Les Autochtones et nous

Le premier ministre Justin Trudeau ne cesse de répéter qu’il travaille très, très fort pour régler le dossier autochtone. C’est vrai que tourner en rond, ça fatigue !

Comment se fait-il que personne dans son entourage ne semble être au fait de la gouvernance autochtone : on a l’impression que l’on vient tout juste de découvrir le niveau « chefs héréditaires » dans la gouvernance autochtone ! Comment se fait-il que la compagnie et le gouvernement aient mis en chantier ce pipeline sans avoir rattaché toutes les ficelles. Et, maintenant, ce sont les « mères de clan » qui prennent la parole. C’est évident que le gouvernement ne comprend pas la gouvernance autochtone. Et c’est ça qui est désolant.

On peut se demander, aussi, comment il se fait qu’en 2020 on doive nommer un ministre (!) pour s’occuper des infrastructures sur les territoires autochtones pour que ces territoires soient approvisionnés… pas en Internet haute vitesse, mais en EAU ! Et, comment se fait-il, depuis le temps, que les gouvernements n’aient pas encore trouvé le moyen de régler, une fois pour toutes, les revendications et les droits territoriaux des Autochtones. Me semble qu’après 500 ans…

La crédibilité de Justin Trudeau en prend pour son rhume. De plus en plus de gens pensent que ses propos sur la réconciliation avec les peuples autochtones, ce n’était que de la frime pour se rendre sympathique et se faire élire.

Quelle incurie et quel gâchis !

14 commentaires
  • Christian Montmarquette - Abonné 27 février 2020 04 h 08

    Crise ferroviaire : « Une provocation délibérée du gouvernement fédéral »

    Quand on écoute ce qui se dit dans les médias on comprend pourquoi les autorités ont cherché à négocier avec les Conseils de bande plutôt qu'avec les chefs héréditaires.

    Il me semble aussi clair que cette prétendue réconciliation de Trudeau n’était qu’une réconciliation «de façade», quand on voit combien les intéressés ont foncé tête baissée avec leur projet pétrolier sans d’abord s’assurer d'obtenir l'aval des principaux concernés.

    La situation actuelle semble donc avoir a été délibérément plaquée comme un coup de force du gouvernement fédéral pour contraindre les autochtones à ériger des barrages et tenter de leur faire perdre le soutien de l'opinion publique et justifier l'intervention policière. Du machiavélisme à l’état pur puisque toute cette situation était fort prévisible.

    - Comment peut-on s'embarquer dans un projet aussi imposant sans d'abord avoir fait les vérifications de base comme celle de s’assurer du droit de passage sur la propriété des autres?

    Tout ceci apparait à première vue complètement absurde, et comme je ne crois pas à une telle incompétence, je crois donc que le geste était délibéré et de la pure provocation.

    Christian Montmarquette

    https://www.pressegauche.org/Crise-ferroviaire-Une-provocation-deliberee-du-gouvernement-federal

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    • Hélène Lecours - Abonnée 27 février 2020 09 h 31

      C'est ce qu'on appelle "faire de la politique", tâter le terrain, s'essayer pour voir la réaction. C'est insultant oui. On nous tient occupés à l'année et on rempli nos journeaux avec cette politique du temps perdu et de l'étage d'en dessous.

    • Jean-Pierre Marcoux - Abonné 27 février 2020 09 h 48

      Complètement d'accord avec vous M. Montmarquette.

      M. Trudeau et son équipe ne sont pas des ignares, mais des manipulateurs machiavéliques en collusion avec les grandes entreprises.

      Rien qu'à voir, on voit bien.

    • Christian Montmarquette - Abonné 27 février 2020 14 h 03

      Merci M. Marcoux.

    • Jean-Charles Morin - Abonné 27 février 2020 19 h 02

      "Tout ceci apparait à première vue complètement absurde, et comme je ne crois pas à une telle incompétence, je crois donc que le geste était délibéré et de la pure provocation." - CM

      Monsieur Montmarquette, pour une fois je suis à peu près d'accord avec vous: l'incompétence de Justin trudeau - ou son indifférence - dans le dossier autochtone est manifeste.

      Toutefois prêter à ses gestes des intentions délibérées revient à le gratifier d'une intelligence dont il est dépourvu.

    • Christian Montmarquette - Abonné 28 février 2020 08 h 45

      @Jean-Charles Morin

      D'accord avec vous que Trudeau ne soit pas doté de ce genres de capacités.

      Mais quand on parle de Justin Trudeau, on parle surtout d'une organisation qui lui dicte ses positions dont il n'est que le porte-voix.

      Trudeau n'a jamais été autre chose qu'une image et qu'un véhicule promotionnel pour son parti.

      Ce qui n'empêche en rien toute cette manipulation de l'opinion publique dont le Parti libéral du Canada est bel et bien responsable.

  • Serge Lamarche - Abonné 27 février 2020 04 h 45

    Beau dommage

    Les autochtones font un beau gâchis quand même, cette fois. Je trouvais bizarre qu'Oka pouvait faire autant de trouble alors que partout ailleurs, aucun problème. Les autochtones anglophones peuvent faire du trouble aux anglophones. Et ben.

