Une société d’État pour la Santé?

M. David a écrit en conclusion de sa chronique du 26 mai : « Fau-drait-il confier la gestion du réseau à une société d’État indépendante du ministre, comme l’avait jadis proposé Philippe Couillard ? »

Cette formule de société d’État, un Santé-Québec (genre Hydro-Québec), a déjà été proposée par un autre docteur, alors président du Collège des médecins (Y. Lamontagne). Elle s’inscrit dans la logique de la Nouvelle Gestion publique, qui a prétendu pouvoir faire sortir la politique partisane de la gouvernance des grands appareils de services publics en la confiant à des administrateurs indépendants, supposément experts. Les expériences menées ailleurs depuis les années 1980 selon cette formule n’ont pas réussi à supporter ces prétentions. Les « services à l’humain », surtout ceux de proximité, sont par définition en très grande partie de nature relationnelle et appuyés sur des choix de valeur, ne peuvent se déterminer et se mesurer uniquement par des indices basés sur des données probantes, des procédés techniques et des cibles budgétaires déterminés par la mesure comptable. Si les citoyens, usagers, personnel et communautés locales ne peuvent en être parties prenantes, c’est les ramener au niveau d’un réseau d’électricité ou d’un réseau d’usines manufacturières. Donc, à accentuer encore plus leur déshumanisation, comme l’a fait la réforme Barrette.

 

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