Le Canada endetté, dites-vous?

Si la COVID-19 se propage à la vitesse grand V dans certains établissements, il en va de même pour l’endettement du Canada. Il n’y a pas si longtemps, fin 2019, le ministre des Finances, Bill Morneau, subissait les critiques des journalistes et des observateurs du milieu financier, car l’endettement du pays augmentait !

Qu’à cela ne tienne, la donne a bien changé depuis que l’hégémonique coronavirus s’est invité à la danse. Nous assistons depuis des semaines à un véritable festival soutenu de subventions du fédéral ! Qui a dit que l’État providence n’existait pas ?

Là où le bât blesse dans la population, c’est que la plupart des citoyens oublient, par inadvertance, que ce bel argent qui tombait du ciel devra y retourner et que, selon Lucifer, il est imposable ! Dites-vous que votre pays a plus besoin d’argent que vous, car il doit à Dieu ses saints ! Alors, bonnes gens, évitez de tomber dans l’enfer du festival de l’étourderie.

9 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 19 mai 2020 07 h 48

    Le mirage de la PCU

    Dire que le Canada s'enligne dans un maelstrom de l’endettement est très poli. Lorsque votre endettement s’approche dangereusement de votre PIB, vous naviguez dans les eaux troubles de la Grèce. Oui, malheureusement, on devra repayer le tout parce que c’est de l’argent emprunté. Ne soyez pas surpris de voir subvenir une taxe « Trudeau » de l’après COVID-19 et que cela prendra plus qu’une génération pour tout payer. Et ne soyez pas surpris que des cycles d’emprunt comme on a connu récemment, eh bien, qu’il y en aura deux trois cycles de ce même genre. Il y aura une 2e vague cet automne et celle-ci risque d’être bien plus pire que la première, ou bien, dans le meilleur des scénarios, le virus mutera dans une forme qui sera bénin et il disparaîtra. Mais ceux qui sont prévoyants envisage la première prémisse.

    Et oui, les gens devront payer des impôts sur la PCU à la fin de l’exercice. Alors, imaginez si leurs emplois ne sont plus au rendez-vous? Nous allons connaître la décade des faillites personnelles et des PME.

    • Clermont Domingue - Abonné 19 mai 2020 11 h 22

      Que proposeriez-vous à la place de la PCU? Seriez-vous pessimiste? Souhaitez-vous que les petites gens ne mangent plus? L'argent vous aveugle-t-il? Confondez-vous dette personnelle et dette PUBLIQUE? Savez-vous que la Banque du Canada crée des milliards en ce moment( assouplissements quantitatifs)? Comprenez-vous que la dette publique devrait s'appeler: Réserve monétaire canadienne (RMC) Ne voyez-vous pas que telle réserve devra toujours croître pour répondre aux besoins d'une population vieillissante à l'ère post-industrielle?

      Bonne réflexion.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 mai 2020 14 h 01

      M. Domingue, 2 000$ à tout le monde sans poser de question est ridicule. M. Domingue, 1 000$ à tous les étudiants sans poser de question est ridicule. Et je pourrais continuer ainsi.

      Au contraire de plusieurs, je connais la différence entre dette personnelle et dette publique. Et ce je connais aussi, c’est que toutes dettes doivent être remboursées, un concept qui semble échapper à plusieurs de notre gauche déconnectée. Pour que les réserves monétaires canadiennes ou autres continuent de croître, eh bien il faut que la richesse des exportations suive les babines. Or, notre plus grande exportation, le pétrole, ne vaut plus rien dans le moment. Il semble que certains ne vivent pas sur la planète que nous.

      Ceci dit, et pour répondre aussi à M. Robert Mainville, lorsque le ratio de la dette est le même ou proche de 100% du PIB, nous nous dirigeons vers une crise comme celle que la Grèce a connu. Nous en sommes à 50% et on risque de se retrouver très près du fameux 100% d’ici deux ans ou à la fin de cette pandémie. Pour qu’état puisse continuer à fonctionner, il doit être capable d’emprunter sur les marchés internationaux, ce qui veut dire aussi, qu’il doit être capable de rembourser. Pour cela, il faut que son économie fonctionne à 100%, ce qui ne sera pas le cas pour 5 ans, sinon plus, au Canada et au Québec. Misère, affirmer sans rire que la dette d'un état n’est pas importante, parce que logiquement, il possède sa propre monnaie, est tout simplement ridicule, inflation oblige. Dire aussi que l’argent va dans les fonds de pension de monsieur et madame tout le monde, eh bien, pour ces messieurs et madames tout le monde, la plupart n’habitent pas au Canada. Si tout ce que vous nous dite est vrai, demandez-vous pourquoi les pays les plus pauvres de la planète ne peuvent pas faire de même? Le Venezuela possédait aussi sa propre monnaie et on connaît le résultat. Et Haïti aussi.

