Les bons coups de l’école publique

On a beaucoup comparé récemment la situation des élèves du privé au secondaire à celle de leurs pairs des écoles publiques. Ces derniers ont effectivement subi un désavantage par le fait qu’on a tardé à leur offrir des services éducatifs adéquats à distance en période de confinement, en partie je crois à cause du décalage technologique entre les deux systèmes scolaires.

J’aimerais apporter mon grain de sel à cette discussion, en tant que parent d’un ado en 4e secondaire à l’école Paul-Gérin-Lajoie d’Outremont. Dans la période qui a immédiatement suivi l’annonce du confinement, comme dans celle qui a commencé début mai, lorsque nous avons appris que le retour en classe se ferait en septembre, j’ai été témoin des efforts soutenus de la direction et des professeurs de l’école de mon fils pour offrir des services à nos jeunes.

Des courriels de l’école qui arrivent le dimanche et un jour férié. Une plateforme technologique déployée à l’intérieur de deux semaines (avec son lot de connexions, d’applications, de vidéos explicatives et de mots de passe !). Des profs qui se filment pour expliquer des notions, d’autres qui parcourent le web pour trouver des façons intéressantes d’illustrer la matière, sans oublier les retrouvailles sur Classroom !

J’aimerais donc les ajouter à mon panthéon d’anges gardiens et leur exprimer ma gratitude d’avoir fait tout ce qui était en leur possible pour permettre à nos jeunes de s’accrocher à leur école et à leurs apprentissages. Hâte de vous remercier en personne à l’automne.

 
2 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 22 mai 2020 10 h 35

    On est tous bien content pour Outremont

    C’est bien qu’on soit content de son école à Outremont, quartier où le prix des maisons avoisinait en moyenne, 700 000$ avant la pandémie. Mais ce que j’essaie de comprendre comme pédagogue depuis que je suis au Québec, c’est le pourquoi des écoles secondaires élitistes au public. Ce phénomène n’existe pas ailleurs dans le merveilleux monde du ROC. Nulle part. Tout comme pour la prolifération des écoles privées au Québec qui sont presque absentes en Ontario.

    Ces écoles avec des programmes dits enrichis démolissent la cohabitation essentielle à l’école publique puisque ces derniers sont réservés pour les élèves qui ont été triés à partir d’un test d’admission et du bulletin. C’est quoi tout cela ces écoles contingentées dites internationales, spécialisées dans les arts, sport-études, de programme enrichi, alternative et pour filles dans le système public? N’est-il pas possible de faire de même avec tous les élèves dans une même école? N’est-il pas possible d'essayer de donner une chance d’élever tout le monde vers l’élite dans un système démocratique lorsqu'ils sont encore des enfants? Pardieu, les écoles publiques en fonction du bien commun des élèves et non pas pour la fine fleur de l’aristocratie intellectuelle. La culture oui, mais pas l’élitisme dans un environnement éducatif et public.

    Aux États-Unis, à part des écoles privées évidemment pour les riches, ils ont des « GATE programs », des programmes spécialisés en sciences, dans les arts et dans les sports pour les élèves identifiés comme doués et talentueux au sein même des écoles secondaires considérées à risque. Ceci donne un sérieux coup de main à ceux qui viennent des classes défavorisées.

    • Marc Pelletier - Abonné 22 mai 2020 16 h 59

      M. Dionne,

      Les écoles privées ont survécues à la Révolution Tranquille au Québec. Le ROC n'a pas eu à vivre ce changement.

      Il est heureux que des québécois, pour la plupart issus des collèges privés, aient pu offrir à tous les jeunes québécois (es) une école publique gratuite et aussi permis à toutes et à tous d'atteindre le niveau universitaire, car en 2020, le talent et la volonté ouvrent toutes les portes.

      Les écoles privées ont survécu jusqu'à nos jours principalement parceque l'école publique n'a pas réussie à atteindre la même qualité de formation que les parents retrouvent au privé pour leurs enfants.

      J'ai connu plusieurs familles qui, malgré leurs moyens financiers modestes, se sont " serrées la ceinture " pour offrir à leurs enfants cet héritage de qualité. Peut-on les blâmer de faire ce choix, alors que d'autres, avec les mêmes moyens financiers, préfèrent choisir des biens matériels ?