Aux grands maux, les grands moyens

Au moment où les directives se resserrent concernant la lutte contre le coronavirus, on apprend que des personnes porteuses du virus, ayant eu des contacts avec des individus porteurs du virus ou présentant des symptômes se promènent librement dans les rues sans coup férir.

Pourtant, ailleurs dans le monde, notamment en Suisse, en Belgique, en France, en Italie, en Roumanie ou en Bulgarie, les contrevenants aux directives émanant de l’État sont sujets à recevoir des amendes allant jusqu’à 775 $ CA ou des peines d’emprisonnement allant jusqu’à 15 ans. Or, le Code civil du Québec stipule que « toute personne a le devoir de respecter les règles de conduite qui, suivant les circonstances, les usages ou la loi, s’imposent à elle, de manière à ne pas causer de préjudice à autrui ».

Je considère inconcevable que l’insouciance de certains Québécois mette en péril la santé des citoyens qui les côtoient au quotidien. En conséquence, je suis d’avis que le directeur national de la santé publique intervienne et fasse appliquer la loi contre ces récalcitrants qui font preuve d’une négligence éhontée… Aux grands maux, les grands moyens !

7 commentaires
  • Dominique Boucher - Abonné 24 mars 2020 04 h 55

    Un appel à lʼautoritarisme?

    Jusqu'à 15 ans de prison pour sʼêtre promené dans la rue? Il faut évidemment prendre des mesures sévères pour limiter la transmission du virus, mais il faudrait peut-être commencer à sʼinquiéter des tendances liberticides et des appels à lʼautoritarisme de lʼétat de certains de nos concitoyens.

    En France, le Syndicat des Jeunes Médecin a eu la brillante idée de solliciter du Conseil d’Etat (sorte de Cour suprême) d’enjoindre au Premier ministre d’interdire totalement aux Français de sortir de leur lieu de confinement (avec l’instauration d’un ravitaillement de la population) et l’arrêt des transports en commun. Ils prétendaient que leur demande visait à «assurer la sauvegarde d’une liberté fondamentale», celle du droit à la vie. Avec, là aussi, amendes et prison à la clé. Wow! Le Conseil dʼÉtat a refusé, arguant, entres autres, quʼ«un confinement total, tel que celui demandé par les requérants [des MÉDECINS!] pourrait avoir des implications graves pour la santé de la population» et que les professionnels de la santé avaient besoin des transports en commun pour se rendre à leur travail. Qui, au Canada, osera aller devant la Cour suprême pour sʼassurer que soient respectées nos libertés autant que faire se peut en ces temps dʼépidémie?

    https://www.village-justice.com/articles/ordonnance-mars-2020-conseil-etat-quelques-precisions-juridiques,34256.html?utm_source=backend&utm_medium=RSS&utm_campaign=RSS

    Jean-Marc Gélineau, Montréal

    • Jean-Charles Morin - Abonné 24 mars 2020 11 h 28

      À lire ce commentaire, il est incroyable de constater qu’il y a encore des personnes qui en ce moment priorisent autre chose que leur simple survie et celle des autres.

      Doit-on se soucier à ce point de sauvegarder notre sacro-sainte liberté si celle-ci nous mène directement à la tombe? Et ce sans compter tous les autres que notre égoïsme et notre négligence emmènent malgré eux dans notre sillage.

      Dans une situation où il n'y a plus de transports en commun, il est parfaitement pensable qu'un système de navettes spéciales soit mis en place pour assurer les déplacements collectifs des personnes dont le rôle est jugé essentiel.

      En cette période aussi inédite que troublée, il y a encore trop d'individus qui ne pensent qu'à leurs petites personnes et pas assez à leurs obligations envers les autres. En temps de guerre - et nous sommes en guerre -, l'inconscience dissimulée sous le masque de la liberté n'a plus droit de cité.

