La COVID-19 et les négos-20

François Legault veut accélérer les négociations avec les employés de l’État, ce qui se comprend. Il sait que ces derniers prendront du galon auprès des Québécois le temps que durera la crise provoquée par la COVID-19. Les travailleurs de la santé se feront certes tout particulièrement remarquer, mais ceux assurant des services indispensables de l’État en cette période difficile (aide de dernier recours, pension alimentaire, etc.) ne seront pas en reste. Le télétravail n’étant malheureusement pas répandu dans les secteurs public et parapublic, plusieurs prennent des risques en travaillant ou en se rendant au travail.

En clair, les Québécois seront reconnaissants à l’endroit des employés de l’État une fois l’ouragan passé et ils en voudront au gouvernement Legault s’il se montre pingre à leur endroit. Voilà pourquoi il veut en finir avant que le capital de sympathie ne soit trop élevé.

Si j’étais à la place des syndicats, je prendrais le temps qu’il faut pour négocier. De toute façon, ce n’est pas quand une crise sanitaire sévit qu’un gouvernement s’en prend à ses employés indispensables. Comme on le dit familièrement, les syndicats ont actuellement le gros bout de bâton.

9 commentaires
  • Joël Tremblay - Abonné 6 avril 2020 03 h 53

    Voilà surtout la raison pour laquelle le PM se fait le centre d'attention

    M. Legault est un fin renard, il sait que personne ne porte attention aux négos, et le commentaire de l'auteur de la lettre est très pertinent.

    Le gouvernement essaie de rusher les négos et de se faire passer pour le héros de la crise, ce qui est habile.

    Mais honnêtement, les syndicats sont un peu des cr/$%&$rs aussi, donc...

    Moins ça change, plus c'est pareil...

    • Cyril Dionne - Abonné 6 avril 2020 09 h 51

      Hein!?!?

      Cher syndicaliste de nos cœurs, les travailleurs de la santé et les autres fonctionnaires ont tous intérêt de négocier aujourd'hui même avec le gouvernement pour leurs conventions collectives. Demain, lorsque les gouvernements seront endettés comme des pays du tiers monde avec un PIB négatif, un chômage encore plus grand que celui de la grande dépression de 1929-33, les travailleurs du public ne posséderont plus d’avantages marqués.

      Mais dans tout cela, les syndicats n'ont pas tellement leurs membres à cœur puisque c'est le pouvoir et les cotisations qui les intéressent. Alors, sachant fort bien que le présent gouvernement sera réélu et reporté au pouvoir d'ici deux ans même s’il a les deux mains attachées dans le dos avec les yeux bandés, et ceci, avec une majorité écrasante, la mafia de la gauche n’est pas contente. Il fut un temps où les syndicats travaillaient pour les moins fortunés, mais aujourd’hui, ils se fondent dans une gauche plurielle aux accents de Québec solidaire qui n’est intéressée que par le pouvoir.

      M. Le Blanc, même si on est d’accord très souvent, là vous faites erreur. Ce n’est pas une crise sanitaire que nous vivons présentement, mais plutôt un Armageddon épidémiologique et économique d’une telle ampleur jamais vue depuis plus d’un siècle. Vous qui vivez à Montréal, vous allez vous en rendre compte à la fin d’avril et au début du mois de mai. Nous en sommes seulement à son début de la crise
      qui nous amènera beaucoup de décès, mais chômage, inflation et un régime d’amaigrissement pour notre filet social, s’il existe encore après la pandémie. Vous vous rappellerez même un temps où faisait bon vivre durant l’austérité du gouvernement libéral de Philippe Couillard.

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 6 avril 2020 10 h 50

      M. Cyril Dionne, vous avez peut-être raison. Mais si c'est le cas, pourquoi Legault ne remet-il pas les négos à plus tard et n'attend-il pas que les finances soient dans le rouge pour recommencer à négocier? Il pourrait alors dire aux syndicats : « Voyez, nous sommes dans le rouge. Les syndicats doivent comprendre. »

      Cela dit, je pense qu'Ottawa s'endettera beaucoup plus que Québec.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 avril 2020 11 h 21

      C'est pour les garder au travail et contents et d'où la prime de 8% M. Le Blanc. Ils sont en première ligne et sont notre seule ligne de défense. Il n’y a rien d’autre avant le chaos total. Rien. Pour cela, je les salue nos anges gardiens comme pour tous ceux qui contribuent à la chaîne et les services essentiels qui sont loin d'être les mieux rémunérés. Eux aussi, je leur dit merci. Mais après la crise et le début de la crise économique, ils ne seront plus très enthousiastes envers leur travail parce qu'il y aura des coupes partout, incluant en santé.

      Oui, le gouvernement fédéral sera beaucoup plus endetté et les générations benjamines ne pourront jamais repayer ces emprunts. Jamais. Imprimer de l'argent pour faire des emprunts est la recette magique des pays où leur taux d'inflation avoisine les 100% et plus. C’est aussi la recette pour la tempête parfaite d'une crise économique sans précédent combinée à un taux de chômage dépressionnaire.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 avril 2020 14 h 18

      Erratum:

      C'est bien pour "pour tous ceux qui contribuent à la chaîne alimentaire et les services essentiels..."

    • Sylvio Le Blanc - Abonné 6 avril 2020 15 h 06

      M. Cyril Dionne, la prime n'a été accordée qu'à une partie des employés du gouvernement. Les offres globales actuelles, pour trois années (juste assez pour passer les prochaines élections), sont insuffisantes pour les syndicats.

      Souvenez-vous que Legault a d'abord voulu reporter les négociations après la crise, puis s'est ravisé.

      Avec le vieillissement de la population, je doute qu'il soit possible de couper dans la santé.

    • Cyril Dionne - Abonné 6 avril 2020 16 h 48

      Cher M. Le Blanc, la prime a été accordée qu'à une partie des employés du gouvernement, oui ceux qui sont en première ligne comme les gens qui travaillent en santé. Si les offres globales actuelles, pour trois années sont insuffisantes pour les syndicats, eh bien, bien bon leur fasse parce qu'il n'y a plus d'argent disponible. Ceux-ci se compteront chanceux d'avoir un emploi sécuritaire durant la crise économique. Pardieu, est-ce qu’il y en a qui réalise dans quelle situation nous nous trouvons présentement? Les gouvernements ont tout emprunté l’argent qu’ils pouvaient pour quatre mois alors que cette crise durera plus qu’un an. Est-ce que tous ces fonctionnaires savent combien de gens n’ont plus d’emploi présentement?

      Pour la santé et les coupures, vous allez comprendre bientôt.

    • Joël Tremblay - Abonné 7 avril 2020 15 h 34

      M. Dionne.

      Si ce que vous dites est vrai, si c'est le choix que nous faisons, aussi bien commencer à décider qui va vivre et qui va mourir.

      Personnellement, je crois juste que nous avons une culture de sous-eficacité au Québec, il ne manquie pas de ressources, financières ou humaines, elles sont juste utlra mal utlisées.

      Les gestionnaires et le gouvernement en sont autant coupables que les syndicats.

  • Réjean Martin - Abonné 6 avril 2020 10 h 08

    d'un autre côté

    d'un autre côté, jamais les syndicats n'auront la faveur populaire (l'acceptation sociale...) si ceux-ci, après la COVID-19 , de se montrer gourmands; nous aurons , comme on dit, tellement d'autres chats à fouetter...