Évaluer les acquis correctement

Les établissements d’enseignement sont de plus en plus nombreux à annoncer un enseignement à distance cet automne. Pandémie oblige, il sera en effet impossible de respecter la distanciation physique avec les locaux disponibles. L’éducation à distance pourrait durer des années si le vaccin tant désiré tarde à arriver. Certains étudiants pourraient ainsi faire une bonne partie de leur formation secondaire, collégiale ou universitaire à distance. Est-ce raisonnable de croire que des examens transmis de manière électronique ou une évaluation basée sur des travaux à la maison soient suffisants pour bien évaluer ? Que des étudiants ayant peu ou pas compris la matière, par manque d’efforts, d’adéquation avec le programme ou d’aide, n’essaieront pas d’obtenir la note de passage en plagiant ? Que les efforts seront au rendez-vous sachant qu’on ne pourra pas évaluer adéquatement ? Après des années d’expérience en enseignement, je suis convaincue que non. Ça ne pose pas de
problèmes pour certains, mais beaucoup pour plusieurs.

Les évaluations de la dernière session, quand il y en a eu, se sont faites à distance, avec tous les problèmes que ça implique. Dans certains cas, on a suggéré deux seuls résultats possibles : succès ou échec. On sait pourtant qu’obtenir la note « succès », que l’on ait tout compris ou compris à peu près rien, est un excellent incitatif pour minimiser ses efforts. C’est malheureusement dans la nature humaine d’ajuster ses efforts à la récompense attendue.

L’évaluation des enseignements pourrait très bien se faire en présentiel, et ce, à tous les niveaux de notre système d’éducation, avec un minimum de bonne volonté. Le processus pourrait se faire sur quelques semaines en divisant les groupes de manière à respecter les deux mètres nécessaires. Plus de problèmes de locaux en espaçant l’évaluation dans le temps.

Il faut évaluer correctement les acquis de nos étudiants, et la meil-leure façon de le faire est souvent via un bon vieil examen en présentiel. Si on persiste à évaluer les acquis à distance comme on a dû le faire cet hiver, faute de temps pour mieux s’organiser, aussi bien offrir des diplômes par la poste.

 
5 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 30 mai 2020 08 h 38

    Oui pour évaluer les acquis correctement

    Oui, l’école à distance pourrait durer des années si le vaccin tant désiré tarde à arriver parce qu’il risque de ne jamais apparaître. Ils n’ont jamais trouvé aucun vaccin efficace pour les virus du type « coronavirus ». Aucun. Et celui-ci, notre cher SARS-CoV-2, deviendra probablement saisonnier si les mutations commencent à faire des siennes, 2e, 3e et 4e vagues obligent.

    Ceci dit, il existe une myriade de logiciels dédiés à contrer le plagiat dans les travaux universitaires. Les copies conformes ou seulement quelques passage ici et là sont très faciles à déceler avec des logiciels comme Dupli Checker, Copyleaks, PaperRater et j’en passe pour celui ou celle qui s’amuse à copier les autres. Il y a même beaucoup de graticiels qui existent et qui font la même fonction. Donc, impossible de tricher sur ce point de vue.

    Enfin, va pour l’évaluation en présentiel, mais il existe de nombreuses façons de le faire virtuellement sans qu’il n’y ait aucune tricherie de la part de l’étudiant. De toute facon, au niveau universitaire, ce ne sont pas les formules apprises par cœur qui sont importantes, mais bien l’application de celles-ci dans le bon environnement et en temps et lieu et ceci, même dans les sciences administratives. Mais ce nouvel environnement virtuel indique aussi que plusieurs professeurs universitaires risquent de devenir redondants et ne seront plus retenus. Voilà, la vraie crainte de cette lettre.

  • Réal Gingras - Inscrit 30 mai 2020 11 h 01

    un autre virus

    Dire que l’éducation à distance pourrait durer des années si le vaccin tant désiré tarde à arriver est une fausse nouvelle.

