Pincez-moi, Docteur Horacio, je rêve…

Depuis le confinement, imposé encore à ce jour aux Montréalais, l’isolement qui en découle, le manque de distraction, l’inquiétude, je suis religieusement tous les points de presse, les courbes qui s’aplatissent un peu, pas assez, désespérément, à la folie.

Je ne saurais dire si c’est la raison pour laquelle mes courbes corporelles s’arrondissent à la vitesse grand V. Par désœuvrement, je cherche sur YouTube et compagnie tout ce qui pourrait me faire sourire et passer ce temps d’arrêt qui m’épuise.

Comme bien des Québécois, je me suis pris d’affection pour madame McCann, avec sa douce fermeté et ses allures de maîtresse d’école appliquée qui connaît sa matière. J’ai apprécié le calme, la franchise et l’imperturbable maîtrise du capitaine au long cours qu’est monsieur Legault. Il existe des gens qu’on remarque peu au premier abord, mais qui se montrent à la hauteur de leur fonction lorsque le navire est secoué par la tempête.

Enfin, comme l’ensemble de la population québécoise, je me suis intéressé aux interventions du docteur Arruda, à ses explications, à ses connaissances. Je me suis amusé aussi de ses digressions, ses expressions populaires, son style populiste, sa candeur, son sens de l’humour, sa capacité de s’indigner. Il allait profiter d’un congé pour faire des pastéis de nata, ces délicieuses tartelettes au flan dont sont friands les Portugais… les Québécois aussi.

Nous étions conquis.

En moins de temps qu’il n’en faut pour crier COVID-19, vous êtes devenus des stars médiatiques incontournables, adulées, encensées. On reconnaissait votre engagement, votre dévouement, vos tentatives désespérées de vaincre l’inertie et la lourdeur de la machine administrative, de mobiliser tant la population que les soignants en dépit des gérants d’estrade.

Mais voilà : « Le temps aux plus belles choses se plaît à faire un affront, et saura faner vos roses comme il a ridé mon front. Le même cours des planètes règle nos jours et nos nuits. On m’a vu ce que vous êtes ; vous serez ce que je suis », disait Corneille.

Aussi, quand ce week-end un ami m’a fait connaître la vidéo « Le rap du docteur Arruda », je me suis bidonné et j’ai envoyé la vidéo à toutes mes connaissances. Enfin quelque chose de viral pour nous faire oublier le virus. Les commentaires outranciers qui en ont découlé me laissent froid.

Dr Arruda, dans vos rares temps libres, chantez, dansez, cuisinez et surtout continuez à nous en faire profiter. On a beau être confinés, on n’est pas des cons finis. On aura compris l’innocence du geste.

Un sexagénaire confiné qui s’adonne maintenant au rap.

11 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 19 mai 2020 08 h 30

    Seulement au Québec, pitié. Ce n'est pas une pincette, mais un coup de poing

    Bon on adule le triumvirat qui dirige durant la pire tempête que le Québec a connu depuis son histoire. Ceci dit, le Québec compte plus 423 décès par million à l’heure de ce commentaire et qui fait de lui, le 8e plus pire pays touché par la COVID-19 après la France. Si on met cela en perspective, les États-Unis comptent seulement 278 morts par million. Sa métropole, Montréal, c’est 1 275 morts par million et qui fait de cette ville, un des pires endroits sur la planète et devient une émule de la ville de New York, l’origine de presque tous les illégaux qui sont passés par le chemin de Roxham. Enfin, il ne restera presque plus personne dans leurs CHSLD.

    Seulement au Québec on adule un groupe qui a présidé sur un désastre épidémiologique d’une telle ampleur. Contrairement à l’Ontario, qui a donné l’heure juste à ces concitoyens en publiant des données qui se sont avérées justes dans le meilleur des scénarios, en plus, leurs scientifiques leurs ont dit que cette crise allait s’étaler sur 18 ou 24 moins. Mais pas au Québec avec notre trio. On nous parlait de recettes quand on ne dansait pas un Rap. Bien oui, ils nous ont comparés au Portugal. Coudonc, on ne vit pas au Portugal.

