Pensons aux gens défavorisés

Je suis directeur général du Complexe Le Partage. Notre mission est la sécurité alimentaire. Tous les services offerts en lien avec la nourriture et les personnes à faible revenu. Dans notre offre de services, nous avons, bien évidemment, l’aide alimentaire, mais aussi des cuisines collectives et des ateliers culinaires, une façon pratique d’aider les familles défavorisées de notre territoire à avoir accès à de la nourriture à moindre coût.

Malheureusement, vendredi dernier, en raison des recommandations mises en place par le gouvernement, auxquelles nous adhérons, nous avons dû annuler toutes nos activités en lien avec la cuisine collective et les ateliers. Ce qui fait que des dizaines de familles n’auront plus accès à cette nourriture chaque semaine.

La même journée, je regardais les images de cette panique collective dans les marchés d’alimentation. Je me suis demandé combien de familles utilisant nos services auraient aimé elles aussi acheter plusieurs paquets de viande, faire des réserves de pain ou d’autres produits, mais ne pouvaient pas en raison de leur situation financière, ou simplement parce qu’elles n’ont pas l’espace pour entreposer le tout, certaines familles n’ayant même pas de congélateur.

Quand un problème devient collectif, les plus démunis en subissent trop souvent les contrecoups les plus durs. De notre côté, dans les prochaines semaines nous continuerons d’offrir l’aide alimentaire et nous l’offrirons jusqu’à la fin de cette pandémie. Nous comptons cependant sur la générosité de nos partenaires (les épiceries et autres gros donateurs de biens alimentaires) et des particuliers pour garnir nos banques alimentaires durant cette crise.

Il ne faut pas se désolidariser durant cette crise. Nous devons tous réaliser que les personnes défavorisées de notre territoire le seront encore plus et, selon l’évolution de la situation, de nouvelles familles pourraient se retrouver dans cette pénible situation.

C’est tous ensemble, collectivement, que nous pourrons nous en sortir en amoindrissant les dommages.

1 commentaire
  • Mathieu Lacoste - Inscrit 17 mars 2020 18 h 57

    Réconforter le bourgeois avec des rebuts alimentaires

    Seuls les bourgeois trouvent leur compte dans les banques alimentaires, parce qu'ils se rassurent en croyant que les pauvres trouvent là à se sustenter.

    C'est que le bourgeois ignore que les banques alimentaires vendent -plutôt qu'elles ne donnent- des déchets, que le pauvre rendu chez-lui mettra pour une bonne part à la poubelle.

    Depuis les vingt-cinq années que je m'intéresse à la charité publique qu'orchestrent les organismes communautaires, je n'y ai quasiment jamais vu autre chose qu'une distribution de «vidanges» en guise de dépannage alimentaire.

    Ce qui importe, c'est le prétexte pour les subsides et les subventions grâce auxquels s'administrent les salaires.

    À titre d'exemples parmi tant d'autres, j'ai une femme de Rawdon à qui la banque de dépannage a fourgué un sac d'une dizaine de pommes de laitue gluantes pour finir le mois; à Longueuil, au «Bloc» de la rue Ste-Hélène, j'ai des jeunes gens qui sont revenus de là avec des contenants de yaourts boursouflés de gaz et du pain moisi; à Trois-Rivières, l'organisme communautaire «Les Artisans de la Paix», qui vient de toucher une subvention de 150 000$, vend des repas semblable à la gibelotte de restant de table que je donnais aux cochons.

    Il y a aussi tous ces vêtements que le bourgeois donne aux pauvres par le biais d'organismes de bienfaisance, alors que l'essentiel de ces vêtements-là se retrouve en vente dans les friperies de luxe ainsi que sur les marchés aux puces, et ce aux profits de particuliers.

    Par exemple, à Trois-Rivières, la boutique de la «St-Vincent-de-Paul» n'a que quelques misérables guenilles à vendre en guise de vêtements, tandis que «Le Village des Valeurs» l'été dernier -la dernière fois que j'y ai jeté un œil- vendait -usagés- une paire de soulier de course à 27$, une paire de «Jeans» à 15$ et un T-shirt à 10$ = 52$ avant taxe que le pauvre devra payer pour s'habiller avec des ... vêtements usagés qui ont été ... donnés.

    Le reste est à l'avenant