La crise de la COVID-19 et la crise ferroviaire

La crise de la COVID-19, commencée en décembre 2019, a pris presque toute la place de notre récente crise ferroviaire au Canada, celle-ci lancée par les Autochtones et appuyée par beaucoup de non-Autochtones. Cela porte à réfléchir à toute la planète Terre.

La conscience écologique a pris beaucoup d’ampleur, surtout depuis deux ans, et soulève un vent d’espoir, porté par notre jeune et grande Greta. Pour ne pas en rester à des voeux pieux, à des moulins à vent, à des chimères ou à des utopies — quoique « utopie » ne veuille pas nécessairement dire inaccessible —, ça prendrait des changements profonds de toutes parts. La présente pandémie est une occasion en or d’affermir nos projets de société, quitte à revisiter notre échelle de valeurs. Évidemment, il y a des choses qu’il serait nécessaire de changer et d’autres, de maintenir. Également, il serait bon de revenir aux valeurs universelles. Quoi changer ? C’est la question… Encourageons- nous un peu : les changements, ce n’est pas d’hier qu’ils sont commencés.

Il y a beaucoup de belles choses et de créativité de par le monde et le Québec n’est pas en reste. Justement, j’en ai eu un bel exemple le 11 mars dernier lorsque j’ai assisté à un spectacle au théâtre La Tulipe, en soutien aux Autochtones wet’suwet’en (C.-B.). C’était magnifique ! Un ami m’a fait penser que, dans cette crise, on a surtout parlé de gros sous et peu d’environnement.

Pour la crise du virus, plusieurs ont confiance que nous en sortirons grandis, dans un monde meilleur : solidarité, entraide (mais pas trop près), se parler quand même et écouter. Facile à dire…. et intéressant à vivre. Plus une société privilégie le facteur humain, moins les gens se sentent stressés. L’harmonie, ça rime avec la musique. À nous d’en jouer.

4 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 27 mars 2020 07 h 53

    Le monde des licornes, prise deux

    Bon. Justement pour ne pas en rester à des vœux pieux qui sont le menu quotidien de nos écoanxieux, pourquoi vous ne pas pratiquez la simplicité volontaire tout de suite? Si vous êtes tellement concerné avec les changements climatiques alors que les gens vont mourir à côté de vous de facon journalière, en guise de solidarité, vois devriez refuser toute aide gouvernementale et vous y mettre. Encore mieux, allez vivre dans une réserve, vous savez, ces prisons à ciel ouvert et là, vous allez pratiquer la simplicité volontaire de gré ou de force.

  • Pierre Rousseau - Abonné 27 mars 2020 08 h 29

    La pandémie une opportunité... pour les oligarques !

    Il est intéressant que vous parliez justement de la crise autochtone des derniers mois. On sait que les chefs héréditaires wet'suwet'en ont accepté de présenter aux membres de la nation un projet d'entente sur le titre autochtone de leur territoire et, entretemps, les barricades sont tombées. Nous entrions alors en pandémie et les membres de la nation n'ont finalement pu se réunir pour discuter du projet d'entente et encore moins de l'entériner.

    Or, dès le lendemain de la rencontre avec les ministres, la police fédérale a réoccupé le territoire wet'suwet'en et la compagnie CGL a mis son projet de construction du gazoduc en vitesse grand V sur ce territoire, profitant de la paralysie des autochtones qui combattent la pandémie, en particulier en Colombie-Britannique où elle est relativement sévère. Pour construire ce gazoduc, CGL a besoin de travailleurs et on a établi au moins un camp de travail qu'on appelle là-bas « Men Camps » où plus de 1 000 travailleurs se retrouvent ensemble dans une grande promiscuité. En temps de pandémie, c'est comme avancer en arrière et menace non seulement la santé des travailleurs mais aussi celle des gens de la place et, surtout, risque de taxer les ressources locales de santé qui ne sont pas adaptées à une telle augmentation de population.

    En fait, les oligarques qui dirigent ces compagnies multi-nationales et leurs actionnaires profitent de la désorganisation provoquée par la pandémie pour mener à bien leurs projets. D'ailleurs cette situation n'est pas unique, deux autres grands projets qui posent des risques sérieux pour l'environnement en CB sont en marche : la construction du barrage du Site-C et celle de l'expansion de l'oléoduc TransMountain. Comme quoi les oligarques ne manquent pas une occasion de profiter du malheur des autres !

    • Bernard Dupuis - Abonné 27 mars 2020 16 h 50

      J’avoue n'être pas aussi bien informé que vous au sujet de ce qui se passe là-bas. Ici, assez curieusement les médias n'en parlent plus.
      En fait, si ce que vous dites est vrai, cela prouve que la fameuse entente du 1er mars entre les chefs héréditaires et les gouvernements n’était que de la frime. Elle n’a que permis aux Mohawks de Kahnawake et au gouvernement fédéral de déranger le Québec jusqu’au 23 mars. Personne du gouvernement Trudeau ne s’en est vanté.
      Quand le prochain blocage des voies ferrées, ainsi que les prochaines négociations avec les Wet’suwet’en auront-ils lieu? Espérons que la crise du coronavirus sera terminée, car le premier ministre Trudeau en a plein les bras en ce moment.

  • Bernard Dupuis - Abonné 27 mars 2020 11 h 17

    Une vieille idéologie refait surface après avoir connu un déclin au 20e siècle. C’est l’idéologie des valeurs universelles.

    Pendant des siècles, ce sont les Occidentaux qui croyaient que leurs valeurs judéo-chrétiennes étaient universelles. Après avoir mis les pieds en Amérique, les Occidentaux s’acharnèrent à convertir les Amérindiens de gré ou de force. Ce qui n’était pas occidental était considéré comme « barbare » ou « sauvage ». Ce fut les vrais débuts de la « mondialisation ».

    Ici au Canada, les autorités religieuses affirmaient que puisque Dieu parlait l’anglais, alors tout le monde devrait parler anglais. Nos missionnaires parcouraient le monde entier pour annoncer aux païens la bonne nouvelle chrétienne. Elliot Trudeau pourfendait la différence québécoise en lui reprochant d’être une tentative de « balkanisation » pire encore de « tribalisation » du Québec.

    Toutefois, des ethnologues comme Levis Strauss démontraient que les « primitifs » n’étaient pas des peuples sauvages. Simplement, ils ne partageaient ni les mêmes symboles ni les mêmes « valeurs » prétendument universelles des Occidentaux. Ils n'étaient pas des abrutis.

    Alors, pourquoi vouloir en revenir aux prétendues valeurs universelles? Cette idéologie hégélienne inquiète. Faudrait-il éliminer les systèmes de valeurs particuliers? Faudra-t-il aplanir toute diversité? Pourtant les sciences nous apprennent que la diversité est à la base de tout écosystème qu’il soit biologique, culturel ou social.

    Le "grand" philosophe hégélien Charles Taylor affirmait le plus sérieusement du monde que les valeurs québécoises n’existaient pas puisqu’il n’y a que des valeurs universelles. L’auteur de cette lettre semble supposer que les valeurs universelles seraient celles d’Autochtones ou encore celles de la "grande Greta"!

    Les valeurs ne sont-elles que relatives? Sinon il faudrait ne pas retomber dans le piège des valeurs universelles aplatissant toute diversité.

    Bernard Dupuis, 27/03/2020