    La science n’a pas d’émotions. Elle nous donne les faits. C’est ce qu’on veut avoir et savoir. Les faits SVP. Pas des scientifiques qui font de la politique ou des politiciens qui font de la science en nous parlant d’une immunité collective fictive avec le coronavirus.

    • Joël Tremblay - Abonné 19 mai 2020 15 h 33

      Vous avez 97% raison.

      Dans notre cas au Québec, nous avons assisté à une très bonne stratégie de communication, rien de plus.

      Les seul.e.s héros et héroines sont le personnel sur le terrain, que le gouvernement du Caqistan va essayer de rouler dans la farine à la première ocasion, comme ils ont fait avec le reste de la population.

    • Jacques Bordeleau - Abonné 19 mai 2020 15 h 36

      Revenez-en, M. Dionne, et surtout méfiez-vous de l'Ontario toujours meilleure, avec ses meilleurs scientifiques, ses meilleurs chiffres surtout... Il y a peu, Doug Ford s'impatientait du trop peu de dépistages , comment comptent-ils, compilent-ils? Mme Tam elle-même s'interrogeait sur les différentes méthodes de calcul employées par les provinces. J'entends encore ce médecin spécialiste de Montréal, sur Radio-Canada, qui ne croyait pas aux chiffres ontariens. Voyons! Quinze millions d'habitants contre moins de neuf, avec de grandes agglomérations, des concentrations urbaines importantes, des communautés ethniques plus nombreuses qui voyagent partout dans le monde, comme c'est naturel... et la moitié moins de cas, de décès, d'hospitalisations? Il y a des limites aux comparaisons auto-dénigrantes.

      Jacques Bordeleau

    • Pierre Grandchamp - Abonné 19 mai 2020 18 h 04

      @ M. Bordeleau

      Il est trop tôt pour se lancer dans des jugements radicaux. Je crois que certaines raisons expliquent ce qui s'est passé au Québec: 1-la semaine de relâche début mars 2-La proximité de New York. En avril, des juifs d'ici sont allés célébrer à New York 3- L'arrivée des ssowbirds en mars 4-L'accointance naturelle entre le Québec et la France et l'Italie; donc les visites dans ces pays 5-Le grand nombre de maisons, publiques et privées, de personnes âgées. 6-Le manque de main d'oeuvre dans les CHSLD. Et, aussi, dans certaines résidences privées où la Santé publique a dû prendre en charge: tutelle.

      Je n'ai que de l'admiration pour le Dr Horacio.C'est une tâche très délicate. Je me demande comment il fait pour ne pas flancher? Toujours dans le stresse avec un minimum de sommeil.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 19 mai 2020 19 h 29

      En complément à M. Bordeleau

      Il est trop tôt pour lancer des jugements radicaux. Une personne qui oeuvre dans le réseau me dit qu'Il faut prendre les chiffres véhiculés avec circonspection; car les bases de calculs ne sont pas les mêmes partout. Selon cette personne, les chiffres de l'Ontario seraient contestables?

      En ce qui me concerne, on doit constater que le mode de gestion des CISSS est très *questionnable*. Or, c'est ce genre de gestion hermétique qui vient d'être appliqué dans le système scolaire public, pour les francophones!

  • Bernard Dupuis - Abonné 19 mai 2020 10 h 57

    "Donnez-leur des petits devoirs"

    Enfin, je me rends compte que je ne suis pas le seul à constater que l’école à deux vitesses cause des torts considérables à la société québécoise. Une société fondée sur la compétition plutôt que sur la coopération, une société qui discrimine entre les élèves soi-disant « surdoués » et ceux qui sont en difficulté d’apprentissage ou de comportement.

