Urgence climatique: se donner une vision

Imaginons que je roule en véhicule électrique, que je vois un clocher, et que je puisse me dire : « Ah ! tiens, je vais aller me brancher. » Je me rends vers l’église et, assurément, il y a une station de recharge pour une gamme de véhicules !

Nous sommes l’été ; il fait très chaud, on suffoque. C’est la canicule depuis plus d’une semaine, mais heureusement, toutes les églises du Québec sont dorénavant climatisées et chauffées adéquatement grâce à la géothermie et à une tarification électrique préférentielle. Depuis quelques années, une église, c’est aussi un café et une exposition d’artisanat local ; mais aussi une piscine et un spa publics. Tout est en place pour la pause recharge.

En entrant dans l’église, on peut voir une dizaine de personnes, surtout des personnes âgées, qui jouent aux cartes et dansent bien au frais ; quelques jeunes mamans allaitent dans un coin. Ce sont des résidents du village qui n’ont pas les moyens d’avoir une climatisation adéquate. Tous profitent du confort et de l’eau. En situation de panne électrique l’hiver lors de grands froids, ces résidents comme partout ailleurs dans la province peuvent aussi utiliser l’église comme refuge thermique. Toutes sont équipées pour l’hébergement temporaire et l’hygiène, grâce surtout aux bains chauds. On a misé en priorité sur la sécurité des populations les plus vulnérables face aux aléas météorologiques, en mettant en oeuvre de sérieuses mesures de résilience climatique.

Depuis peu, les bâtiments religieux sont indépendants du réseau de distribution électrique d’Hydro-Québec. Grâce à des microréseaux électriques intelligents, leur approvisionnement repose sur l’arrimage de moyens de production de proximité comme la géothermie et de petits parcs locaux de production (solaire, éolien, gaz renouvelable, microbarrages, etc.). Les églises sont autonomes en matière énergétique, et chaque nouvelle mesure de réduction des GES élargit l’accès aux tarifs énergétiques réduits. Notre patrimoine bâti assure donc la sécurité des citoyens en tout temps face aux chocs climatiques, à l’abri de la vulnérabilité des grands réseaux.

Les MRC, municipalités, paroisses et organismes locaux se sont battus il y a quelques années pour le retour de la tarification électrique préférentielle pour les communautés. La société québécoise a économisé des milliards en s’affranchissant rapidement des combustibles fossiles, par une électrification des communautés. La production et les réseaux locaux intelligents ont libéré une puissance électrique considérable pour d’autres usages. Les organisations de nos communautés ont désormais les moyens de planifier la mise en place de services de partage d’outils pour réduire la consommation, de pôles agroalimentaires favorisant la production alimentaire de proximité, de centre de télétravail pour réduire les déplacements et de pôles multimodaux électrifiés.

Au lieu de laisser sombrer nos sites patrimoniaux dans la décrépitude, nous avons transformé ces joyaux en véritables sites de résilience communautaire et de lutte contre les perturbations climatiques. Le Québec n’aura pas attendu après les grands sommets mondiaux, ou le fédéral obnubilé par les pressions des promoteurs de grands projets pétroliers. Grâce à la mobilisation populaire qui a mené à une prise de conscience des dirigeants de proximité, le gouvernement provincial a saisi l’opportunité d’une transformation durable de nos communautés et relevé le défi que constituait le grand virage climatique.

4 commentaires
  • Paul Gagnon - Inscrit 24 février 2020 09 h 21

    Le pot est légal et accessible,

    voilà qui explique bien des choses!

  • Françoise Breault - Abonnée 24 février 2020 14 h 38

    "La récompense ne s'obtient que par l'action" Henri Laborit

    Face à l'inconscience et l'inaction de nos gouvernements, face au chaos climatique qui nous attend, il est effectivement important d'imaginer et de faire tout ce qui est en notre pouvoir pour éviter le pire.
    Quand le commandant du Titanic a aperçu l'iceberg, il était trop tard...
    Sur le Titatic, 3000 personnes. Sur notre vaisseau spatial: des millions qui risquent de souffrir de ce dérèglement.
    Or dans l'inconscience collective, on continue d'acheter VUS, d'utiliser motoneige, motomarine, 4 roues, gros bateaux et continuons de cracher en choeur du C0² dans l'atmosphère.

    La croisière s'amuse... Plus tard....on verra.

  • Jacques Boucher - Abonné 24 février 2020 23 h 42

    Brillant!

    Brillant, c'est tout! On pourrait discuter des détails mais on aura tout le temps, bien au frais (ou bien au chaud si c'est l'hiver) dans nos églises!

  • Daniel Grant - Abonné 25 février 2020 11 h 14

    Merci M. Beaudet

    Ça fait du bien au cerveau de lire les propos de gens qui ont un plan d'avenir pratique pour le bien général.
    Parlez à notre ministre Charrette qui a l'air d'un chevreuil figé devant un phare de nuit quand il parle d'environement. J'ai peur d'attraper le cancer des oreilles quand je l'entend parler d'environnement.