Annuler la cote R est une erreur

Je suis étudiante au cégep de Granby. […] Il est évident que, compte tenu des circonstances entourant la pandémie, certains étudiants vivent des situations difficiles et contraignantes dans l’apprentissage de leurs études. Cependant, suspendre de façon unilatérale le calcul de la cote R amène un profond découragement aux étudiants qui comme moi comptaient sur cette session pour augmenter leur cote R et ainsi pouvoir être admis dans un programme contingenté.

Cette décision réduit à néant mes efforts et espoirs d’accéder à l’un de ces programmes. Plusieurs étudiants sont dans la même situation, plusieurs sont découragés, certains pensent même à quitter les études.

La solution la plus équitable serait d’imiter les universités et de donner le libre choix aux étudiants. En effet, l’UQAM et l’Université Laval ont donné à chaque étudiant le choix individuel de choisir entre avoir leur cote Z calculée ou avoir une simple mention de passage tout en conservant leur cote Z initiale. Ainsi, chaque étudiant pourrait selon sa situation faire son propre choix.

 
2 commentaires
  • Simon Blouin - Abonné 24 avril 2020 11 h 18

    Le ministre s'était engagé

    Les étudiants ne doivent pas être pénalisés, avait dit le ministre de l'Éducation. J'espère qu'il s'en souvient et qu'il donnera des directives pour ces situations particulières. L'étudiante me semble faire une proposition sensée.

  • Bernard Dupuis - Abonné 24 avril 2020 11 h 25

    La cote R ou l'acquisition des savoirs et des compétences?

    On nous dit que la cote R a simplement pour but d’effectuer une sélection équitable en séparant de manière subtile les bons des mauvais étudiants. À la lecture de la lettre ci-dessus, on peut s’interroger sur les effets pervers de ce genre de sélection. On voit bien que l’augmentation de sa cote R peut devenir le principal but de l’étudiante. Le simple fait d’annuler la cote R pourrait même conduire celle-ci à abandonner complètement ses études.

    Ainsi, on peut se poser la question de la finalité première de l’éducation. Le but de l’éducation supérieure est-il devenu strictement utilitaire? Le but premier des études est-il devenu la poursuite d’une compétition féroce en vue de l’atteinte d’une cote? Cela pose la question de savoir vers quoi doivent être dirigés les efforts des étudiants et du système d’éducation qu’ils fréquentent. Le bon étudiant est-il celui qui poursuit l’acquisition d'une cote R supérieure ou celui qui a acquis les savoirs et les habiletés intellectuelles qui le rendront le plus compétent possible?

    L’avenir de l’étudiant ne dépendrait plus de ce que les étudiants apprennent de valable, mais de sa cote R. La controverse actuelle met en lumière une conception strictement utilitaire de l’éducation qui a remplacé la vision culturelle et humaniste.

    On peut constater toute l’absurdité de la situation où parler de la cote R devient quasiment plus important que de parler d’acquisitions désintéressées de savoirs ou de techniques par ceux qui auront à inventer l’avenir de notre société.

    Bernard Dupuis, 24/04/2020