      Il y a des moments où l'intérêt collectif et l'instinct de survie doivent primer sur le nombrilisme libertarien et le "me, myself, and I" tous azimuts. Tous ceux dont le comportement insouciant menace la santé publique doivent se faire dire de rentrer dans le rang par tous les moyens et le plus tôt sera le mieux pour la suite des choses. Pour notre santé comme pour notre liberté à tous.

  • Marc Therrien - Abonné 24 mars 2020 07 h 35

    De la surveillance et de la délation


    Dans un article intitulé « Les droits de la personne en temps de pandémie », publié dans ce journal aujourd'hui, Alexandra Pierre et Christian Nadeau nous avise qu’« au nom de la santé, il ne faudra pas prendre prétexte de l’exception pour développer des réflexes autoritaires. » Et pour votre part, vous êtes « d’avis que le directeur national de la santé publique intervienne et fasse appliquer la loi contre ces récalcitrants qui font preuve d’une négligence éhontée. » J’imagine que pour l’aider à accomplir cette mission il ne répugnera pas à plusieurs de surveiller leurs semblabes et de pratiquer la délation au besoin.

    Marc Therrien

  • Pierre Rousseau - Abonné 24 mars 2020 08 h 39

    Pas très efficace !

    On aime bien les approches punitives dans notre culture inspirée des traditions chrétiennes mais on oublie un peu trop facilement que ce n'est pas si efficace qu'on aimerait le croire. L'auteur donne l'exemple de la France, de la Suisse et de l'Italie où justement les foyers d'infection sont les plus grands en Europe et où on compte le plus de décès en proportion de la population ! De toute évidence mettre en prison les récalcitrants ne fonctionne pas et aurait justement l'effet d'en rajouter à la pandémie.

    L'erreur qu'on a faite ici c'est de ne pas avoir imposé la quarantaine comme on l'a fait au début de la pandémie pour les gens qu'on était allé chercher en Chine. On les a mis en quarantaine dans une base militaire près d'Ottawa. C'est certain que vu le nombre de gens qui revenaient de voyage, les gouvernements ont eu peur de le faire mais il aurait fallu qu'ils prennent leurs responsabilités et confinent en quarantaine TOUS les voyageurs revenant de l'étranger dans des endroits sécurisés comme les bases militaires, quitte à utiliser des hôtels etc si on manquait de place. Maintenant il est trop tard et il s'agirait tout simplement de localiser les récalcitrants et de les forcer, eux et leurs familles, à une quarantaine sur une base militaire ou dans un endroit sécurisé. Ça fonctionnerait bien mieux que des amendes et de la prison.

    Comme la pandémie a pris racine en Amérique du Nord, on ne peut plus l'arrêter et elle va suivre son cours. La négligence des gouvernements au début de la pandémie entraîne la paralysie de tout le secteur économique avec des conséquences incalculables pour nous tous, en plus des pertes humaines que nous allons subir.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 24 mars 2020 11 h 33

      " La négligence des gouvernements au début de la pandémie entraîne la paralysie de tout le secteur économique avec des conséquences incalculables pour nous tous, en plus des pertes humaines que nous allons subir." - Pierre Rousseau

      C'est justement du fait de cette négligence initiale que vous avez su parfaitement définir que des moyens extraordinaires doivent maintenant être pris pour limiter les dégâts au maximum. Cela est sans doute malheureux mais la situation actuelle l'exige.

    • Marc Therrien - Abonné 24 mars 2020 17 h 20

      Et M. Morin, si l'optimiste dit qu'il ne faut jamais dire jamais, le pessimiste, lui, peut dire qu'il est trop tard pour dire qu'il est trop tard.

      Marc Therrien

    • Jean-Charles Morin - Abonné 24 mars 2020 19 h 37

      " si l'optimiste dit qu'il ne faut jamais dire jamais, le pessimiste, lui, peut dire qu'il est trop tard pour dire qu'il est trop tard." - Marc Therrien

      Monsieur Therrien, pour ma part je préfère plutôt vivre avec une bonne paire de lunettes que mourir avec des lunettes roses. Et vous?