De la cohérence en temps de crise

C’est avec étonnement que j’ai appris hier que les personnes travaillant en garderie et les enseignants et enseignantes de 60 à 69 ans devaient retourner bientôt au travail. Je cherche la logique de cette annonce lorsqu’on nous informe également que les grands-parents de ce même groupe d’âge devraient s’abstenir pour leur bonne santé de voir leurs petits-enfants. Il faudrait m’expliquer.

À vrai dire, j’étais déjà en désaccord avec l’âgisme sur lequel sont basées plusieurs directives de la Santé publique. Statistiquement, les aînés sont un groupe à risque. Ils ont plus de risques de souffrir de cancer, de diabète, d’hypertension, bref de présenter un profil qui peut rendre plus grave une infection à la COVID-19. Évidemment, une statistique aussi brute, pour ne pas dire aussi bête, ne tient pas compte du fait que de très nombreux aînés sont dans une condition physique supérieure à celle de bien plus jeunes. Les aînés n’ont pas nécessairement une santé précaire.

J’ajoute à cela que, en début de crise, l’âge des aînés était de 70 ans. Puis, quelque part en milieu de crise, les aînés sont passés à 60 ans. Enfin, hier, nous sommes, semble-t-il, revenus à 70 ans. Je cherche encore une explication pour ces oscillations.

Des mesures de confinement et de protection sont absolument essentielles en temps de pandémie, je n’en doute pas. Il faut aussi qu’elles manifestent un minimum de cohérence et qu’elles soient bien ciblées, capables de faire d’élémentaires distinctions.

3 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 9 mai 2020 07 h 26

    L'avion qui ne décolle pas

    On se demande pourquoi le Québec et surtout la ville de Montréal sont l’épicentre de la pandémie au Canada. Pardieu, le gouvernement nous dit quelque chose et son contraire dans la même phrase. Bien d’accord qu’on est en train de construire l’avion en vol, mais on pourrait faire cela de façon intelligente et organisée comme les autres. Sinon, notre avion de papier n’ira pas très loin comme on le voit présentement. Pour les plus de 60 ans, surtout avec un système immunitaire déficient, disons poliment que c’est un suicide collectif de vouloir les remettre au travail. Mais on sait tous c’est parce qu’il y a un manque criant d’enseignants et de professionnels de la santé, surtout encore une fois, à Montréal.

    Mince consolation pour Montréal. Il y a seulement 970 décès par million à l’heure de ce commentaire alors que c’est 2 245 pour la ville de New York. Mais pour le reste, en proportion de population, il y a plus de 320 morts par million au Québec et seulement 238 pour les États-Unis. Oui, le Québec est le pire pays en Amérique du Nord.

  • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 9 mai 2020 09 h 08

    Déconfinons la bureaucratie

    D'accord avec vous, M. Lafaille.

    On dirait que des bureaucrates du gouvernement s'amusent à créer des groupes d'âge selon des variables, variables au gré de leurs fantaisies.
    J'ai 74 ans et suis, pour le moment, en pleine forme physique.Pour le moment, je ne suis pas un idiot et je trouve idiot cet étiquetage statistique de la réalité d'un être humain.
    La collectivité est composée d'individus, tous et toutes différents les uns des autres et ces bureaucrates semblent l'oublier.

  • Andrée Lafaille - Inscrite 10 mai 2020 10 h 08

    Immunocompétence

    Bien d'accord avec toi Richard

    La possession d'un système immunitaire efficace ne va pas avec l'âge. Des personnes dans la cinquantaine, quarantaine, trentaine, etc peuvent souffrir d'une maladie chronique, être immuno-déficient, et/ou recevoir des traitements qui les portent à moins bien se défendre contre les agents infectieux. De plus, certains octagénaires sont en meilleure santé physique et mentale que des beaucoup plus jeunes. Ce qu'il est important de comprendre en pandémie c'est que plus l'agent infectieux vient en contact avec des gens dont l'immunocompétence est déficiente, plus il a de chances de réussir à s'établir, se répliquer et être transmis à tous ceux qui côtoient le malade, le porteur sain, le guéri ou la personne en voie de guérison.
    Dans les élevages piscicoles, les maladies bactériennes, virales et parasitaires sont toujours plus graves et plus facilement transmises dans les bassins de grande population car la possibilité de contact entre chaque individu est constante, fréquente, continuelle quelque soit leur statut immunitaire. On fait présentement face au même genre de phénomène puisque les cas semblent plus nombreux dans les endroits populeux. Cependant il semble évident que les gens dont l'immunocompétence est compromise sont plus à risque de développer des complications et ce, quelque soit leur âge. Selon moi, la réduction du nombre de contact avec les gens susceptibles d'être infectés (malades et non-malades) et ce, quelque soit l'âge, avec le maintien des règles d'hygiène (lavage/désinfection des mains, distanciation, etc) nous aidera à passer au travers de cette crise.