Le problème de Greta

Monsieur Rioux,

Je vois dans votre chronique du 27 mars que vous avez toujours du mal à cacher votre hargne envers Greta Thunberg.

Le problème de Greta, c’est qu’elle dit la vérité. J’entends par vérité ce que nous disent les scientifiques. Greta ne fait que le répéter, quoique d’une manière plus percutante. Et les diseurs de vérité ne sont pas toujours populaires, surtout quand ils parlent fort. En plus, Greta est jeune et les jeunes ne sont pas censés dire aux aînés quoi faire.

En fait, Greta — et les scientifiques — nous place devant un dilemme. Ou bien nous changeons rapidement et radicalement notre manière de vivre et de faire les choses, ou bien c’est le climat qui va se modifier radicalement d’ici la fin du siècle avec des conséquences qui pourront être catastrophiques.

Or, nous ne voulons pas vraiment changer. Surtout pas radicalement. Ni nous, les citoyens, qui sommes, tout compte fait, assez satisfaits de l’ordre actuel des choses. Ni nos gouvernements, qui savent qu’ils ne survivraient pas deux semaines s’ils suivaient les conseils des experts climatiques. Ni, et surtout pas, le monde des affaires. En fait, nous dépendons tous des bienfaits (emplois, bien-être…) de la société qui s’est développée au fil du temps. Bon, il y en a beaucoup qui n’en profitent pas tellement, mais passons.

Donc, calmons-nous. Greta a beau avoir raison, nous préférons continuer avec modération et réalisme à cheminer tranquillement vers un réchauffement climatique qui risque d’avoir des conséquences terribles pour les générations à venir.

Réponse du chroniqueur

Cher lecteur,

Sachez que la « hargne » ne fait pas partie des sentiments du chroniqueur. Greta Thunberg est une personnalité publique qui propose une certaine lecture de la science et de l’écologie. Ainsi, le 29 novembre dernier, elle signait une tribune affirmant que la crise climatique avait été « créée » par « les systèmes d’oppression coloniaux, racistes et patriarcaux ». Comme toute personne qui intervient dans le débat public, elle ne saurait être à l’abri des critiques.


Christian Rioux

Correspondant du Devoir à Paris

7 commentaires
  • Serge Pelletier - Abonné 6 avril 2020 04 h 20

    Les Quasi-Dieux, les Quasi-Sauveurs, le Quasi-Rédempteur et Divinité

    Une fois que les T-D-C sont élevés en des Quasi-Dieux... Ben! Chez les bien-pensants les critiques de leurs Quasi-Dieux deviennent impossibles. C'est cela que M. Rioux avait omis.

    Cela s'applique aussi aux Quasi-Sauveurs, comme le triumvirat de Québec... Triumvirat qui refuse d'ordonner le port de bonnet, de résille et de combinaison à tout le personnel en soins intervenant au près des populaces possiblement infectées par le virus... Cheveux au vent, c'est bien mieux... Pendant ce temps 4 personnes sur 5 en milieux d'interventions hospitalières sont auto-infectées... Elles portaient pourtant visière, masque, gants et sarrau-jaquette, et se lavaient les mains... MAIS les CHEVEUX AU VENT... Comme si le virus ne visait qu'à se déposer directement sur le "nez", la "bouche", les mains, le torse... Mais surtout pas sur les cheveux au vent qui frottent partout... absolument partout.

    Cela s'applique aussi au Quasi-Rédempteur d'Ottawa qui s'est élevé en Divinité qui sauve monétairement - mais surtout pas les plus pauvres - tous uns chacun. Situation qu'il a créé SCIEMMENT et VOLONTAIREMENT de par ses propres turpitudes, décisions, et agissements.

    Une fois qu'elles sont élévées aux cieux, il est IMPOSSIBLE de crtiquer ces personnes. Et le Fléau des Dieux devient automatiquement, Ô peuple, le fait de par ta faute, de par ta faute et de par ta très grande faute.

  • Cyril Dionne - Abonné 6 avril 2020 07 h 43

    Un certain petit moustachu du 20e siècle marchant aux pas d’oie leur fait un beau petit sourire à Greta et aux Suédois

    Après « Le message de Greta », nous vient « Le problème de Greta ». Coudonc, il y en a qui ont une certaine fixation.

    Bon. Le problème de Greta c’est qu’elle ne fait que de répéter des concepts scientifiques qu’elle ne comprend même pas. Le problème de Greta et de beaucoup d’autres comme elle, c’est le fameux faites ce que vous dit et non pas ce que je fais. Personne de ces illuminés ne pratique la simplicité volontaire. Personne de ces mystiques et fanatiques ne pense d’aller vivre dans un pays d’Afrique reculé afin de vivre pleinement ce qu’ils prêchent comme une religion. Ils nous disent de payer pour les énergies vertes en détruisant l’économie qui nous permet de subventionner à grandes pertes des moulins à vent, panneaux solaires et voitures électrique qui polluent autant que les voitures conventionnelles que nous utilisons présentement.

