Réponse à la lettre «Amère et déçue»

Mathilde,

Comme je comprends ta déception. Je te remercie de prendre ainsi la peine de faire entendre ta voix, d’autant plus que tu le fais en mettant en pratique tout l’art de la lettre ouverte que nous étudiions dans nos cours d’avant le confinement. Le moins qu’on puisse dire, c’est que ton prof est fier de toi !

Je peux te témoigner ma frustration, partagée par la direction de l’école et mes collègues enseignant(e)s, que cette situation d’interruption scolaire nous échoie. Mais, pour leur avoir parlé aujourd’hui, je dois également te rendre compte de notre tristesse d’avoir lu ta lettre, nous qui tentions de faire de notre mieux pour votre bien tout en recevant des consignes trop souvent floues, restreignantes, changeantes et contradictoires. Aurions-nous pu faire mieux ? C’est fort possible. Je crois malgré tout que rien n’aurait pu remplacer pour moi les échanges directs en classe avec des élèves comme toi, intelligente, engagée et assoiffée de savoir.

Nous pouvons toutefois nous tourner vers les quelques semaines restantes pour tenter de ne pas tout perdre. Déjà, tes profs de cinquième, soutenus par la direction, ont prévu de se déplacer pour vous saluer (à au moins deux mètres !) lors de votre passage pour récupérer vos effets. Nous sommes loin d’une cérémonie de fin d’année en bonne et due forme, je le concède. À tout le moins, souhaitons qu’y transparaisse un soupçon de créativité et d’empathie. Pour le reste, nous sommes en situation d’apprentissage, et je me permets d’inclure dans ce « nous » le ministre de l’Éducation, à qui je sais que tu as aussi envoyé ta lettre. Si l’école n’a pas été à la hauteur, je nous souhaite enfin d’être rigoureux dans les leçons et les devoirs que nous en tirerons, et auxquels tu nous rappelles : cherchons ainsi, sans cesse, d’autres manières d’apprendre.

En effet, nous n’avons pas fini d’apprendre cette année…

2 commentaires
  • Yves Corbeil - Inscrit 13 mai 2020 09 h 08

    Après tant d'années

    Permettez moi de douter de vos apprentissages au fil des dernières décennies. Des exceptions, il y en aura toujours mais dans l'état de la situation de ce ministère, c'est aussi rare qu'un vingt degré ce printemps. Un coupable, c'est toujours bienvenu quand on se sent coincé. Bonne vacances scolaire M.Sardi.

    «Je peux te témoigner ma frustration, partagée par la direction de l’école et mes collègues enseignant(e)s, que cette situation d’interruption scolaire nous échoie. Mais, pour leur avoir parlé aujourd’hui, je dois également te rendre compte de notre tristesse d’avoir lu ta lettre, nous qui tentions de faire de notre mieux pour votre bien tout en recevant des consignes trop souvent floues, restreignantes, changeantes et contradictoires. Aurions-nous pu faire mieux ? C’est fort possible.»

    Votre frustration, je ne l'a sens pas mais pas du tout. Elle ne s'est pas traduite en actions ces dernières années afin de vraiment influencer ce ministère qui avance à coup recettes populaires. Ça semble aussi infecte que dans les résidences mais avec moins de décès. Au moins vous, vous portez vos masques.

  • Cyril Dionne - Abonné 13 mai 2020 09 h 16

    Faisons fi du discours hyper-individualiste qui ne reconnaît que la singularité

    Je n’en reviens pas. S’excuser auprès d’un enfant roi comme si l’interruption scolaire avait été entreprit par l’école et ses enseignants. Misère. Et SVP, ne pas blâmer les autorités qui font des décisions difficiles même si les consignes sont souvent floues, restreignantes, changeantes et contradictoires. Ils n’ont pas le choix parce qu’ils sont pris dans une situation « dammed if you do, dammed if you don’t ». De toute facon, il y aura une rétraction à faire à la fin de la pandémie et tout sera scruté avec minutie.

    La faiblesse du gouvernement en place, c’est de ne pas avoir mis de l’avant des programmes en ligne digne du niveau d’enseignement au secondaire. En fait, le Québec traîne la patte avec les nouvelles technologies de l’information et de la communication. Sa plateforme, « l’école ouverte », est pitoyable si on l’a compare à celle de l’Ontario.

    Bon revenons au bal des finissants de fin d’année. Qu’est-ce qui est si urgent en la demeure? Dire qu’on fréquentait l’École internationale de Montréal subtilement nous donne un message d’élitisme mal placé. Il n’y a rien d’extraordinaire là-dedans. J’ai fait un cours du secondaire d’études supérieures en Ontario qui était défini par 13 années dont cinq était désignés comme au niveau secondaire et non pas les 11 années requis au Québec. Ceci n’était rien d’extraordinaire. Comme le disait les autres: et « pis » après et ils avaient raison.

    En passant, dire qu’on fait du bénévolat dans une soupe populaire, ceci aussi n’a rien d’extraordinaire. On oublie de mentionner que ceci fait partie du cadre d’apprentissage du programme d’éducation internationale. Il permet aux élèves de participer à l’entraide au sein de la communauté par le biais de diverses activités de bénévolat et d’implication. En fait, c’est un prérequis du programme. Tous les élèves du secondaire en Ontario le font en passant.

    D’un enseignant à un autre: cessez de vous excuser envers un enfant roi, respect de la profession oblige.