    La principale conséquence sera de se retrouver, comme c’est déjà le cas malgré presque soixante ans, avec une société qui se retrouve avec une classe « populo » reconnaissable par des gens occupants de manière générale des emplois manuels de chauffeur de camion, de toiletteuses d’animaux d’une part, avec un langage « franglaiseux » qui n’a pas évolué d’un iota depuis les années soixante.

    Les deux fistons de M. Legault ont fréquenté l’école privée. À plusieurs reprises, j’ai pu percevoir les préjugés du premier ministre à l’égard du système public. Le dernier en date concerne cette constante consigne donnée aux professeurs : « Les professeurs donneront des petits devoirs aux élèves ». Pourquoi insister tant sur le qualificatif « petits devoirs »? Comme le disent les auteurs ci-dessus c’est comme si on demandait « aux enseignants du public de ne faire que de la révision plutôt que d’enseigner des nouveaux contenus. ». Le système public en fait ce n’est pas très sérieux. Il n’y a que le secteur privé qui l'est.

    Si l’on veut une société de plus en plus inégalitaire, il n’y a pas que par le moyen de l’héritage de la propriété économique qu’on peut le faire. L’école à deux vitesses produira à coup sûr une classe sociale pauvre et peu instruite se revalorisant par la langue anglaise.

    Bernard Dupuis, 19/05/2020

    • Bernard Dupuis - Abonné 19 mai 2020 11 h 02

      Erratum.

      Ce petit texte n'était pas destiné à commenter cette lettre. C'est une distraction de ma part. Mes excuses.

    • Pierre Grandchamp - Abonné 19 mai 2020 19 h 33

      M. Dupuis

      Mieux encore, nos écoles seront gérées selon le modèle hermétique de la santé, en vase clôs.

  • Hélène Somma - Abonnée 19 mai 2020 12 h 48

    Docteur Horacio

    Je suis tout à fait d'accord avec la lettre de Monsieur Bisaillon. Merci à monsieur Aruda pour son travail, sa présence et son énergie pour passer à travers cette triste situation avec le virus. C'est plus facile de critiquer que d'encourager le travail qui se fait. Dommage. Bon courage pour arriver au but! Hélène Somma

  • Jean Hamelin - Abonné 19 mai 2020 19 h 53

    Hummmm

    Au Canada le Québec à3 fois plus de personnes en chsld donc en principe on ne peut pas avoir les chiffres les plus bas, deuxièmement on à la population la plus vieillissante,la seule entré du virus c' est à dire aéroport trudeau n'a pas été fermé faute de leadership de la part de trudeau,le retour du sud à la Semaine de relâche n'a pas aidé,ensuite le retour des snowbirds non plus ,le manque de masque pénurie qui n'a pas aidénon plus,employés sous payés ont été obligés de déserter leurs emplois par principe de se protéger,suite àcela les employés devaient travailler dans plusieurs chsld ce qui à amener la contagion, les parents des personnes en résidence les on contaminer bref une tempête parfaite considérant les moyens du bord et un système de santé légué par les libéraux dans un état pitoyable Je ne peut que trouver malheureux ceux qui s' en prenne au docteur Arruda

  • Sylvain Fortin - Abonné 19 mai 2020 22 h 28

    Un manque de jugement et de discernement grave

    Effectivement, je rêve. Le Dr Arruda est directeur national de la santé publique. Pas directeur national de la santé de la CAQ. Il danse sur des mots qui affirment : « Une chance qu'on a François Legault ». Par le fait même il se politise lui-même en faveur de la CAQ et de son chef. Une faute grossière qui justifie son congédiement. Au même moment des milliers de familles dont la mienne sont confronté à la mort d'un des leurs dû au COVID-19. C'est le temps de danser ? De s'amuser ? De se bidonner ? Être conquis par tant de superficialité relève d'une pauvreté intellectuelle immonde.