COVID-19: le nécessaire recentrage!

Des millions de masques en provenance de la Chine, des milliers de respirateurs comme autant d’aspirateurs Dyson au moindre coût, eux aussi made in China, sans parler des conteneurs de tests de dépistage et des principes actifs des médicaments, volent au secours de l’Occident. Et, nous voilà, peut-être, rendus au bout de la logique manufacturière qui sévit depuis les 30 à 40 dernières années et qui a fait de l’Asie, et en particulier de la Chine, l’USINE du monde grâce à la délocalisation et à la dislocation complices, une à une, des économies de l’Occident dans une course effrénée aux profits à tout prix.

Il aura fallu une crise sanitaire mondiale pour constater la fragilité et notre hyperdépendance au continent du Soleil-Levant. Et puis, nous voilà, peut-être, pour ne pas dire enfin, au bout du bout de la mondialisation, à l’extrémité de ce broyeur d’autonomies et de différences, de singularité : NON, tout n’est pas semblable et interchangeable sur la planète, pas même le riz qui pousse dans les champs de Louisiane ou de l’Arkansas ne peut être confondu avec celui qui pousse au nord ou au sud du pays de Mao ; les Chinois, les premiers, savent pertinemment que le riz est une culture : « Dis-moi quel riz tu manges et je te dirai qui tu es et d’où tu viens. »

Oui, il y aura un avant, pas tout à fait encore, un pendant, nous y sommes et, forcément, un après cette COVID-19. Et puis, un mot reviendra dans toute sa force, dans son sens noble et pour les bonnes raisons : NATIONALISME ! Nationalisme économique, nationalisme manufacturier, nationalisme agricole, nationalisme culturel, nationalisme social et communautaire. Non pas un nationalisme fermé sur soi, pas non plus isolationniste – les 5 continents sont depuis longtemps fusionnés en une grande île où toutes les berges sont interconnectées —mais un nationalisme altruiste qui recommencera à bâtir des économies autonomes, des nations, des pays, des identités communes, non pas ethniques, surtout pas, ni bardés de frontières, mais, valorisant des différences qui pourront s’interpénétrer et se soucier les unes des autres sans pour autant être subordonnées les unes à une autre en particulier. Un nationalisme qui dévoilera enfin le véritable coût environnemental des biens et services que nous consommons aujourd’hui sans se soucier du lendemain, aveuglés que nous sommes par le mirage de cette mondialisation.

Fini ce rêve de gouvernement mondial déconnecté, fini le credo de la croissance, finis ces tours du monde pour un rien, juste pour montrer aux autres « qu’on est en business », ces milliards de vols d’avion comme autant de trajets de métro. Il est temps, comme le chante Ferland, de revenir « à maison », de la rebâtir de l’intérieur, plus distincte que jamais et plus accueillante aussi. Oui, il est temps de se recentrer si l’on veut pouvoir, à nouveau, se visiter ! « Envoye à maison ! »

3 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 26 mars 2020 06 h 20

    Le nationalisme n'est pas le moteur. L'est plutôt le citoyen d'un État indépendant qui parle, réfléchit et s'investit au sein de cet État pour créer un univers dans lequel il entend vivre. L'heure est venue pour qu'il s'affirme comme l'inventeur du monde de demain.

    • Cyril Dionne - Abonné 26 mars 2020 08 h 25

      Je suis bien d’accord avec l’ensemble de cette lettre et votre point de vue M. Bariteau. Ce sont les états indépendants via un nationalisme qui créé un endroit pour les gens qui partagent les mêmes affinités où il fait bon de vivre en toute sécurité.

      Oui, c’est la fin de la mondialisation. Nous avons découvert que la mondialisation est tout simplement l’absence de pouvoir, surtout en temps de crise. La mondialisation, c’est synonyme de simplicité volontaire pour les gens ordinaires et synonyme de profit avant l’humain pour les néolibéralistes du 1% et des paradis fiscaux.

      Oui, nous retournerons au nationalisme et au régionalisme. Ce n’est pas une idée saugrenue de voir des populations et des peuples qui partagent les mêmes idéaux et valeurs de vouloir vivre ensemble dans un territoire déterminé sans pour autant vouloir faire la guerre aux autres ou de convoiter leur richesse. Ce sont les plus petites communautés mondiales qui tirent mieux leur épingle du jeu sur l’échiquier mondial.

      La mondialisation est aussi synonyme de pollution et de destruction des écosystèmes terrestres et marins. Cette globalisation du capitalisme néolibéraliste qui uniforme nos modes de vie a fait fi de tous les mouvements syndicaux comme acteurs politiques importants, oui ceux qui protégeaient les gens ordinaires. Ici, on ne parle pas des mouvements syndicaux d’aujourd’hui qui ne font que du clientélisme aux accents de cotisation et se foutent bien de la population en général.

      Oui, la mondialisation a bel et bien été un mirage toxique et épidémiologique.

  • Sylvio Le Blanc - Abonné 26 mars 2020 10 h 01

    Excellente lettre !

    Bravo.