Les bons sentiments

Dur temps pour les hypocondriaques ; brise de solidarité, peut-être, pour les gens déjà isolés. Quant à moi, j’ai l’adrénaline dans le plafond et j’ai impression de me retrouver dans une version allongée du 11 septembre 2001. Mon humeur change au gré des statistiques qui varient et des points de presse quotidiens qui eux, vont certainement prolonger — qui l’eût cru ! — la lune de miel entre les Québécois et le gouvernement Legault.

D’ordinaire, j’ai une réaction quasi épidermique envers tout mouvement porté par les grandes unanimités, mais cette fois, j’avoue, je suis non seulement porté par la vague, mais je me sens investi d’une mission, quelque chose de l’ordre du simple citoyen métamorphosé en militant de la dernière chance. C’est fou comme tout a basculé en l’espace d’une semaine. Encore plus fou, c’est d’observer, jour après jour, la progression de ce virus mortel et voir notre monde se soustraire peu à peu du cynisme pour joindre cette grande vague de fond basée sur l’entraide, l’altruisme et la solidarité. Sans doute parce que dans cette tragédie des temps modernes, nul n’est épargné, pas même celles et ceux qui font partie du fameux 1 %, à commencer par la première dame du pays qui oblige son premier ministre de mari à se mettre lui-même en quarantaine !

Tout ça confère une dimension à la fois surréaliste et historique à ce que nous vivons, pousse même certains à affirmer que ce virus en fera peut-être davantage pour l’écologie et l’environnement, finalement, que tous les mouvements réunis ont pu faire à ce jour. Le temps nous dira si ces prédictions tiennent la route, mais en attendant, embrassons à bras-le-corps cette marée de bons sentiments et faisons en sorte qu’elle ne flétrisse pas trop vite, qu’elle génère une conscience nouvelle et une bienveillance accrue qui contribueront réellement à changer notre monde. Un monde qui a sans doute perdu de son innocence, une fois de plus, mais qui avait peut-être besoin d’un sérieux coup de fouet !

4 commentaires
  • Cyril Dionne - Abonné 19 mars 2020 08 h 33

    Les virus n’ont pas de sentiments et d’émotions humaines

    L’entraide, l’altruisme et la solidarité n’ont rien à voir avec la nature humaine à part pour sa survie. L’ennemi de mon ennemi devient mon ami durant les crises. C’est aussi simple que cela.

    Bien oui, l’écologie et l’environnement en sortiront gagnants de cette débâcle épidémique, non pas à cause de la conscientisation des gens envers leur environnement, mais surtout à cause qu’il risque d’avoir moins d’humains qui peuplent la planète. Et c’est la surpopulation qui est la véritable cause des changements climatiques comme pour l’épidémie qui nous touche présentement. Ajoutez à cela l’Armageddon économique qui est en train de dessiner, et ce virus risque de nous retourner au Moyen-Age où l’espérance de vie était seulement de 26 ans. Vous savez, pour la technologie et la science, il faut beaucoup de ressources économiques pour en faire de façon adéquate.

    • Marc Levesque - Abonné 19 mars 2020 17 h 42

      Je ne comprends pas votre commentaire. L’entraide, l’altruisme, la solidarité, et l'instinct de survie, font partie de notre nature.

    • Cyril Dionne - Abonné 19 mars 2020 21 h 53

      Oui, ils font parties de notre nature afin de pouvoir subsister et propager nos gènes. Nous avons compris il y a longtemps que nous devions être en société pour survivre. C’est du darwinisme pur et dur même si cela a l’apparence de la bonté humaine. Idem pour les règles sociétales qui ont proscrit l’inceste qui engendre beaucoup d’inconvénients héréditaires pour ne pas dire les moindre qui cumulent la consanguinité et la dégénération dont le résultat final est monstrueux et non viable.

      Pour l'instinct de survie, tous les êtres vivants sont dotés de cette faculté. C'est inné.

    • Marc Levesque - Abonné 20 mars 2020 13 h 30

      M. Dionne

      Merci pour votre explication. Je ne questionne pas l'évolution biologique ou la sélection naturel mais ce que vous décrivez comme le darwinisme pur et dur est trop spéculatif à mon goût.