Un budget vert?

Il y a quelques mois, la Caisse, M. Sabia et les responsables du développement du REM annonçaient au grand public la disparition de 5400 espaces de stationnement aux abords des futures stations. La taille d’un seul espace pour une voiture est de 2,5 m sur 5 m. Ajoutez les espaces de circulation et imaginé 5400 espaces. À eux seuls ils totalisent 67 500 mètres carrés. Avec les accès et l’espace de déplacement, on atteint plus de 100 000 mètres carrés.

Ces terrains destinés au stationnement de proximité ont été remis à des entrepreneurs qui, après une série d’analyses et de consultations, comme les élus des municipalités concernées, attendaient l’annonce de cette décision depuis quelque temps. Les seuls surpris dans ce genre de déclaration publique, c’est le public.

De quelle façon et selon quelles mécaniques d’appel d’offres ces terrains ont-ils été attribués ? Indépendamment des surprises possibles sur cet aspect du dossier, le pire ne se situe pas à ce niveau de la décision.

C’est principalement en banlieue que l’électrification du parc automobile se fait. La raison première en étant le plus grand nombre de propriétaires pouvant équiper leur maison d’une borne de recharge. Diminuer les stationnements aux abords des stations du REM entraînera l’aménagement d’espaces incitatifs éloignés de ces dernières avec un service de navette. Une solution réaliste bien avant le développement d’un transport collectif digne de ce nom et apte à répondre aux besoins et à la demande de certaines villes se situant en banlieue.

On va donc ajouter du temps de déplacement alors qu’annoncer l’installation de 5400 bornes de recharge dans les stationnements prévus au départ aurait entraîné une accélération de l’électrification du parc automobile privé.

La réalité de la vie en banlieue diffère de celle en ville. Arrêtons de déchirer notre chemise et soyons réalistes. Ajouter du temps de déplacement à des travailleuses et travailleurs, aussi parents de jeunes enfants, entraînera, dans plusieurs situations de la vie, l’utilisation de la voiture plutôt que celle du REM.

Encore une fois on a posé un jugement sur la vie en banlieue et sur le règne de l’auto sans tenir compte des effets négatifs d’une telle décision tant dans l’immédiat qu’à plus long terme sur une autonomie par rapport aux énergies fossiles.

Un peu plus de 100 000 mètres carrés… Les villes se sont sûrement renflouées et auront aussi augmenté leurs prévisions concernant les taxes foncières à venir. Mais, collectivement, le Québec a perdu une belle occasion de faciliter les changements vers une économie plus verte. Avoir une vision d’avenir implique de se mettre au-dessus des discours et groupes de pression pour favoriser les courants de changement déjà en place et en progression, dont l’électrification plus intense du parc automobile privé en banlieue.

1 commentaire
  • Mario Jodoin - Abonné 13 mars 2020 02 h 10

    Ai-je imaginé?

    «Ajoutez les espaces de circulation et imaginé 5400 espaces»

    J'imagine que l'auteur a voulu dire «imaginez».