    Rappelons-nous ce qu’il se disait dans l’ancien temps :-) à l’automne dernier: ”il est dangereux d’exposer des enfants trop jeune et trop longtemps devant un écran”. Plusieurs textes de plusieurs chercheurs sonnaient l’alarme devant cette dérive. Aujourd’hui, on en fait l’apologie.
    Il serait sûrement intéressant d’aller lire ou relire toutes les mises en garde concernant l’utilisation des écrans.
    Les écrans altèrent la concentration.
    Est-il possible chez plusieurs aujourd’hui en cette fin de printemps 2020, après des heures et des heures passées devant l’écran à revenir à nouveau ( le faisait-il avant?) se concentrer sur un texte ordinaire?
    Oh, là, là! Je parle de lire un texte…mais rappelons-nous que tout ce qu’il y a derrière le réseau relève plutôt de ce qu’on appelle : l’hypertexte. Pour comprendre l’hypertexte avec le html et le code , il faut bien avant maîtriser le texte, la grammaire.

    Sur un écran, vos yeux sont constamment en mouvement.
    Devant vous, une page de nouvelles , puis en bas à gauche un ”chat” de communication , en haut à droite l’annonce d’une notification, puis un appel pour une conversation vidéo et encore un texto qui rentre, un message sur tweeter etc. Vos yeux sont constamment en mouvement et cela dilue votre concentration au fur et à mesure. Avez-vous pensé à évaluer la capacité des élèves à tenir un crayon.? Tout cela grâce à E=MC2

    Ce qui doit être ajouté ici , madame Gauthier, c’est la décision du ministère d’avoir ordonné la fermeture des écoles. De vieux paniqués, devant un virus biologique, sommes toutes sans risque pour les jeunes, ont condamné toute une génération de la maternelle au doctorat à se faire contaminer par un nouveau virus technologique qui, tranquillement celui là, atteint le cerveau et le fait mourir à petit feu.

    Le ministre Roberge devrait remettre sa démission.

    • Cyril Dionne - Abonné 30 mai 2020 15 h 10

      C'est le même commentaire que vous avez fait dans la chronique de M. Baillargeon d'aujourd'hui (Promesses et périls des technologies en éducation). Ah! Le bon vieux copié-collé. Il sera toujours à la mode.

  • Réal Gingras - Inscrit 30 mai 2020 20 h 01

    Pour monsieur Dionne

    On ne peut pas supposer que celui qui lit un article du Devoir ira nécessairement en lire un autre.
    J'ai quand même fait un ajout dans mon copier-coller.
    Toute cette histoire d'enseignement à distance revient souvent par les temps qui court . Cette lettre de madame Gauthier, le texte de N. Baillargeon et plusieurs autres.
    On n'est pas sorti du bois. On nous a laissé plutôt nous perdre dans le bois.
    Cela fera 6 mois en septembre que les écoles, cegep et université seront fermées. C'est innaceptable. C'est honteux.
    Le ministre de l'Éducation n'est pas à la hauteur. Le président de la FAE n'ont plus. Toutes les administrations: du fédéral , du provincial et du municipal ont été et demeurent encore des biniouiouis des consignes de la Santé publique.
    Il faut voir comment ont été "formé" depuis quelques semaines les fonctionnaires des différentes administrations pour nous raconter le même baratin. C'est la même chose pour l'enseignement à distance. iI faudra reprendre les mêmes arguments pour s'opposer aux nouveaux lobbies qui sont en train de s'organiser.

    Vous verrez monsieur Dionne, on n'a pas fini d'en parler. Nous sommes revenus à la Grande Noirceur.

    P.S: Petite question technique. Que doit-on faire pour répondre à la personne qui fait un commentaire?

  • Réal Gingras - Inscrit 30 mai 2020 22 h 12

    Je corrige monsieur Dionne

    Mille excuses mais voilà ce qui se passe quand on va trop vite et qu'on ne fait pas de copier-coller.:-)

    Je reprends...

    C'est inacceptable. C'est honteux.
    Le ministre de l'Éducation n'est pas à la hauteur. Le président de la FAE non plus. Toutes les administrations: fédérale , provinciales et municipales ont été et demeurent encore des béni-oui-oui des consignes de la Santé publique.

    (à suivre)