Des leçons à retenir

Pressés de trouver des réponses à ce qui angoisse, se pose sur les réseaux sociaux, dans les chaumières et dans le for intérieur de celles et ceux qui réfléchissent, nous nous posons cette question : Qu’est-ce que cette pandémie nous aura appris ?

Il est trop tôt pour tirer des conclusions, mais il y a déjà des leçons à retenir. On le sait, cette réalité nous aura durement mis en pleine face notre fragilité et nos dépendances, mais elle nous aura, je l’espère, aussi appris à reconnaître qu’au-delà de toutes les étiquettes sociales, nous sommes tous, qu’on le veuille ou non — j’insiste : tous —, reliés et interdépendants.

On le savait, bien sûr, mais jamais nous n’avions eu la preuve de manière aussi frappante, pour ne pas dire violente, que notre voisin tout autant que l’inconnue au coin de la rue avait une incidence sur nos jours et nos nuits, sur notre quiétude et notre survie.

Lui, dans son penthouse de tour d’ivoire désire le satané pétrole de la station d’essence qui lui permettra d’aller acheter la pomme et le fromage à l’épicerie, la pommade pour sa brûlure et l’acétaminophène pour son rhume saisonnier à la pharmacie, la bouteille de vin ou le joint de pot pour oublier un peu la lourdeur de sa journée et se remémorer avec joie les jours anciens pour, finalement, aller agiter la main devant la fenêtre de sa vieille maman confinée dans sa résidence pour personnes âgées.

Est-ce que la tristesse dans les yeux de sa mère, malgré la main de la préposée posée sur son épaule, est-ce que la rareté de certains produits à la pharmacie comme à l’épicerie et dans les sociétés de l’oubli, ainsi que la fermeture de ces commerces le dimanche, lui prouveront enfin et de manière indélébile, combien celle et celui qui accueillent, aident, nettoient, rincent, lavent, plantent, cueillent, produisent, emballent, transportent, coupent, trient, jettent et ramassent, en plus de mériter nos cris de bravos et nos mercis émus, devraient, après cette épreuve collective, recevoir tous les jours notre respect, notre admiration et surtout notre reconnaissance.

Quiconque se croit seul ou, pire, se croit au-dessus de tous, aura je l’espère, maintenant compris que l’individualisme ne donne rien et même qu’il n’existe pas puisqu’il n’y a que le collectif pour assurer bonheur et salut.

4 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 2 avril 2020 08 h 34

    Pas besoin d’être un artiste pour comprendre

    N’est-il pas trop tôt pour ce poser cette question : « Qu’est-ce que cette pandémie nous aura appris ? » Misère, nous en sommes seulement aux premières 5 minutes de la partie de 60 minutes et qu’on risque d’y voir seulement le dénouement en temps supplémentaire. On espère aussi que ce ne sera en double-supplémentaire. Et si ce n’était pas assez, le monde s’approche dangereusement d’une crise économique mondiale pire que 1929.

    L’effet de notre fragilité et nos dépendances est amplifié par cette mondialisation que les gens ordinaires n’ont jamais voulue. Tout l’équipement médical et sanitaire nous parvient de Chine. Jamais au grand jamais l’indépendance du Québec, le régionalisme et le nationalisme n’auront résonnés aussi fort.

    Pour l’individualisme ou la Charte des droits et libertés de la personne, elle a consacré l’individu au-dessus de la collectivité. Jamais au grand jamais on a vu le droit de certains empiéter sur les droits de plusieurs. Pardieu, nous vivons dans une société hyper-individualiste. On le voit présentement, des inconscients qui se rassemblent dans des parcs ou bien des communautés religieuses dans des assemblées comme si ne rien n’était. Ensuite, ils crient au secours. Les droits individuels de certains de contaminer tous les autres. Oui, misère.

  • Pierre Jasmin - Abonné 2 avril 2020 09 h 32

    ce pourquoi on a besoin des artistes

    Merci, René Richard Cyr, pour cette ode aux plus humbles qui est la véritable première leçon à retenir du COVID-19 où le simple balayeur de l'hôpital où travaille presque chaque jour ma blonde, directrice des services professionnels pour toute l'Estrie, lui sauve peut-être la vie.
    Il y a aussi l'indécence des médias et des banques que nous dénonçons aux Artistes pour la Paix lire http://www.artistespourlapaix.org/?p=18325
    qui ne sera jamais reproduit dans un média officiel (sauf par Le Devoir électronique)

  • Yves Corbeil - Inscrit 2 avril 2020 10 h 39

    Le question à se poser M.Cyr

    Est-ce que nous aurons le courage tous ensembles de confronter nos dirigeants qui eux devront confrontés les supra dirigeants afin que l'humain soit mis au haut de la pile et l'environnement juste pas loin quand des décisions économiques sont prises. Est-ce que ça va améliorer le sort des humains sans causer des dommages irréparables à la planète.

    Oui, c'est de cela qu'il faudra se rappeler quand le temps sera de demander des comptes à ceux-là qui ont négligé de prendre au sérieux les analyses de la catastrophe (annoncé) depuis des années par la communauté international de la santé nous a frappé. Si nous ne le faisons pas, on ne pourra pas être surpris et fâcher quand le prochain qui pourrait être bien plus virulent frappera. Et oui les plus vulnérables enfin tous ceux-là qui sont aux pieds des pyramides économiques capitalistes mondiaux. Ces rapports d'analyses sont partout sur le net.

  • Patricia Clermont - Abonnée 2 avril 2020 18 h 41

    Simplement, merci!

    Parce que c'est si bien dit, merci!