      Nous nous dirigeons lentement mais sûrement, vers une catastrophe économique.

    • Clermont Domingue - Abonné 19 mai 2020 18 h 48

      @ monsieur Dionne. Au Japon, la dette publique est à 200% du PIB depuis plusieurs années et dans la plupart des pays développés elle est de plus ou moins 100% du PIB.

      Vos dettes privées , vous devez les rembourser et vous avez votre courte vie pour le faire. Ce n'est pas le cas pour la dette publique. L'état était là avant votre naissance et il sera encore là longtemps après votre mort. La dette publique ne sera jamais remboursée. Elle va toujours grossir. Si vous détenez une partie de cette dette, vous serez rembourser, parce que d'autres alimenteront ce que j'appelle la (RMC) réserve monétaire canadienne. Si le besoin de cash est énorme, comme présentement, la Banque du Canada a le pouvoir de créer de la monnaie ( quantitative easing) QE c'est l'appellation anglaise. L'État peut aussi emprunter pour payer ses intérêts. Voilà quelques faits qui distinguent la dette publique d'une dette privée.

      Ne vous inquiétez pas. Aussi longtemps que les biens et services seront disponibles, ça va bien aller. Le système a été inventé par des humains. On peut l'adapter aux situations que nous vivons. C'est ce que nos gouvernements font.

      C'est la dernière fois que je vous explique. On peut conduire un cheval à la rivière, mais on ne peut le forcer à boire.

  • Robert Mainville - Abonné 19 mai 2020 08 h 42

    Le Canada peut s'endetter autant qu'il veut et ça ne coûte rien

    La lettre de Monsieur Michel Beaumont de même que le commentaire de Monsieur Cyril Dionne illustre les conclusions erronées auxquelles on arrive quand on ne comprend pas le fonctionnement de l'économie, ou, pour être plus précis, quand on confond comptabilité et économie.
    L'économie, c'est de l'argent qui "tourne sur lui-même" : les revenus des uns sont les dépenses des autres, et vice-versa. De même, la dette d'un état, et qui a fortiori possède sa propre monnaie comme c'est le cas du Canada, c'est de l'argent qu'on se doit à nous même.
    Bref, où ira toute cette dette que le Canada accumule ces jours-ci, une dette qui ne coûte a peu près rien de toute manière puisque les taux d'intérêts sont essentiellement à 0% ? Dans les fonds de pension de Monsieur et Madame tout le monde, tout simplement.
    Restons calme, il n'y a aucune catastrophe économique à l'horizon (mais catastrophe il y aurait eu si le Canada avait refusé de s'endetter).

    • Clermont Domingue - Abonné 19 mai 2020 11 h 37

      Excellent commentaire. Je crois que c'est le mot dette ( s'endetter) qui crée de la confusion. Les gens ne voient pas la différence entre dette privée et dette publique. J'espère que votre commentaire éclairera ceux qui s'inquiètent.

      Il faudrait remplacer l'expression dette publique par un autre vocable.

  • Paul Gagnon - Inscrit 19 mai 2020 10 h 17

    Merci @ Robert Mainville - Abonné 19 mai 2020 08 h 42

    de nous expliquer en peu de mots comment résoudre le problème endémique de la pauvreté : imprimons des billets verts! Et hop! Réglé la pauvreté!

    Pouquoi avoir tant tardé à nous l'expliquer? Tant de souffrances inutiles...
    Vive le Crédit Social dans toute sa splendeur!!!

    • Clermont Domingue - Abonné 19 mai 2020 14 h 09

      Avez-vous compris ou faites-vous de l'ironie? Le crédit social, c'est des crédits mis à la disposition des membres de la société pour qu' ils puissent payer leur loyer et manger à leur faim sans recourir aux bangues alimentaires.

      Se peut-il que vous ayez mis 60 ans à comprendre la pensée créditiste? Fallait-il que le social-démocrate, Justin Trudeau, mette en pratique cette théorie pour que vos yeux s'ouvrent? Oculos habent et non videbunt...

  • Vincent Gélinas - Abonné 19 mai 2020 19 h 53

    PCU

    J'ai beaucoup plus l'impression que la PCU sert à préserver la paix sociale durant quelques. Le gouvernement canadien doit penser qu'une crise économique est moins grave qu'une crise sociale, car la seconde aurait plus de risques de compromettre sa base électorale. L'élection est dans quelques années, mais la dette elle montrera ses griffes beaucoup plus tard, alors que Trudeau sera bien vieux.