Le retour à la normale

À juste titre a-t-on loué le leadership dont a fait preuve François Legault depuis que la COVID-19 est venue bousculer nos vies, il y a deux mois. Toutefois, de n’espérer qu’un retour à la normale lorsqu’il y a tant de leçons à tirer de cette expérience qui, si pénible soit-elle, n’en a pas moins mis au grand jour de sérieuses failles dans notre filet de sécurité sociale, équivaudrait à rater cette occasion que nous offre paradoxalement toute crise de cette nature.

D’ailleurs, la rigueur et la discipline que nous imposera le déconfinement progressif sauront, souhaitons-le, nous faire prendre conscience de la nonchalance qui s’empare trop souvent de nous lorsque le succès et la prospérité nous aveuglent par rapport au fait que nous sommes tous, dans une mesure ou dans une autre, fragiles et vulnérables, d’où l’importance des programmes universels de protection sociale.

À cet égard, un consensus semble vouloir émerger quant à l’opportunité du revenu minimum garanti, mesure qui aurait constitué un solide rempart dans le présent climat d’incertitude tout en permettant à nos gouvernements de mieux coordonner leurs efforts de gestion de crise. Pris de court, ils ont plutôt dû improviser tant bien que mal, au jour le jour, faisant parfois preuve d’une incohérence qui a eu pour effet d’exacerber l’anxiété omniprésente.

Osons donc espérer que MM. Trudeau et Legault en auront pris acte, car un simple retour à la normalité d’une société où les inégalités sont telles qu’on se voit forcé, en pleine crise, de bonifier la rémunération de travailleurs qui s’avèrent essentiels ou de subventionner les banques alimentaires constituerait un lamentable aveu d’échec. Les jolis arcs-en-ciel et les vœux pieux ne suffisant pas pour que « ça aille bien », le leadership moral et la volonté politique se devront d’être, eux aussi, au rendez-vous.

  
3 commentaires
  • André Labelle - Abonné 15 mai 2020 07 h 27

    COMMERCE DE DÉTAIL : ZÉRO LEADERSHIP

    Où sont les leaders du commerce de détail, les associations d'affaires, les chambres de commerces et autres regroupements de commerçants ayant pignons sur rue ? Silence total !
    Je me serais attendu à les entendre prendre l'initiative et déclarer que les clients voulant venir chez eux portent obligatoirement un masque, un couvre-visage. Initiative simple et peu coûteuse.
    Je me serais entendu à ce que leurs membres offrent gratuitement aux personnes désirant magasiner chez-eux un masque, sinon impossible d'entrer.
    Une telle initiative pourrait se généraliser, rendre le port du couvre-visage normal et même inciter les dirigeants de la santé publique à être plus enclins à réactiver le commerce de détail.
    Tout de même bizarre de ne pas entendre ces commerçants qui se meurent et à ne pas les voir prendre des initiatives qui pourraient aider à sauver leurs commerces.
    Les dirigeants des regroupements de commerçants perdent une belle occasion de justifier leurs salaires.

  • Cyril Dionne - Abonné 15 mai 2020 10 h 08

    Le leadership moral n’existe pas en temps de crise; la volonté de survie, oui

    Vous parlez d’un retour à la normale alors que la première période d’une joute qui en comprend trois en plus du temps supplémentaire n’est pas encore terminée. Comment envisager un déconfinement complet alors qu’une 2e vague omniprésente se pointe cet automne, la saison des virus? Cela, personne ne semble comprendre ou accepter que nous sommes engagés dans un marathon qui perdura deux ans à moins d’avoir un vaccin efficace disponible à toute la population. L'immunité collective ou individuelle semble être un mythe avec ce virus.

    Vous parlez de l’opportunité du revenu minimum garanti alors que nos gouvernements s’endettent à la vitesse grand V. Est-ce que les gens réalisent que les différents gouvernements ne pourront pas dupliquer une autre aide massive aux travailleurs et à l’économie si une deuxième vague arrive, phénomène que tous les épidémiologistes semblent être d’accord avec incluant le célèbre Anthony Fauci et la CDC américaine? Et on peut possiblement parler de 3e ou 4e vague à moins de trouver un vaccin très rapidement.

    Nous dépassons l’ère du leadership moral. Les réponses faciles ne sont plus au rendez-vous. Le temps des choix difficiles risque d’arriver plus tôt que prévu, austérité et augmentation des impôts obligent. Cela nous prendra plus qu’une génération pour nous remettre de cette crise.

  • Yves Corbeil - Inscrit 15 mai 2020 12 h 31

    Et Moses de moses

    Expliquez moi donc comment ça se finance un revenu minimum garantie quand tu change pas la règle qui défini le salaire payé pour service rendu par ceux-là qui te font ton chèque. Y'ousse qui prennent leur cash, pis ceux-là en haut de la pyramide ça leur tentes-tu de coopéré au bonheur singulier du petit monde. On va taxer lé riches bien oui ça va bien aller, pis eux y vont te vendre ton pot de beurre de peanuts $8.99, tu va avoir l'air fin avec ton 15 piasses pour te payer un rosbeeff couillard à 50 piasses.