L’urgence climatique enfin reconnue?

Lendemain de budget au Québec, le gouvernement nous annonce son désir de « bâtir une économie verte ». De cette façon, nous serions en mesure de faire face à la crise climatique qui nous assaille.

Soyons pragmatiques comme le veut le premier ministre, bien que je ne sois pas comptable. Le budget du gouvernement du Québec est de 120 milliards de dollars, un chiffre difficile à saisir pour le commun des mortels. Ramenons ce montant à 50 000 $, ce qui correspond à un montant à l’échelle de nos salaires que tous peuvent comprendre. Pour l’exercice, une dépense de 10 millions du gouvernement correspondrait, proportions gardées, à environ 5 $ pour le commun des mortels.

À notre échelle, avec ses 6 milliards d’ici 2026, le gouvernement nous promettrait donc d’investir autour de 3000 $ dans la lutte aux changements climatiques. On parle en fait d’une moyenne pour un citoyen d’environs 500 $ par année. L’effort équivaut à prendre l’argent que ramasse le Fonds vert et de l’investir dans la « décarbonation » de l’économie québécoise. C’est exactement la raison pour laquelle ce Fonds a été créé. Malheureusement, au cours des années, l’argent a été détourné à toutes sortes d’autres fins que celle à la lutte contre la combustion.

Allons-y avec une comparaison dans notre réalité. Disons que vous avez changé votre automobile pour un véhicule électrique et que vous avez investi dans l’isolation de votre demeure cette année. De plus, vous avez décidé de vous abonner aux paniers fermiers de façon à limiter le transport de marchandises alimentaires. Il est fort probable que vous ayez investi plus d’une trentaine de milliers de dollars dans la « décarbonation » de l’économie québécoise. Toutes proportions gardées, c’est l’équivalent de 60 milliards de dollars en argent du « ministre des Finances » que vous avez investis dans la lutte aux perturbations climatiques. Dix fois plus, et en une seule année.

Difficile de parler d’un grand virage à la hauteur des défis à relever. Sommes-nous sur la voie pour véritablement sortir de la combustion au Québec ? Il est triste de constater que nous sommes toujours sur le plan du discours et de l’image !

3 commentaires
  • Claude Bariteau - Abonné 14 mars 2020 07 h 33

    Combine faut-il en revenu net pour investir 30 000$ et combien reçoit-on en retour pour l'achat d'une auto électrique et l'isolation de sa maison ?

    Avec ces précisions, votre comparaison sera plus juste, bien que les pourcentages montreront encore l'insuffisance des investissements du gouvernement actuel.

    • Cyril Dionne - Abonné 14 mars 2020 09 h 05

      M. Bariteau, avec la crise du coronavirus qui est en train de créer un Armageddon économique, les gens et les gouvernements n'auront plus les moyens pour le moindre plus petit effort sur les changements climatiques à court terme. Le prix à la pompe à baissé radicalement et les gens vont consommer de plus en plus de produits fossiles pour se remettre financièrement de cette crise causée par un tout petit organisme qui mesure quelques nanomètres en longueur. Il semble que certains vivent dans un monde parallèle. Ensuite, les voitures électriques polluent autant que les voitures conventionnelles et les pauvres qui pratiquent la simplicité volontaire de façon involontaire n’ont pas les moyens pour l’isolation des maisons. La plupart vivent dans des loyers subventionnés par l’État.

    • Cyril Dionne - Abonné 14 mars 2020 21 h 00

      En passant, M. Normand Beaudet est membre et militant de Québec solidaire dans Lotbinière. Disons qu'il a un parti pris dans toute cette affaire. Si au moins il avait la politesse de se présenter comme tel, cela serait plus crédible. La nomenclature de L'Équipe de la Déclaration d’urgence climatique, Centre des ressources sur la non-violence qui apparaît sous son nom, n'est qu'une façade.