    Mais ces gens ne parlent pas des changements climatiques lorsqu’ils nous assomment avec leur religion écologique. C’est une question de pouvoir parce que la gauche recule partout. Venir nous parler de Greta au beau milieu d’une pandémie mondiale qui nous rapprochent de plus en plus près d’une guerre mondiale dépasse l’entendement. Bien non, comme Québec solidaire, c’est le pouvoir qu’ils veulent.

    Ceci dit, le beau pays de Greta pratique présentement l’immunité de groupe pour un virus qui n’a pas d’immunité permanente sans un vaccin. Cette grande démocratie à la hauteur démographique du Québec a décidé de ne pas pratiquer la distanciation sociale et le confinement. Bien oui, écoles et commerces sont ouverts. Alors, en pratiquant un néolibéralisme darwinien, toutes les personnes à risque sont laissées pour contre dans ce pays. Un certain petit moustachu du 20e siècle marchant aux pas d’oie leur fait un petit sourire.

    La cerise sur le sundae, cet eugénisme moderne en Suède n’est pas pratiqué par un gouvernement d’extrême droite suédois, mais bien par un parti et premier ministre socialiste de gauche.

  • Robert Mainville - Abonné 6 avril 2020 09 h 21

    Drôle de réponse de la part du chroniqueur

    Dans sa chronique du 27 mars, portant essentiellement sur l'après Covid-19, Monsieur Rioux écrit : "Après l’apocalypse Thunberg, l’apocalypse COVID-19."
    Pourquoi cette référence à Greta Thunberg ? Dans le contexte d'une chronique ayant pour thème central la Covid-19, cette référence est gratuite.
    Mais, semble-t-il, il ne faut y voir aucune hargne parce que, voyez-vous, Greta Thunberg a écrit quelque chose en novembre 2019...

    • Luc Le Blanc - Abonné 6 avril 2020 10 h 52

      Les commentateurs, tant les instruits que les ignorants, qui pourfendent Greta Thunberg, le font la plupart du temps avec des arguments assez minces, pour ne pas dire puérils, la trouvant moche, autiste, déficiente, trop jeune ou pas absolument parfaite dans toutes ses actions. Une façon de balayer le message avec la messagère, et retourner à ses occupations habituelles, fussent-elles délétères. La démagogie au service de l'immobilisme.

    • Charles-Étienne Gill - Abonné 6 avril 2020 11 h 38

      Non Luc Le Blanc,

      Il m'est arrivé d'argumenter, même avec des gens assez hauts dans la rédaction des médias, qui ne trouvaient rien de mieux à faire, quand je leur vulgarisais des études pour exiger des corrections dans des articles, que me balancer des arguments d'autorité en citant le rapport des décideurs du GIEC et en me joignant le rapport complet, comme s'ils l'avaient lu, ou comme s'ils comprenaient même la manière dont il est rédigé. Je ne vous parlerai pas de la censure des commentaires, plusieurs médias confondus, d'ordinaire parler de modération suffit à écarter votre commentaire. Je vais simplement vous parler des échanges entre lecteurs.

      Pour vous donner un exemple, une étude de Resplandy et Al, sur le réchauffement des océans a été invalidé par un autre chercheur, cela s'est passé sur le site de Judith Curry. Le résultat c'est que l'article critiqué a été rétracté de la revue Nature qui a d'ailleurs bien identifié la chose. Figurez-vous que parce que c'est arrivé sur «le blogue» de Judith Curry que des lecteurs, quand j'en parle, me reprochaient de confondre un blogue avec de la littérature scientifique, alors qu'un «blogue» d'une chercheuse de renom peut alimenter de réels articles et surtout de réels débats entre scientifiques où les choses sont beaucoup plus complexe que ce que le rapport pour les décideurs du GIEC laisse croire. J'ai souvent été ridiculisé de la sorte par des ignares qui ignorent finalement plusieurs recherches et plusieurs chercheurs qui contestent l'alarmisme (sans nier la possibilité d'une origine en partie anthropique au réchauffement).

      Un auter exemple, c'est quand j'ai dit que Resplandy et Al, bien qu'erroné était cité dans le GIEC, on m'a demandé de le prouver, je n'ai pu le faire, mais je le savais et longtemps après, après avoir été ridiculisé, j'ai retrouvé la source, dans le rapport spécial sur les océan, c'est l'équipe de Cheng et Al (2019) qui citait Resplandy et Al (2018)...

    • Marc Therrien - Abonné 6 avril 2020 12 h 22

      Et même si la critique de M. Rioux était hargneuse en quoi cela poserait-il problème? Car l'intensité de sa réaction et de ses fidèles à sa suite n'est peut-être qu'à la juste mesure de la perturbation que crée en eux le message dérangeant de Greta qui de son côté préfère probablement être l’objet de hargne plutôt que d’indifférence.

      Marc Therrien

  • Brigitte Garneau - Abonnée 6 avril 2020 11 h 09

    Greta et tous les autres...

    Nous avons tous, tous sans exception, un devoir de conscience à faire.