Pour les carouges du parc Jarry, ça risque de ne pas bien aller

En ces temps de claustration forcée entre les murs de nos vies atomisées, nous sommes nombreux à fréquenter et à apprécier cette oasis salvatrice qu’est le parc Jarry. Qu’on soit de Villeray, de Parc-Extension ou d’ailleurs, on y vient notamment pour profiter d’un semblant de nature dans notre ville trop bruyante et bétonnée.

Quelle joie que de pouvoir observer, le temps d’une balade dans notre parc de quartier, le va-et-vient incessant des écureuils ou encore la baignade animée des canards ! Les arbres du parc accueillent même le roitelet et la grive, magnifiques visiteurs moins communs que les habituels (mais non moins précieux) moineaux, étourneaux, quiscales, goélands et merles.

Encore quelques jours de beau temps et il ne devrait cependant plus rester grand-chose des massifs de graminées qui bordent l’étang du parc. En effet, pour leur simple amusement, plusieurs usagers arrachent ces longues pailles de l’an dernier, que ce soit pour fouetter l’air pendant quelques minutes, pour amuser un enfant ou pour rapporter un brin de nature jusque dans leur demeure. […]

Apparemment anodin, ce geste met grandement à risque les portées des couples de carouges à épaulettes et autres oiseaux nicheurs qui n’ont pas charitablement choisi de s’établir aux abords de l’étang pour simplement offrir le spectacle de leurs envolées aux usagers du parc, mais bien parce que ce dernier ne constitue rien de moins que leur habitat.

Non seulement ce geste met-il à mal un aménagement urbain qui est un bien public, mais il réalise, une tige arrachée à la fois, la destruction d’un écosystème d’autant plus précieux que la nature a perdu pratiquement tous ses droits dans la cité. […]

Ainsi appelons-nous nos concitoyennes et concitoyens à se montrer solidaires des autres espèces animales qui partagent avec nous un milieu de vie commun, un même habitat, une même écologie.