«La voix» ou «The Voice»?

Suis-je à la bonne adresse ? L’émission du dimanche que j’écoute avec intérêt me semble mal intitulée. J’ai davantage l’impression de regarder une émission d’une chaîne du Canada anglais ou de nos voisins du sud.

Huit chansons sur dix se déclinent en anglais. Alors, The Voice serait un titre beaucoup plus fidèle à la réalité. Les coachs dont certains font davantage carrière en anglais nous servent des appréciations et des commentaires truffés de mots et d’expressions en anglais. La langue française regorge de mots pouvant exprimer avec précision et élégance les sentiments, les vibrations, les nuances de cet extraordinaire instrument qu’est la voix. Les mots de nos généreux et prolifiques auteurs-compositeurs peuvent fort bien servir à nous faire partager les richesses de leurs voix, nous séduire par leur audace, leur créativité, leur passion de dire, de plaire.

Certes, nous vivons en Amérique du Nord où l’anglais prédomine et où nos radios commerciales abusent de cet immense réservoir. Mais La voix pourrait être un tremplin pour nous replonger dans nos trésors à nous, notre patrimoine, notre langue magnifique mais fragile, en danger. Il ne s’agit pas d’exclure des textes en anglais ou en espagnol, mais de donner à notre langue maternelle la place qui lui revient, que les Leclerc, Séguin, Lapointe, Ferland, Beau dommage, Cowboys fringants, Duguay, Major, Colocs, Lynda Lemay, Desjardins, Soeurs Boulay et Isabelle, Chloé Sainte-Marie, Gerry Boulet, Ariane Moffatt et combien d’autres puissent être entendus par le vaste public que votre émission rejoint. Sans oublier nos amis belges et français.

Nous sommes conscients que la langue française est menacée au Québec. Il faut cesser de contribuer à sa fragilisation en favorisant l’envahissement tous azimuts de la langue de Shakespeare. Une attitude de bienveillance serait la bienvenue : non pas bannir l’anglais, mais prioriser des textes dans la langue de Molière et de Miron.

8 commentaires
  • Pierre Grandchamp - Abonné 17 mars 2020 06 h 36

    Je pense exactement comme vous

    Mon épouse écoute l'émission. Moi, non! Justement parce que je ne suis pas intéressé à "The Voice".

  • Paul Toutant - Abonné 17 mars 2020 08 h 25

    Yes sir!

    Merci pour ces commentaires pertinents. Je me permettrai d'ajouter l'émission En Direct de L'Univers à qui l'on pourrait adresser les mêmes doléances. Live From the Universe semblerait parfois le titre idéal, alors que plusieurs chansons en anglais y sont interprétées de façon excellente. On nous répond que ces chansons anglophones « sont le choix des invités ». On pourrait dire aux invités « Merci de choisir vos chansons préférées en français ». Il n'y en a aucune? On change d'invité.

    • Richard Swain - Abonné 17 mars 2020 11 h 05

      « On change d'invité. » Voilà ! Bien dit, monsieur Toutant.

  • Jean-Guy Aubé - Abonné 17 mars 2020 20 h 30

    Les sous-titres aussi dans les émissions d'informations

    On devrait bannir les sous-titres en français dans les émissions d'information pour ne présenter que des extraits traduits clairement en français d'intervenants anglophones. Les sous-titres passent trop vite et plusieurs personnes qui ont des difficulés de lecture ou des problèmes de vision ne peuvent pas les lire. Presque chaque fois que j'ouvre RDI j'entends un extrait sonore en anglais c'est très irritant.

    • Paul Toutant - Abonné 18 mars 2020 10 h 26

      Il y a une difficulté à traduire tous les « clips » d'information; cela prend un certain temps, et souvent la nouvelle roule à un train d'enfer. Radio-Canada a subi de grosses coupures de budget et des gens renvoyés n'ont pas été réembauchés. Il y a aussi le contexte canadien où la grande majorité des intervenants ne parlent pas français à l'extérieur du Québec. Et je ne parle même pas de nos politiciens fédéraux unilingues anglais. Une solution possible: le journaliste résume lui-même la pensée de l'interviewé sans mettre d'extraits sonores dans son topo.

  • Pierre Gaudette - Abonné 17 mars 2020 21 h 03

    Un comportement de colonisés !

    Vraiment navrant d'entendre des participants majoritairement francophones interprèter des chansons majoritairement en anglais. Une frange de notre soi-disant "élite de la culture" agir en colonisés où le franglais et/ou globish semble de mise et de bon goût. Et des stations de télé qui semblent encourager un tel comportement. Désolant ! Si la nation Québécoise a une fierté elle n'est certainement pas avec nos "vedettes" en devenir ou même celles qui animent ces émissions c.a.d. "The Voice" et "From the Universe Live". Une vrai HONTE !

  • Claude Gélinas - Abonné 18 mars 2020 10 h 58

    Allons plus loin !

    Pourquoi ne pas interdire carrément les chansons en anglais.

    À ce sujet, croyez-vous que le Canada anglais tolérerait que la télévison anglophone permettent des chansons françaises à l'émission The Voicle. Ce qui s'appelle de la réciprocité ainsi qu'un sursaut de fierté..