Un virus et… des bas de hockey

Samedi 14 mars, je viens de laver les bas de hockey de mes deux gars… la saison est finie, mal finie… Pas par le pointage, mais par l’inachevé. Pas pour la déception du papa qui accompagnait ses enfants, mais pour la fin abrupte du plaisir de les voir jouer, de les voir rire, triompher par moments ou par la difficile douleur de perdre.

Quoi de plus magique que de capter cet élan de camaraderie de ces jeunes joueurs après un but… ou cette explosion d’émotion après une victoire ou encore que cette douce colère d’avoir perdu, mais qui, au final, va les forger à trouver dans ces demi-échecs l’étincelle pour s’améliorer et de se relever pour aller plus loin.

Je suis triste pour les entraîneurs qui ont passé plusieurs mois à transporter leurs gilets et leurs bouteilles d’eau, à imaginer des plans de matchs ou tout simplement à inventer des mots pour stimuler ces jeunes hommes en devenir.

Le hockey, c’était le dernier lieu où on pouvait encore être papa ou maman sans trop se le faire reprocher… et cela même, s’ils étaient au niveau junior. « T’as rien oublié dans ton sac, tes patins sont aiguisés, tu as mis tes verres de contact ? et ton cache-cou ? ! »

Pour ceux et celles qui n’ont jamais vécu ces moments, tout cela peut sembler futile et superficiel alors qu’un microbe est en train de faire vaciller notre quotidien. Ils ont peut-être raison. Mais la vraie vie n’est-elle pas illogique, irrationnelle, celle de ces petits rendez-vous à 6 h du matin dans un aréna frigorifié ou à 200 kilomètres de chez soi dans ce tournoi où la défaite est plus que probable, mais où la joie de vivre vous attend ?

La saison du hockey amateur aurait dû être suspendue, et non annulée, et cela, pour permettre à ces jeunes de conserver leur rêve et à ceux qui les entourent d’être les témoins de ces beaux moments.

Même si, au final, la situation sanitaire aurait imposé la fin des activités, au moins, durant cet intervalle, l’espoir de compter le but décisif ou l’arrêt incroyable serait encore vivant dans leur imaginaire. Le rêve est parfois l’antidote psychologique dont nous avons besoin.

Tiens, la sécheuse vient de s’arrêter, il restait d’autres bas… les rouges.

Rouge… c’est cette couleur qui dit qu’il faut maintenant s’arrêter, que c’est terminé. Mais le rouge, n’est-ce pas aussi la lumière qui précède le vert, le vert où il faut repartir, rebondir.

C’est que je vous souhaite à tous pour les mois qui viennent, car pour beaucoup d’entre vous, ceux qui ont 20 ou 21 ans et qui en étaient à leur dernière année dans le hockey amateur, cette fin sans appel de l’arbitre municipal ou gouvernemental est sans doute un hors-jeu dans votre cheminement et qui finira un jour très prochain à se dissiper.

Mais dans le grand match de la vie, il n’en reste pas moins, que tout au long de ces années au hockey, vous nous avez fait partager, à nous adultes, des moments qu’aucun virus ne parviendra à nous faire oublier… Et cela, c’est votre Coupe Stanley.

Un grand merci.

2 commentaires
  • Marcel Vachon - Abonné 16 mars 2020 09 h 02

    Très bien dit. Merci.

  • Jean-François Trottier - Abonné 16 mars 2020 10 h 27

    Ce dont je m'ennuie le plus

    Maintenant je vis seul, mes enfants ont grandi. Ne pas se méprendre, je suis heureux, ce qui n'empêche les souvenirs.

    Pour moi. le gros fun sale commençait avec mon arrivée à 17:40. 5 minutes pour décider ce qu'on va manger, puis préparer, et tout le monde à table à 18:15. Fin peu après 18:30, on débarrase la table et c'est les devoirs et leçons. 3 programmes totalement différents pour cause d'âge, les deux derniers étaient "de la réforme" ce qui me tapait sur les nerfs rare, 19:30 les bains, le coucher, une ou deux chansons pour chaque... parfois je m'endormais au pied du lit du dernier quelques minutes.

    Après, vaisselle et autres détails.

    Cette période de 17:45 à 20:30, c'était le paradis. Quand on sait qu'on fait la bonne chose au bon moment, hein... Y a pas de question existentielle qui tienne, on s'occupe d'enfants. Ils embarquent dans le jeu comme des petits diables. Ça te me vous donne une énergie extraordinaire!

    Le samedi matin, les cours dits "d'appoint", musique ou autre, ça allait, des trucs parmi d'autres. Mais la routine journalière, le pied, oui!
    C'est une chance inouïe de pouvoir jouer avec des enfatns tout en faisant les petits riens du moment.

    Le temps que vous passez avec vos fils est aussi une victoire d'équipe, avec ses règles fluctuantes et son rythme rock'n roll, M. Bernard.
    Profitez-en au max, ill vous en restera de bien beaux souvenirs.