  • Pierre Rousseau - Abonné 27 février 2020 08 h 42

    Aveuglement volontaire

    Comme je l'écris dans un autre commentaire, le fédéral et la province savent pertinemment bien que les chefs héréditaires wet'suwet'en sont responsables du territoire et c'est délibérément qu'ils ne les ont pas consultés et qu'ils n'ont pas obtenu leur consentement au projet. Les Wet'suwet'en font partie du processus de négociation des traités de CB qui est géré par la BC Treaty Commission dont la Commissaire est autochtone. Le processus est lent mais il a mené une dizaine de Premières Nations à finalement s'entendre sur un traité (dont les Tsawwassen qui sont dans la zone urbaine de Vancouver).

    Les Wet'suwet'en en sont à la phase 4 de la négociation mais ça s'est arrêté depuis 1995 dans leur cas (comme dans plusieurs autres) car les gouvernements insistaient jusqu'à l'an dernier que ces nations renoncent à leurs droits ancestraux et les cèdent à la couronne (comme c'est le cas pour la Convention de la Baie-James et du Nord québécois). Entretemps, les tribunaux ont donné gain de cause aux Wet'suwet'en et aux Gitxsan en ce qui a trait à l'existence du titre autochtone (1997) et aux Tsilhqot'in (2014) en reconnaissant leur titre ancestral sur un territoire déterminé.

    Alors, qui a été le plus patient et à qui la faute de cette crise ?

    • Serge Lamarche - Abonné 27 février 2020 14 h 38

      Il semble y avoir un problème avec ces chefs qui disent non au gazoduc. Un sous-chef dit que leur manière de procéder n'est pas correcte et qu'ils ne suivent pas leurs propres lois. Voir, en anglais:
      https://www.theglobeandmail.com/canada/article-second-wetsuweten-hereditary-wing-chief-voices-concerns-about/

      Ceci peut expliquer bien des tergiversations. Les enjeux sont gros. Les bandits et les avides se mettent de la partie.

  • Claude Saint-Jarre - Abonné 27 février 2020 09 h 17

    Les barricades et les Aîné.es

    Avant hier je me suis écrit ceci pour clarifier ma pensée et ça vous rejoint:

    .

    J’ai appris avec intérêt l’initiative de la FADOQ de planter 50,000 arbres, comme geste symbolique de solidarité intergénérationnelle et pour faire sa part « pour combattre le réchauffement climatique ». Je suis surpris, étonné, fier et reconnaissant pour cette initiative.
    Si on examine le blocus ferroviaire, il y a deux aspects qui devraient nous interpeler : le désir chez beaucoup d’Autochtones d’éliminer les combustibles fossiles, ce qui nous intéresse aussi, et leur besoin de défendre leurs droits, ce qui nous a laissé trop indifférents jusqu’ici, à mon avis, selon ce que je sais et je peux me tromper.
    Je vois deux gestes que nous pourrions poser pour aller nourrir ces deux aspects :
    1) Les médecins canadiens pour l’environnement, , ont exprimé leur désaccord envers le projet de gazoduq/GNL au Saguenay. ( gaz naturel liquéfié.) Je suggère de les appuyer. (1)

    2) Un Rapport a été publié il y a environ deux mois par la Commission Viens, sur les « relations entre les Autochtones et certains services publics : écoute, réconciliation et progrès. ».

    J’en ai fait une première lecture. Par bonheur j’ai pu me procurer une version papier. Le Rapport est disponible dans Internet et est imprimable, en tout cas.

    Je suggère que la Fadoq en fasse la lecture; je pense même qu’il devrait y avoir des groupes de lecture pour se sensibiliser à cette situation vécue par plusieurs d’entre eux-elles. Le but, outre se sensibiliser, serait de faire pression pour que les 142 recommandations soient adoptées et mises en exécution. L’ex juge Viens souhaite dans la conclusion une « veille citoyenne »
    L'émission Espace Autochtone y a consacré du temps et des améliorations ont été proposées.
    Les Autochtones nous ont aidé à survivre au début.
    Adopter ces recommandations les aideraient et ça contribuerait à régler le présent problème.

    .


    • Cyril Dionne - Abonné 27 février 2020 11 h 13

      Ne mélangez pas tout. Ce sont leurs droits territoriaux qui priment dans toute cette histoire pour les Autochtones et non pas les changements climatiques dont ils ne sont aucunement responsables. C'est la violation de leur territoire par des entités multinationales qui ne sont qu'intéressées au profit et au diable tout le reste. Et ce n'est que partie remise pour eux. Le prix du baril de pétrole est trop bas pour l'exploiter et faire de l'argent à moins que les gouvernements interviennent pour les subventionner, ce qui est impossible avec la crise autochtone. Mais ils reviendront avec plus de 5 000 milliards de dollars américains qui someillent au fond des sables bitumineux.

  • Serge Grenier - Abonné 27 février 2020 12 h 01

    Médiocratie

    « Les temps ont changé. Il n’y a eu aucune prise de la Bastille, rien de comparable à l’incendie du Reichstag, et l’Aurore n’a encore tiré aucun coup de feu. Pourtant, l’assaut a bel et bien été lancé et couronné de succès : les médiocres ont pris le pouvoir. » Alain Denault

    Il fut un temps où c'étaient les meilleurs d'entre nous qui nous gouvernaient. Force est de constater que ce n'est plus le cas. Nos gouvernants ont continuellement un pied dans la bouche et l'autre dans les plats.

    • Serge Lamarche - Abonné 27 février 2020 14 h 40

      Hum, les meilleurs? Les meilleurs guerriers, peut-être.