000$/an, m'a dit que c'était pas vrai...

  • Bernard Dupuis - Abonné 1 juin 2020 10 h 43

    Quand la social démocratie fout le camp

    Je me rappelle que pendant les quinze dernières années plus l’Ordre des infirmières et les syndicats dénonçaient la politique d’austérité du gouvernement libéral, non seulement en santé, plus ce dernier était réélu à Québec au plus grand plaisir de ceux qui disaient que le Québec comptait trop de programmes sociaux.

    Des journalistes, commentateurs et éditorialistes comme François Cardinal et Yves Boisvert qui appuyaient sans esprit critique les politiques libérales de compressions budgétaires en santé et en éducation sont maintenant ceux qui fustigent hypocritement l’état du système de santé et des CHSLD.

    Même Michel David et les journalistes de Radio-Canada félicitaient ardemment le ministre Carlos Leatao pour son travail comme ministre des Finances. On se souvient que ce travail consistait à mettre de l’avant des mesures de « rigueur budgétaire » qui ne devaient pas, disait celui-ci, toucher les individus, mais seulement les structures.

    Ainsi, ceux qui ont appuyé le gouvernement libéral, y compris les groupes de gauche, sont malvenus aujourd’hui de venir dénoncer les politiques de ce gouvernement. Finalement, le peuple québécois influençable et incapable de diversifier ses choix politiques en paie durement le prix aujourd’hui. Au fond, Mme Marois ne fut pas pire première ministre que M. Charest et M. Couillard. Au contraire!

    Bernard Dupuis, 01/06/2020